Je sais, il est tard. Je sais, j´aurais du mal à me lever demain matin. Même si je sais que je serai motivé ! Tant pis ! Je me lèverai tranquillement, le temps d´une longue douche, je me délasserai. Et hoP, direction le petit déjeuner ! Mince, c´est incroyable, il fait une chaleur ! C´est in soutenable, à cette heure aussi matinale. J´en ai marre de griller toute la journée. Vivement un petit orage. C´est si agréable de sentir les grosses gouttes mouiller sa tête. Et puis, ça fait des petits points sombres sur le ciment, je m´en souviens. Ça me rappelle cette odeur qui montait de la terre, ce parfum moite et chaud, alors que j´entendais au loin le grondement plaintif et majestueux du tonnerre. Les gouttes d´eau s´écrasent avec fracas sur le ciment, dans un petit murmure de cliquetis. Et puis le petit vent frais qui venait me caresser la joue, alors que ma mère me criait de rentrer vite. Le petit déjeuner, ça sera rapide à mon avis. Je vois d´ici le yaourt ( yoghourt, si vous préférez) vaguement sucré et le bol de chocolat vaguement chauffé. Ou bien peut être aurais-je faim. Dans ce cas, je devrais me rabattre sur une biscotte un peu rassie, et surtout pas très agréable à mastiquer ( en plus, ça laisse plein de miettes entre les dents). Franchement, pourquoi je me presserai, le train est à neuf heures trente quatre. J´ai tout mon temps... Sauf qu´il faut encore que je me coiffe. Attention, là, mission délicate... HoP, un coup par là, un peu de gel ici. Bon de toute façon, je me rate une fois sur deux et de toute façon, tout le monde s´en fout de ma tête. Les gens me regandent pas dans la rue. J´ai remarqué qu´ils regardaient mes lunettes. En fait, ils sont cons les gens. Bon, normalement, j´arrive à dix heures. Ca me laisse une heure pour vadrouiller. Le bon plan, c´est de prendre ses jambes pour y aller. Comme ça, ça évitera que j´aille fairele couillon dans le métro, et j´aurais pas à traverser les fétides couloirs du métro, où flotte un fumet d´excréments les plus divers. La dernière fois, c´était tellement suffoquant que j´ai failli rendre l´excellent panini à trois euros cinquante, dégusté trois heures plutôt. Mais je crois que ça n´aurais pas plu au monsieur qui dort dans des cartons... Mais non, j´irai à pinces, comme ça je verrais les SeXshoPs pudiquement masqués par un rideau, qui proposent tout une série de services peu onéreux ( pour toutes les bourses... => MouHaHaHaA, comme c´est marrant ! ) et puis si j´ai le temps, j´irai chez Beuscher, j´ai repéré une bonne occas´ ! Enfin, si le temps presse, je prendrais mes jambes à mon cou... j´y serais à onze heures pétantes ! Et si en t´attendant je me fais chier, et bah, tant pis, j´irai courir derrière des pigeons pour leur faire peur. Les cons. J´aime pas les pigeons...