kernel,de quoi te plains-tu?
J´entends parler de gastro depuis des années.
J´en ai jamais choppé une.
Pourtant,quand j´entend les gens en parler,assis
sur la cuvette des chiottes,une bassine devant eux,je les envie presque.Pas trop quand même.
Ce doit être pourtant une sacrée expérience.
La seule chose grave qui me soit arrivée,c´était l´appendicite.Sauf que je l´avais pas.
Je me souviens,j´allais avoir huit ans.C´était un mercredi.Un mono des éclaireurs m´avait ramené chez mes parents derrière sa mob parce que j´avais
hyper mal au ventre.Au bout de quelques heures,ma mère avait appelé un voisin qui était médecin,lequel m´envoya directement dans une clinique(privée).J´avais vachement mal au côté gauche.Un médecin arriva.
Il me tapa sur le côté droit de mon ventre,puis il demanda:"Ca te fait mal?"
Je répondis:"Non."
Il tapa plus fort sur le côté droit:"Ca te fait mal?",me demanda-t-il?
" Oui!",répondis-je.
" C´est l´appendicite",déclara-t-il solennellement.
J´allais être opéré des le lendemain.
La matinée fut terrible.Je fus témoin de l´arrachage des fils sur la personne de mon voisin(opéré de l´appendicite cinq jours auparavant),effectué par une bonne soeur.Il pleura beaucoup.Il avait l´air courageux pourtant.Il avait dix ans.Il m´avait prêté ses pif-gadget,comme si j´avais la tête à lire dans un moment pareil.Mon père m´avait prévenu:"Il ne faudra pas pleurer quand on va te faire des piqures."
Des infirmiers arrivèrent.L´un d´eux me fit une intramusculaire(ratée)dans les fesses.Puis on m´emmena en salle d´opération.Là,une vieille bonne soeur me fit une intraveineuse(complètement ratée)dans l´avant-bras.Ensuite,on me mit un masque sur le visage et on me demanda de compter.
Je me réveillai plus tard dans la chambre.J´avais très mal au côté droit(et pour cause!).
Mon voisin aux pif-gadget était parti.Il avait été remplacé par un autre jeune garçon dont le père qui lui faisait de fréquentes visites,essaya
vainement de me convertir aux " témoins de Jéhova",allant même jusqu´à m´offrir un petit livre rose qui contenait les préceptes de leur religion.Moi qui n´était même pas baptisé,il tombait mal.D´ailleurs,son lardon,deux jours plus tard,je lui collais une rouste,puisque,d´après le bouquin,il fallait tendre l´autre joue.
Vint le jour où on m´enleva les fils.Une autre bonne soeur(maudites soient-elles)me fit pisser le sang en se servant de petits ciseaux qu´elle utilisa d´une façon malhabile.Et là j´ai craqué:j´ai beaucoup pleuré.
Le jour de ma sortie arriva.Je n´étais pas très frais.J´avais 38.7 de température.On me fit prendre un suppositoire et on me renvoya chez moi.
Deux jours plus tard,j´avais toujours horriblement mal au côté gauche.Je partis à l´hôpital où je restai quinze jours.Je subis quelques examens qui ne révélèrent rien,et je rentrai chez moi.
Par la suite j´eus à prendre des médicaments qui avaient été prescrits par le médecin(le même qui m´avait envoyé à la drôle de clinique).
J´eus des hallucinations pendant le temps que je les pris.Je voyais des tas de petits triangles et de ronds de toutes les couleurs.Ou bien des petits bonhommes bics(je les appelle comme ça) qui fabriquaient des constructions bizarres derrière la fenêtre,au cinquième étage.
La nuit,je voyais un homme avec un chapeau-melon qui marchait dans ma chambre,quand ce n´était pas autre chose.
En fait,je n´avais pas du tout l´appendicite.
D´ailleurs quand la bonne soeur m´apporta mon bout d´appendice tout blanc dans un petit flacon en me demandant si je voulais le conserver(chose que je refusai vigoureusement),en comparaison avec celui de mon voisin,qui était tout rouge et tout gonflé(lui par contre il l´a gardé ce pauvre taré),ça aurait dû me mettre la puce à l´oreille.
Mais j´étais petit à l´époque.En tous cas,une chose est sûre.Je n´aurai jamais l´appendicite.
Les bonnes soeurs,je les aurais quand même bien fait chier avec la sonnette.J´ai pas arrêté d´appuyer dessus sans raison,pour les emmerder.