La nuit est lentement tombée, amenant avec elle une fraîcheur inhabituelle. Dans le ciel d´un noir d´encre commencent à sintiller les premières étoiles. Au loin, on entend le roronnement flou d´un train qui passe dans la nuit. De temps à autres, une voiture vient rompre cette pesanteur nocturne. Un être humain passe. Une vie fugace. Puis, s´évanouit dans les ténèbres. Tout est noir et désert. Il marche dans cette rue que de blafardes lampes viennent éclairer. Solitaire. Le temps s´écoule avec une infinie lenteur, et il continue de marcher, sans but précis, en proie à une tourmente indéfinissable. Parfois, un vent froid l´accompagne doucement dans ses pas. Un frisson parcourt son dos. Sa démarche devient hésitante, presque maladive. Peu à peu, il est ralenti, comme si tout son corps était alourdi par le poids de ses pensées. Il arrive avec peine devant un banc en béton. Il s´écroule et reste là inerte, tel un pantin désarticulé. Lentement, il s´effondre, continue sa progression dans un gouffre de désespoir, abîme dans lequel son coeur s´enfonce inexorablement.