Raymond Goethals: "C´est vraiment terrible de disparaître si jeune. J´ai très bien connu Jean Dockx. Lorsque j´étais sélectionneur de l´équipe nationale, je l´ai eu pendant 10 ans dans mon équipe. Il avait disputé son dernier match en 1976 contre la France au Parc des Princes à Paris. Ce jour-là, il avait eu une altercation avec Jean-Michel Larqué. Jean l´avait tacklé correctement mais peut-être un peu sèchement et Larqué, qui venait tout juste de monter au jeu, avait mal réagi en lui donnant un coup de poing sur la nuque. L´arbitre n´avait pas hésité une seconde et Larqué fut exclu sans avoir touché une seule fois le ballon... Il pouvait évoluer avec la même aisance dans l´entre-jeu ou sur le flanc défensif. Jean était un joueur très doué. Il aimait le beau football. Au plan humain, c´était vraiment un homme bien. Il était vraiment impossible d´avoir un conflit avec lui. Je crois que dans sa vie, il n´a jamais eu le moindre ennemi. Parce qu´il fuyait littéralement les problèmes, il n´en voulait pas. Sans doute parce qu´il ne supportait pas le stress.
Michel Verschueren: "Un chic type nous a quittés." Verschueren avait passé une grande partie de la journée de lundi en compagnie du disparu. "Il n´avait pas une seule fois manifesté un problème de santé. Il m´avait paru dans un état parfaitement normal. Il a quitté le club comme d´habitude, comme il le faisait depuis tant d´années. Lorsque j´ai appris la nouvelle mardi matin, j´étais pétrifié. Jean était vraiment un homme fantastique, à tous les niveaux. Au plan humain, mais aussi au plan sportif. C´est assurément une très grande perte, d´abord pour sa famille mais aussi pour le Sporting et finalement l´ensemble du football belge."
Georges Grün: "Jean était avant tout le confident des joueurs anderlechtois. Je me souviens que lorsque je jouais au Parc Astrid, dès qu´un joueur avait un problème, même d´ordre personnel, il se confiait à Jean Dockx. Mis à part une double expérience de courte durée au RWDM et à l´Antwerp, Jean n´avait pas été tenté par une carrière d´entraîneur principal. Tout simplement parce qu´il ne le souhaitait pas. Il n´avait pas un tempérament pour imposer ses vues en frappant sur la table comme doivent parfois le faire les entraîneurs.
Il n´avait pas envie de se montrer brutal avec les joueurs. Je le comprenais d´autant mieux que je possède un tempérament semblable. Dans le domaine purement sportif, Jean Dockx était un fin connaisseur, il représentait bien l´image du football anderlechtois. Le tandem qu´il avait formé un certain moment avec Francky Vercauteren avait réalisé un travail tout simplement formidable".
Gérard Desanghere (ancien défenseur du RWDM): "En 1971, j´ai été transféré du Sporting d´Anderlecht vers le RWDM en compagnie de Jacques Teugels et Maurice Martens contre Jean Dockx. A lui seul, il valait trois joueurs... C´est tout dire de son talent. Par la suite, je l´ai retrouvé à plusieurs reprises mais chaque fois dans l´équipe adverse. C´était un redoutable joueur. Sa disparition aussi brutale, m´a coupé les jambes. C´était un homme si calme et pondéré"
Jan Peeters (président de l´Union belge): "Ma première réaction à la triste nouvelle est un sentiment de grand chagrin. Jean Dockx était un exemple pour tous les sportifs, comme joueur, comme Diable rouge, comme entraîneur mais surtout comme homme. Il va nous manquer."
Robert Waseige: "C´est une immense surprise, j´ai un sentiment de révolte et de tristesse. C´est affreux. Je pense que beaucoup de gens vont être stupéfaits. On pense toujours que l´on est protégés par notre statut de sportif ou d´ancien sportif. J´ai à peine un an de plus que lui. Il était un ami de longue date. Nous avons joué ensemble au Racing White, à l´époque du stade Fallon. Depuis nous étions restés de bons vieux copains. De l´homme, je garde le souvenir, derrière sa réserve et son côté calme, de grands fous rires à l´entraînement. A l´époque le football qui se professionnalisait était plus festif. Il était aussi d´une grande cordialité. Comme joueur, Jean Dockx était un milieu de terrain hors du commun pour son époque. Il avait un abattage extraordinaire et jouait de manière très intelligente".
Hugo Broos: "Je suis surpris comme tout le monde et triste. J´ai joué 7-8 ans avec lui à Anderlecht. Après nous nous sommes rencontrés très souvent. Notamment à l´occasion du transfert de Yves Vanderhaeghe j´avais encore eu le plaisir de l´avoir en face de moi, même si nous défendions alors des intérêts différents. C´était un très bon collègue, honnête, gentil. On ne peut rien dire de négatif sur lui. Il avait une très bonne mentalité. Comme jeune joueur j´avais toujours été frappé que malgré qu´il soit arrivé à Anderlecht à l´automne de sa carrière, il avait toujours gardé ce même plaisir, et ce caractère. Il se soignait très bien en vrai professionnel. Sans cela il n´aurait jamais réussi à jouer aussi longtemps dans un club comme Anderlecht."