Nicolas Sarkozy, en prônant la création d´un "ministère de l´immigration et de l´identité nationale", s´est attiré les vives critiques de ses adversaires politiques et des associations qui y ont vu un appel du pied à l´électorat FN, à six semaines du premier tour.
"Je veux un ministère de l´immigration et de l´identité nationale", a annoncé jeudi soir le candidat UMP lors de l´émission "A vous de juger" sur France 2.
La proposition a été dénoncée dès jeudi soir par le PS, pour qui le ministre de l´Intérieur "laisse entendre que l´immigration est une menace potentielle pour la culture française". Le PS a demandé vendredi à M. Sarkozy de "revenir sur cette proposition" et "reconnaître son dérapage".
Le numéro un PS François Hollande a enfoncé le clou: "Je crains vraiment que dans cette campagne Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national".
Le candidat UDF, François Bayrou, a renchéri, estimant "qu´en enfermant dans la même phrase immigration et identité nationale", Nicolas Sarkozy a franchi "une frontière". En meeting à Perpignan vendredi soir, M. Bayrou a jugé que "l´identité nationale de la France, elle a un nom, c´est la République".
"On ne mélange pas dans le même ministère immigration et identité nationale. D´abord on ne fait pas un ministère de l´identité nationale. On ne fait pas un ministère de la France", a-t-il dit.
"Les masques tombent: Nicolas Sarkozy est dangereux pour la démocratie et pour les valeurs de la République", a estimé la candidate PCF Marie-George Buffet, pour qui "accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire".
Face à ces critiques, la porte-parole du candidat UMP, Rachida Dati, a fait valoir que "il n´y a rien de choquant, ni aucune connotation à immigration et à identité nationale".
Vendredi, le candidat de l´UMP s´est lui-même défendu devant la presse contre ces "mauvaises polémiques" car l´identité française, ce n´est pas un gros mot".
"L´Histoire de France, la fierté d´être Français, l´identité française sont au coeur de la campagne électorale", a-t-il ensuite affirmé lors d´une réunion publique à Caen.
L´idée de ce nouveau ministère a été approuvée par Jean-Marie Le Pen qui voit là "une petite opération de racolage sur les terres du FN".
Elle a en revanche suscité l´indignation d´associations. La Ligue des droits de l´homme s´est déclarée "scandalisée" par cette proposition, qui "constitue un appel de pied supplémentaire à l´extrême droite".
SOS Racisme a regretté que "l´immigration serve à nouveau de lamentable épouvantail aux échecs et aux failles du passé" et affirmé que les candidats à la magistrature suprême "ne doivent pas divertir les citoyens en flattant les plus bas instincts d´une partie d´entre eux".
Dans la même veine, le Mouvement contre le racisme et pour l´amitié entre les peuples (Mrap) affirme que Nicolas Sarkozy "n´a pas utilisé ces termes par hasard" et qu´en associant ces termes, "il libère la parole et l´idéologie raciste, il menace gravement la cohésion nationale".
"Visiblement, Nicolas Sarkozy entreprend la danse du ventre devant l´électorat de Le Pen", ironise le Réseau éducation sans frontières, voyant comme "ministre de l´Identité nationale" Johnny Hallyday, soutien de Nicolas Sarkozy qui s´est installé en Suisse tout en demandant la nationalité belge.
bravo nicolas 