J´ai rendu aujourd´hui un truc en ECJS [Education Civique, Juridique et Sociale] et plus je me relis, plus je trouve ça merdique, trop tard, le mal est fait : )
De nos jours, les moyens de communication et d’information sont tels que la distance entre les hommes prend une importance moindre. Les moyens d’action des médias se perfectionnent, et jouent un rôle non négligeable au sein de la société. Alors que l’Internet permet au monde entier de faire circuler un flux illimité d’informations, il en ressort un besoin grandissant de connaître la véracité de ces mêmes informations. D’où l’expression « Info ou Intox ? » qui prend toute sa valeur, car il n’existe aucun contrôle d’information vraiment fiable. On peut alors croire au fait que trop d’informations tue l’information.
Les médias reste alors pour la société la seule fiabilité d’avoir une information claire et traitée. Mais les médias abusent-ils de ce statut ? Font-ils autre chose que donner une information brute et objective ? C’est ce que nous allons essayer de trouver à travers ce dossier. Nous nous intéresserons d’abord aux enjeux commerciaux des médias, puis nous verrons ensuite un point plus psychologique dont les enjeux deviennent ici politiques…
Du fait du système économique actuel, la rentabilité est le leitmotiv de toutes les entreprises. Or, « les journaux sont des entreprises », ils présentent alors de nombreux objectifs financiers qui se traduisent par l’audimat ou la vente de journaux. Toute la stratégie consiste à attirer le lecteur ou l’auditeur. Il y a donc clairement un but commercial, et pas uniquement le fait d’informer. Par exemple, dans le Canard Enchaîné du 29 octobre 2003, on peut voir en Une un jeu de mots en gras sur la suppression d’un jour férié, or dans ce numéro on ne peut voir aucun article traitant de ce sujet. On ne peut pas excuser le journal de ne pas avoir pu traiter l’information parce que c’est un hebdomadaire, car ici c’est presque de la publicité mensongère. Le sujet ne sera sûrement abordé que dans le prochain numéro.
Dans un but commercial, les médias sont parfois amenés à subodorer certains faits pour captiver le spectateur. On peut remarquer ceci notamment lorsque l’information est traitée en directe et en flux continu. Par exemple, lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York les chaînes de télévision ont interrompu tous leurs programmes pour se focaliser sur Manhattan. On pouvait alors voir des images mises en boucle montrant la destruction des Twin Towers. Alors qu’on se retrouvait en face d’un événement qui désemparait tout le monde, les différents envoyés spéciaux s’efforçaient de dire que de nouvelles informations tombaient tout en gardant le conditionnel et phrases du types « rien n’est confirmé ; on pourrait croire ; pour l’instant on pense que… ». Ce qui parfois vient à créer des rumeurs exagérées, qui ont vite fait de se taire d’elles-mêmes. Lors des premières heures de l’attentat, on avait pu entendre que les Khmers Rouges en seraient à l’origine, ce qui par la suite a été bien évidemment démenti.
Sur le support papier, c’est quasiment pareil. En comparant deux journaux ( Le Canard Enchaîné et Libération), on trouve un article parlant du Clemenceau. Pour en revenir aux faits, le porte-avions français devait être démonté pour en extraire l’amiante en Espagne, mais le ferrailleur avait choisi de sa propre initiative de le re-diriger vers la Turquie où la main d’œuvre est moins chère. Averti de ces évènements, le gouvernement français décide donc de rompre le contrat qui liait l’Espagne à la France. Alors que le Canard Enchaîné ne consacre qu’un petit encadré en fin de journal sur ce sujet, Libération en fait une double page. Or, au fil de la lecture, on se rend compte que l’information est la même. Seulement, Libération a choisi de grossir l’article, en présentant diverses interviews tout à fait dispensables, ou encore en avançant plusieurs destinations possibles sur le porte-avions : Le gouvernement français aurait trouvé un nouvel associé, allemand, et se dirigerait en Grèce où même en Inde ! Libération relate enfin des faits antérieurs concernant un porte-avions russe qui aurait subi un détournement et aurait finalement fini… en un casino flottant.
Il faut ici comprendre que concernant cet article, l’information provient d’une même source, et que pour le moment, il est impossible d’en savoir plus. Pourtant, un des deux journaux procède à un remplissage pour réussir tant bien que mal à faire une double page et à cacher le manque d’informations.
Outre les buts financiers des médias, ils sont aussi un moyen de manipuler les populations, en les rassurant, en les endormant, mais aussi en les émouvant…
Il est impossible de dire que l’information est objective. Le journaliste ne peut garder l’information brute, il doit retraiter, recouper, comparer DONC juger l’information. Cette opération est indispensable, mais peut être utilisée de manière abusive. Par exemple, lors de la guerre en Irak, certains journaux américains trient l’information en ne mentionnant pas où peu les victimes américaines et ne parlent que des morts irakiens. Les militaires, voire le gouvernement américain, passe tout simplement ces faits sous silence. Pire encore, il est clair que les journaux émettent des points de vue abusifs, en vantant les mérites de l’armée américaine et en s’acharnant sur l’Irak, on entend alors de nouvelles expressions comme « axe du mal » ou « héros américains » démontrant clairement les desseins de ces journaux. D’une part, les médias essaient ici de leurrer les gens, mais aussi de faire adopter un mode de pensée qui n’est pas le leur. C’est donc clairement un moyen de propagande.
Les médias viennent parfois à traiter l’information de manière à émouvoir le spectateur et faire appel à ses sentiments plutôt qu’au raisonnement rationnel. Ainsi, dans un reportage où l’on parle d’un fait touchant la population irakienne qui compte de nombreux morts, les journalistes viennent à se pencher sur un fait particulier, en se focalisant sur une personne, ici une mère pleurant ses deux fils morts la veille lors d’affrontements entre résistants irakiens et militaires américains. Le journaliste décrit la scène, la femme montrant la photo de ses fils, les larmes aux yeux, elle explique que sa famille est entièrement décimée… Cet exemple est totalement fictif et n’est tiré d’aucun journal officiel, mais c’est pour mieux démontrer à quel point les journalistes usent toujours des mêmes méthodes pour attendrir le spectateur. Bien sûr, on ne touche plus au domaine de l’information, mais presque au domaine du spectacle et de la mise en scène, hormis qu’ici les acteurs sont bel et bien réels. L’enjeu, n’est pas tant commercial, mais vise plus à conditionner le spectateur. Il sera alors plus facile de prévoir ses réactions puisque le journal aura créé chez lui un système de valeurs et une personnalité bien définis…
On peut alors conclure que les médias exercent une certaine forme de manipulation indéniable, tant sur des points commerciaux que politiques, mais il faut se soucier en priorité du dernier point. Il ne faudrait en aucun cas que les médias deviennent un moyen de propagande, guidant de manière inconsciente la population car ce serait totalement contraire à l’idée de démocratie et ce serait tout simplement une régression sociale. Le citoyen doit donc regarder et écouter les médias, mais de manière intelligente et savoir prendre du recul par rapport à ce qui est dit, sans quoi il ne saura plus penser par lui-même.