Il s´assit sur un rocher. Ses forces ne le portaient plus. Il se laissa tomber, plutôt. Son corps s´échoua sur la pierre avec molesse. Son regard embrassa le spectacle qui s´offrait à lui. De là, il dominanit la montagne fière. Il contemplait les pics acérés s´élançant vers le ciel, tels les lames de mille couteaux menaçants. La roche était grise et froide, nue et tranchante. Elle déchirait le ciel morne, avec brutalité, le lacérait impitoyablement. Le seul bruit qui parvenait à ses oreilles était celui du vent, une plainte morbide. Pourtant, il ne semblait pas préter attention à ce chant sinistre, cette louange lugubre à la montagne qui l´entourait. Les cieux, chargés de larmes et de tourmente semblaient agités par des spasmes maladifs. Une nuée noire et angoissante étouffait le crépuscule, dans un tumulte splendide accompagnant le souffle glacial qui envahissait ce sombre désert de désolation et de solitude. L´homme s´était assis là, au milieu d´une tempête céleste qui l´entourait. Lui contemplait les forces de la nature déchînées sur sa tête, impuissant. Son esprit s´envolait dans l´immensité de cette tourmente. Solitaire. Son coeur était sombre, sa vie dérisoire dans une pareille tempête. Il sentait, dans le spectacle de cette nature déchaînée, toute l´ampleur du spleen de son âme. Il était là, confrontant son affliction à celle d´une nature désolante. Son coeur endeuillé s´épanchait dans les foudres du ciel. Sa vie n´était plus que la proie de ses sentiments impétueux, comme son corps était à la merci de chaos céleste. Il s´effondra dans ce tumulte icroyable, en proie aux derniers spasmes de sa longue agonie, dans la pompe magnifique de la Nature enragée, avec le seul chant du vent pour musique et celui de la montagne pour prière.