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L´armée romaine devait se conformer à un manuel et un code militaire définis par le Sénat en 102 av. JC et il était de règle de bâtir, chaque nuit, un camp fortifié pour une légion ou un camp fortifié avec tours de guet pour une cohorte ou une centurie. Au combat, la Légion s´organisait en trois rangées, la cavalerie sur les flancs. Quand c´était possible, elle préférait se placer sur des hauteurs, de façon à bénéficier de la pente, ainsi que du champ de vision et de la portée plus étendus.
<http://www.eidos-france.fr/gss/legacy/praetorians<BR>/site_a/civilisations/images/R_praetorian.gif> Une tactique courante consistait à attendre que l´ennemi approche jusqu´à 20 m de la première ligne ( le soldat était bien protégé avec son casque et son bouclier semi cylindrique qui le couvrait des yeux aux tibias). A ce moment-là, ordre était donné de jeter la première volée de javelots ( pilums) puis, quand l´ennemi était empêtré dans les cadavres, la deuxième. L´ordre d´avancer était ensuite donné, de façon à ne pas recevoir le choc de l´attaque dans une position statique. Au contact, le légionnaire bousculait son adversaire avec son bouclier avant de le frapper avec son épée courte ( glaive), qui était ensuite ramené en arrière ; le mouvement pouvait alors recommencer. Les légionnaires avaient appris à l´instruction de viser sous les bras ou au torse. Une estafilade de 10 cm était à l´époque suffisante pour tuer ou gravement blesser.
Au bout de dix minutes, la ligne arrière, après avoir lancé ses pilums, venait prendre le relais de la première, alors que celle-ci faisait mouvement arrière pour se reposer, soigner ses blessures et reprendre des pilums. La discipline et l´organisation des centurions qui rendaient ces mouvements possibles donnait aux Romains un énorme avantage sur leurs ennemis barbares et fut la raison principale de la victoire de forces romaines peu nombreuses, mais bien dirigées, contre des rassemblements d´effectifs barbares nettement supérieurs.
Même lors des batailles rangées de l´Antiquité, les pertes de l´armée victorieuse étaient souvent négligeables et catastrophiques pour le vaincu. C´était particulièrement vrai pour les batailles menées par les Romains. César instaura également la présence de 30 balistes et catapultes par légion, afin de pouvoir infliger des pertes à l´ennemi avant, pendant et après la bataille.
Grâce à leurs techniques de défense, une cohorte jetant ses pilums pouvant tuer suffisamment de chevaux et cavaliers pour interrompre toute charge, les Romains n´étaient pas très vulnérables à la cavalerie. Rarement fut la cavalerie ennemie capable de prendre l´avantage par une manoeuvre de flanc, comme pour la droite de César à Pharsale, en 48 av. JC Ce dernier répliqua avec 6 cohortes équipées de piques et lances de siège placées aux premiers rangs, qui infligèrent d´énormes pertes aux cavaliers adverses, les obligeant à battre en retraite et laissant sur le champ de bataille près de 8 000 hommes.
Les armées romaines de l´époque étaient en pleine évolution. Moins de 50 ans auparavant, le consul de Rome, Gaius Marius, avait changé la composition de l´armée, passant d´un damier de centuries aux quatre types de fantassins au légionnaire simple capable d´attaquer à distance. Les centuries comptaient cependant toujours 80 hommes dirigés par un centurion et un député. Chaque centurie avait son porte-étendard, élément vital : l´étendard ne devait jamais tomber.
<http://www.eidos-france.fr/gss/legacy/praetorians<BR>/site_a/civilisations/images/R_centurion.gif> Six centuries formaient une cohorte et dix cohortes une légion. La seule exception était la première cohorte avec ses centuries doubles de 160 hommes constituant la Garde Prétorienne du commandant de la légion, le légat. Plusieurs légions formaient une armée. César en utilisa huit pour sa conquête des Gaules, six ayant été levées pour cette campagne. A l´origine, Rome levait une légion d´alliés pour chaque légion de Romains. Avec la conquête de l´Italie, il devint courant de recruter des cohortes de troupes auxiliaires pour combattre aux côtés des légionnaires romains. Elles étaient constituées d´infanterie, de cavalerie et de troupes légères spécialisées, comme des archers ou des frondeurs. Les centurions qui les commandaient avaient de meilleures soldes et le titre de préfet.
Le centurion était d´une importance vitale pour le fonctionnement d´une légion, du contrôle des 60 centuries au commandement tactique. Chaque légion avait 59 centurions, les cinq centurions de la première cohorte étant les plus expérimentés et ceux de la première centurie de la première cohorte ( primus pilus) constituant l´équivalent d´un état-major. Le commandement de la légion était donné à un légat nommé par le Sénat. Il était assisté de six tribuns, tous espérant un jour commander une légion. Le député du légat était le préfet de camp ( praefectus castrorum), le centurion de plus haut rang nommé par un Primer pilus ayant au moins 25 ans d´expérience. Ainsi, le commandement tactique de la Légion était entre les mains de centurions aux expériences variées, ce qui aidait à faire de l´armée romaine la machine de guerre impitoyable que le monde connu avait appris à redoute