- Ici Jean-Michel Laquais, en direct du Stade Grossenbience ! Nous nous retrouvons sur TF0 pour un match qui s'annonce endiaaaaaabléééé !! Aux commentaires avec moi, j'ai nommé Thierry-Gilles Ardi!
- Bonsoir Jean-Michel, bonsoir à tous ! Les deux équipes sont chaudes aujourd'hui, elles viennent de passer la semaine dans les boîtes de stip-tease !
- Nous rappelons que le match aurait dû être reporté suite au débordement de plusieurs joueurs qui ont fricoté avec des mineurs. Mais la FIFA, la Fédération Illettrée du Fric Accessible, a refusé la suspension du match, de peur de ne pas bénéficier des retombées économiques de cette Finale !
- En effet Jean-Pierre ! Nous allons assister à un très grand match, qui va confronter les thunés d'Italie aux thunés d'Espagne ! Les primes ont déjà été versées, les conditions sont donc idéales pour un grand Football !
- On va passer une bonne soiréééééééée !!!
Je vais aujourd'hui tester un jeu de notre tendre Wii, plus précisément un jeu de foot. J'entends déjà les anti-footeux crier que c'est de la merde, mais laissez-moi vous le démontrer à ma façon. Pro Evolution Soccer 2012 est donc la suite directe de l'opus du même nom avec une unité de moins. On est en droit de se demander quelles vont êtres les nouveautés vis-à-vis du 2011. On va tout naturellement jeter un oeil au dos de la jaquette, pour voir un peu près ce qui va nous attendre. « Des passes agiles, des frappes incisives et une remarquable liberté de mouvements font de PES 2012 le jeu de football ultime. » … d'accord ... poursuivons. « Avec ses modes exclusifs de l'UEFA Champions League et la Copa Santander Liberadores, PES 2012 invite l'utilisateur à tester son savoir-faire contre les plus grands clubs au monde ». Voilà, j'ai tout lu.
Je voudrais m'arrêter deux secondes sur ce qu'on a relevé. « Des passes agiles, des frappes incisives et une remarquable liberté de mouvements ». Voici, grossièrement traduis, les points forts que l'on nous propose : « vous allez pouvoir faire des passes, tirer au but et courir sur le terrain !! ». Je comprends les personnes qui ont pour objectif de rendre leur produit le moins dégueulasse possible, mais est-ce que ça doit pour autant montrer un profond signe de rien-à-foutre ? Mais le pire, c'est après : « PES 2012 invite l'utilisateur à tester son savoir-faire contre les plus grands clubs au monde. ». Son savoir-faire ?? Qu'est-ce que c'est que cette phrase !? On va devoir utiliser nos connaissances dans un jeu de sport !? 
Le recto de la jaquette ne rattrape pas le reste : une photo de Cristiano Ronaldo, l'idole des filles. Rappelons que la majorité des consommateurs de ce type de produit sont des mecs. Quel mec digne de ce nom peut regarder cette photo et se dire : « Putain, j'ai trop envie de ce jeu ».
Maintenant, observons les modes de jeu tant exclusifs. Pour note : La Champion's League est exclusif à PES, mais ce qu'on sait moins, c'est que FIFA dispose de l'équivalent, sauf que c'est intitulé Coupes des Clubs Champions. On se fout de notre gueule, non ?
Bref, voyons donc la Copa Santander, qui se trouve être le championnat des équipes sud-américaines. J'ai dû faire... trois matchs en tout, en me disant « Mais qu'est-ce que c'est que cette merde ? ».
Comparé ça aux Championnats Européens disponibles (pas de Bundesliga pour ceux qui connaissent), vous vous demandez vite quel est l'intérêt d'introduire un mode de jeu où les équipes sont composées de bras-cassés pas capables de courir plus vite qu'un vieux en déambulateur. Peut-être la musique exotique que sort des tribunes, mais qui devient insupportable après cinq minutes jouées. Ajoutez à ça l'inefficacité devant le but et les passes dans le vide, et relisez le dos de la jaquette. Ca donne envie de pleurer.
Un avantage sur Wii, c'est le prix. Il y a 10€ de différence pour le même jeu sur PS3, et 30€ pour la 360. Mais quel avantage merdique. Tout d'abord, lorsque vous achetez PES 2012 sur Wii, en démarrant une partie, vous n'aurez pas certains joueurs dans votre équipe, tout ça parce que Konami a eu la flemme de faire un jeu plaisant et n'a pas voulu attendre la fin du mercato d'été pour tout compléter. Vous devrez donc faire une mise à jour pour télécharger ce qui manque, un DLC gratuit en gros. Un autre avantage par rapport aux autres versions, c'est que les possesseurs de Wii n'ont pas eu à attendre deux mois avant de recevoir cette mise à jour. Mais malheureusement, il y a un point noir : c'est que les DLC des autres supports sont bien plus approfondis. En plus d'une remise à jour des effectifs, les joueurs PC, PS3 et XBOX ont bénéficié d'une amélioration des gardiens de but, d'un rééquilibrage des tirs de coups francs et de penalties, et d'un ajout de maillots, shorts et chaussures pour les équipes. Et sur Wii, vous allez donc garder les mêmes maillots (domicile et extérieur), les goals seront totalement pris au dépourvu lorsque vous forcerez un peu leur cage, et vous ne raterez jamais un coup franc et un penalties en visant le côté des buts.
Et si on veut poursuivre dans l'inégalité, on pourra toujours parler des graphismes sublimes des autres supports, tandis que les spectateurs sur Wii ressemblent à du papier mâché et les joueurs ont des têtes bizarres (exceptés les plus connus bien sur). On pourra toujours parler des matchs en ligne, où il faut attendre une demi-heure pour trouver un joueur qui dispose d'une connexion potable et qui ne lag pas. Et peut-être que les commentaires sont plus crédibles ailleurs, allez savoir.
Car sur Wii, les commentaires sont rasants et soporifiques au possible. Et ils sont parfois incompréhensibles.
Imaginez que vous ayez le ballon. Imaginez que vous tirez pile à côté d'un poteau. Imaginez que le commentateur dise que c'est passé très loin du but. Quelle est votre réaction première ? Autre exemple : vous tirez en plein sur le goal qui repousse le ballon, puis un autre de vos joueurs le reprend et marque un but. Il est alors tout à fait possible dans la mémoire du jeu de faire dire au commentateur « Le goal repousse en corner » alors que vos joueurs sont en train de se serrer dans leurs bras.
En plus, il n'y a pas assez de variété. Dès que vous serez capable de faire des doublés à chaque match, je vous assure que vous aurez envie de jouer sans le son. Le problème, c'est que tout l'intérêt réside dans le son, puisque l'animation du terrain est terne et reste calquée sur les formations qu'on a préalablement choisies. Les quelques cinématiques d'entrée et les remplacements sont des moments sympas, où on peut voir nos joueurs de plus près tout en entendant les critiques du second commentateur.
Que dire de l'arbitre qui est capable de siffler pour un léger contact et que dans un autre temps vous vous faîtes faucher et qu'il ne réagit pas ? Il y a également quelque chose qui me chiffonne à propos des arbitres de touches. Contrairement à la vraie vie, l'erreur n'existe pas dans ce jeu ! Votre joueur aura beau être sur la même ligne que le dernier adversaire, il sera signalé hors-jeu dès qu'un bout de pixel de son visage aura dépassé ladite ligne. Je ne parle pas des défenseurs qui lèvent la main avant même que vous soyez sifflé, preuve que tout est calculé à la lettre et qu'il y aura très peu d'interactions dans les matchs. Alors si, il arrive de voir des joueurs s'engueuler, ou bien d'autres qui se font sortir sur civière. Mais rien de palpitant.
Le gameplay à la télécommande est très délicat. Étonnamment, il reste très précis lorsqu'on se trouve assis, mais ne comptez pas jouer allongé sur votre canapé comme si vous regardiez un match de foot car là le contrôle va devenir chaotique. Restez face aux capteurs, jouez et éteignez la console car ce jeu ne parle qu'aux fans du genre, comme moi. Il y a 15 modes de jeu en tout (paramètres, entrainement et autres compris), mais un seul saura donner une durée de vie convenable au titre, la Ligue des Masters. Ici, vous démarrez avec une équipe au choix et vous faîtes un Championnat entier, inclus la Coupe du Pays et la Champions's League. Vous pourrez également participer aux mercato d'été et d'hiver et acheter/vendre des joueurs pour vous renforcer, tout dépendra de votre rang et des équipes/joueurs qui voudront bien traiter avec vous. C'est le mode le plus intéressant car le tout est parfaitement dosée par une I.A. qui gère tout les transferts adroitement. Il n'est pas donc pas aisé d'acquérir un joueur d'un rang élevé dès le début, surtout si vous jouez en Difficulté Pro. Malheureusement, à force de jouer vous progressez, et c'est là qu'on constate que la difficulté elle-même a des limites. Pour exemple, j'en suis à ma troisième saison en LM avec l'équipe de Lille (qui ne casse pas des briques pourtant) et j'arrive à foutre des taulées aux clubs européens. Il n'y a que le Barça (la meilleure équipe du monde quoi) et peut-être une ou deux autres qui arrivent à me malmener. C'est pour dire la pauvreté à ce niveau.
Conclusion : PES 2012 est une déception. Déjà car le titre n'apporte rien de neuf par rapport à la version précédente. Ensuite parce que jouer en ligne est impossible, que la Route des Champions est un théâtre pour des joueurs qui n'existe pas, que la Copa est une exclu à chier, que jouer avec les Miis c'est marrant un match, et que les autres modes de jeu sont ni plus ni moins que la base de la base dans un jeu de foot. La Ligue des Masters reste la seule attractivité, et vous aurez plaisir à comparer les stats des joueurs et à créer l'équipe de vos rêves. Sinon, gardez vos sous et procurez-vous le FIFA 12. Ce sera déjà mois pire.
11/20.