La sortie simultanée de MAFIA sur X-box et PS2 offre l’occasion de revenir sur ce hit hors du commun.
Mais avant d’aborder l’histoire de ce jeu, revenons un peu sur sa genèse.
Pendant des mois, les développeurs de chez Illusion Softworks nous ont fait mariner avec des screenshots superbes et un concept révolutionnaire de plus en plus alléchant à chaque communiqué de presse. Nous allions pouvoir nous balader librement dans une ville immense, croiser des passants qui vaquent à leurs occupations, emprunter n’importe quel véhicule et même prendre le métro ! Le tout dans un décor rappelant le Chicago des années 30.
Nous attendions tous la date de sortie avec impatience.
Et lorsque cette date de sortie arriva, quelle ne fut pas notre déception en apprenant que les développeurs avaient décidé de retarder la sortie de leur jeu. Ils tenaient à retravailler encore leur bébé, à le ciseler telle une pierre précieuse pour que tout soit parfait.
Les mois ont donc passé. MAFIA a peu à peu disparu des revues spécialisées. De temps à autre, une ou deux photos paraissaient dans la presse accompagnées d’un commentaire sobre et spartiate. Et puis on apprenait que la date de sortie serait encore probablement repoussée…
Et puis un jour, miracle ! MAFIA était enfin dans les bacs ! La révolution du jeu vidéo allait enfin pouvoir commencé !
Le problème, c’est qu’entre temps un certain GTA 3 était passé par là. Le jeu d’Illusion Softworks ne proposait donc plus rien de vraiment nouveau. Les petits gars de chez Rockstar Games avaient balayé le marché à gros coups de sulfateuse décimant la concurrence de leur concept libertaire et ultra-violent.
MAFIA fit donc une sortie en catimini pour se retrouver à une vitesse hallucinante dans la collection « Jeux à bas prix ». Mais que l’on ne s’y trompe pas, « jeux à bas prix » ne signifie pas forcément Jeux tout pourris !
Au contraire, MAFIA est un pur chef-d’œuvre. Bien plus beau graphiquement que GTA 3, il offre un univers et une histoire très immersifs dont il est très dur de se détacher une fois que l’on a installé le soft sur sa bécane.
Vous incarnez donc Tommy, un paisible chauffeur de taxi se retrouvant un soir par hasard au milieu d’une fusillade entre gangsters. Trois de ces bandits sautent dans son taxi et lui demandent de les aider à semer leurs poursuivants.
Et voilà, la première mission est en route. Vous devrez conduire votre vieux tacot comme un forcené au milieu des rues tortueuses de Lost Heaven, les balles des mafiosi adverses sifflant à vos oreilles.
Lorsque vous aurez réussit cette première mission, le parrain d’une famille très puissante de la ville vous proposera de rentrer à son service et bien entendu vous accepterez.
De là, vous serez amené à effectuer diverses missions, à pied ou en voitures, pour le compte de votre boss. Bastonnade, fusillades, courses poursuite seront dès lors votre pain quotidien.
Un peu faible comme histoire me direz vous. Hé bien non, car dans la cinématique d’intro ( stupéfiante, digne des plus grands films hollywoodiens) l’on apprend qu’en fait Tommy veut se ranger, qu’il en a marre de cette vie de truand. On le voit donc, au début du jeu rencontrer un policier dans une cafétéria et en échange d’une protection, il est prêt à balancer tout le monde et à raconter son histoire.
Chaque mission que vous effectuerez est donc un flash back. Un concept narratif génial vous permettant de vous attacher encore plus au personnage que vous jouez.
L’ambiance générale du jeu, soutenue par une musique superbe, rappelle Le Parrain ou bien encore les Affranchis de Scorsese. MAFIA exerce ce même pouvoir d’attraction que ces films où l’on ne peut s’empêcher d’admirer ces truands immoraux qui ne respectent aucun des codes qui régissent nos sociétés. Un sentiment malsain mais pourtant libérateur puisque l’on peut se permettre de commettre dans le jeu, sans nuire à personne et avec style, des actes totalement illégaux. Quel sentiment de puissance !
Qui ne s’est jamais imaginé en baron du crime calme et classieux, tenant une ville entière entre ses mains, capable de renverser n’importe quel ennemi d’un simple claquement de doigt ?
Les graphismes du jeu sont très détaillés. Chaque texture a été travaillée pour donner aux façades des immeubles un côté sale, ternis, diablement réaliste. Il en est de même pour les visages des personnages dont les expressions faciales étonnent par leur diversité.
Les voitures des années trente sont elles –aussi très bien modélisées. Lorsque vous roulez, le paysage se reflète sur votre carrosserie. Les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à reproduire le plus fidèlement possible les réactions des amortisseurs et à enregistrer de véritables sons de moteurs de l’époque. Un sens du détail qui force l’admiration !
Dès lors, la conduite de ces vieilles charrettes devient une gageure. La moindre bosse sur le bitume peut vous faire perdre le contrôle de votre véhicule et chaque virage devient un défi à relever.
Le contrôle de votre personnage est lui très facile et intuitif. Comme dans GTA, vous le dirigez à la souris et grâce aux flèches directionnelles.
Outre des graphismes bien plus beaux que ceux de GTA ( qui est lui même un très bon jeu), MAFIA offre en plus la possibilité de sortir de la ville et de faire de longues ballades champêtres dans un paysage luxuriant. On se sent dès lors un peu moins claustrophobe et la sensation de liberté n’en est qu’accentuée.
Constat : y’ a-t-il vraiment quelque chose à reprocher à MAFIA ? En fait oui, deux choses :
La première, c’est une gestion de la difficulté mal dosée. Certaines missions sont très faciles, d’autres quasiment infaisables.
La seconde, c’est d’être sorti après GTA 3, car aujourd’hui, lorsqu’un jeu de ce type sortirait sur le marché, on ne parlerait sans doute pas de « GTA – like » mais bien de « Mafia – like ».
Sébastien Denizart
http://site.voila.fr/sebastien.denizart