Bonsoir,
J'ai décidé de poster librement, même gratuitement, à propos de ce Strafox Adventure. J'ai voulu mettre par écrit l'expression d'un mécontentement qui résulte de la frustration qu'il ma été donné d'éprouver en jouant à ce jeu (frustration apparue progressivement, puis confirmée au long des parties). Précision importante et scandaleuse : je n'en suis qu'à 45%. Donc oui, j'ose poster une critique d'un jeu dont je ne connais pas la moitié. Le très large aperçu que j'en ai, cependant, mérite je trouve son propre petit article, s'agissant d'un titre aussi important dans le catalogue de sa console et pondu par une équipe de développeurs aussi renommée que l'est Rare.
La première approche du jeu se révèle ma foi fort agréable. Après le petit prologue céleste en compagnie d'une charmante renarde, l'atterrissage sur Dinosaur Planet se fait en douceur et sous les meilleures hospices. Le jeu joue de son charme à merveille, m'emballe par la vie et l'exubérance de son univers, séduit mes instincts de joueur par le confort de sa maniabilité, et me promet une aventure riche et prenante. Bref, mes premières impressions sont excellentes.
Ainsi, et parce-qu'au fond il le mérite, je choisis d'ouvrir cet article en exprimant tout le bien que je pense de Starfox Adventure, et tout de même, il y en a. La principale qualité de ce dernier est à mon sens celle qui se trouve déjà illustrée plus haut. Je veux parler de la qualité des phases d'exploration et de découverte. Jouer le globe-trotter à travers un univers aussi dense, aussi beau, aussi plein de vie que celui qui nous est proposé est en effet un plaisir qui se suffit à lui-même. En 2009, Starfox su NGC est vraiment sublime et démontre la maîtrise technique décidément hallucinante de Rare lorsqu'il s'agit de matos de chez Nintendo (après-tout, ne sont-ils pas à l'origine de quelques-uns des plus beaux jeux Super Nes et N64?).
Ce dernier atout, de taille, se combinant en outre à l'excellente maniabilité du brave Fox, ne souffrant véritablement d'aucun reproche. Déplacements, grimpette, nage... Quelle fluidité, quelle classe et, mon Dieu, quelle animation! Une claque pour l'époque, une leçon en matière de technique et ce encore aujourd'hui (je n'ai pour ma part découvert le soft qu'il y a quelques semaines).
L'ambiance, elle, est fabuleuse. Si au vu de ce qui précède, cela relève presque de l'évidence, il me semble juste, à ce propos, de souligner le rôle tenu par la musique, accompagnant joliment chaque excursion et variant agréablement en fonction du lieu et du cycle du jour et de la nuit. Un vrai bonheur, là encore. Rafraîchissant et bucolique, animé et splendide, le monde de Starfox d'abord m'attire et me ravit.
Mais voilà...
Si l'habillage et l'immersion atteignent sans problème l'excellence, c'est le fond du gameplay qui pose selon moi problème. Autrement dit, l'essentiel, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un titre estampillé Nintendo. Dans Starfox, le joueur doit en passer par différentes phases de jeu bien distinctes afin de progresser. Grossièrement, les voici :
- L'aspect Aventure qui, heureusement comme nous le verrons, est dominant.
- Les phases de Plates-formes, secondaires mais tout de même très présentes.
- La dimension Action qui regroupe l'intégralité des combats.
- Le reste, partagé entre shoot-em'up, glisse, tir au canon etc... Anecdotique.
Le souci majeur est le suivant : si cet ensemble ludique paraît de prime abord plutôt sympathique et plaisant, on se rend trop vite compte qu'aucune des mamelles de ce gameplay hybride n'est vraiment intéressante sur le moyen et long terme, chacune étant au fond extrêmement limitée (malgré une apparente et trompeuse richesse).
La Plate-forme, par exemple, bien qu'étant l'un des ingrédients les mieux réussis du jeu, se révèle ainsi, tout compte fait, réduite à sa plus basique expression : sauts automatiques (aucune commande dédiée) qu'il suffira d'orienter vaguement, esquive d'obstacles et autres pièges à fonctionnement alternatif. Rien de nouveau à l'échelle du genre, peu de réelles difficultés au total. Mais, je le répète, c'est bien amené, amusant et Starfox n'est pas un Mario. Dès lors, ça passe.
La partie Action, à présent. Il est bon de préciser à nouveau que je n'en suis pour le moment qu'à 45% dans la progression globale, je m'exprime donc en fonction de ce que j'ai vu. Mais très franchement, les affrontements, extrêmements stylés et esthétiques, vraiment jolis, finissent sérieusement pas gonfler au bout du trentième grand maximum. Cet aspect du jeu ne demande finalement rien de plus que de marteler à outrance la touche A, en parant éventuellement de temps de à autre les quelques attaques ennemies, en bougant un peu peut-être, et c'est tout. Il est dommage de constater que la bêtise des adversaires ne permet pas d'apporter une souffle de technique, une quelconque profondeur à l'affaire. Visuellement impressionnant, ludiquement pénible. Tels sont les combats.
J'en arrive donc à l'essentiel, le gros morceau, celui qui occupera le joueur le plus clair du temps : l'exploration/aventure (marche, recherche, énigmes). J'en attendais beaucoup à ce niveau, visiblement trop. Soyons clair, repérer des éléments d'interactions, rechercher des objets-clé, activer des mécanismes, progresser dans les dédales, c'est vachement prenant, même intéressant souvent. Seulement, l'intérêt s'essouffle lorsqu'il s'agit d'user sans arrêt des mêmes astuces, de trouver tout le temps les même problèmes à résoudre, au fond de répéter encore et toujours les mêmes actions. Bien-sûr, les choses sont présentées de manière originale et diverse, le contexte, l'enjeu, la situation variant constamment; mais au fond, ce sont les même mécanismes ludiques que l'on nous fait répéter un nombre incalculable de fois.
Le problème tient en fait en une chose : le caractère médiat des actions effectuées. Par médiat, j'entends qu'il n'y a quasiment (toujours dans le domaine de l'aventure/énigme) aucun immédiateté ludique qui donnerait au joueur l'impression qu'il est, de manière directe, fluide et spontanée, le maître de l'action. La raison est simple : c'est que la quasi-intégralité des possibilités d'action du joueur dépend du triple menu actif, celui-là même que l'on déroule si l'on a besoin de faire appel aux talents de Tricky, si la situation requiert l'utilisation d'un pouvoir du bâton ou de quelque objet. Tout ceci, mine de rien, regroupe pratiquement chaque événement-clé du jeu (à l'exception, certes, de la simple pression occasionnelle sur le bouton A pour actionner un levier par exemple). L'effet a beau différer selon le moment, le déclencheur n'en est pas moins invariable et consiste en un recours au menu via le stick gauche suivi d'une confirmation au moyen de la touche A (parce-qu'en plus, le menu nous place généralement d'emblée sur l'objet/action/pouvoir requis).
Je regrette en fait essentiellement que la manette soit si peu (mal?) exploitée, et que l'action soit ainsi sans-cesse différée en raison de l'utilisation du menu. De l'aventure pure, en somme, mais simpliste et limitée, comme tous les autres aspects du gameplay. Pour une titre qui en fin de compte manque cruellement de challenge, bien qu'étant intéressant à certains égards et prometteur sur certains points. Je passe rapidement sur les phases de jeu alternatives (shoot-em'up en tête), sympathique deux minutes, mais rares et peu approfondies. Enfin, je laisse également de côté l'absence de réel scénario digne de ce nom : ce n'est pas ce que l'on attend d'un tel titre. Ce que l'on est en droit d'espérer en revanche, c'est une certaine profondeur de jeu. Nous ne l'avons pas et c'est regrettable.
