Le terminal est en face de moi mais avant de m’en occuper je décide de faire une pause en m’adossant au mur en face. J’essuie la sueur qui perle sur mon front d’un revers de manche. Il fait chaud dans ce sas. Après quelques minutes je prend mon PDA, sélectionne l’empreinte requise et place l’écran devant celui du terminal. Un bip sonore retentit et une diode verte s’allume. Aussitôt après la deuxième porte glisse dans l’encoche du mur sans un bruit et un courant d’air frais s’engouffre à l’intérieur du sas. J’avance prudemment à l’intérieur du laboratoire. Il y a de la lumière, les générateurs sont donc encore en service. Je passe la porte, celle-ci se referme. Aucun bruit dans les couloirs.
Je jette un coup d’œil à mon PDA et me dirige vers la partie du labo nommé L/A-5 (Laboratoire/archives niveau -5). Les bureaux que je vois à travers les vitres qui parsèment les couloirs sont désespérément vides et en désordres. Une inscription sur une des portes attire mon attention: « Armurerie ». Enfin ce qu’il reste de la porte. Celle-ci est défoncer et les marques dessus m’indiquent qu’elle a été lacéré à coups de griffe. Je suis obligé d’éteindre mon cigarillo et de placer une main sur ma bouche pour rentrer, l’odeur de charogne est insupportable. La pièce est petite et toutes les armoires sont renversées et vides. Il y reste seulement quelques chargeurs pour des fusils d’assaut. En fouillant un peu je trouves la provenance de cette puanteur: c’est un homme éventré au visage déchiqueter et aux membres tranchées. En soulevant l’armoire qui le recouvre, une nuée de mouches s’envolent en produisant des bourdonnements sonores. La seul chose d’intacte sur son visage sont ses yeux, sa mâchoire inférieur à été arrachée. Mais le plus intéressant reste le colt M1911A1 de calibre 45 accroché à son ceinturon. Je tend le bras pour saisir l’arme quand soudain l’homme se met à cracher du sang par la gorge ( il n’a plus de bouche ). Ses yeux se mettent en mouvement et se fixent sur les miens. Un regard dur et accusateur, un regard que je n’oublierais jamais. Ses bras se dressent en avant et il essaye de me saisir le mien, mais avec une main et un avant bras en moins, c’est difficile. Il retombe au sol, sans énergie et il semble comprendre, même dans cet état, qu’il n’arrivera à rien. Il ne me quitte pas des yeux mais il ne s’agite pas, ne réagit pas, ne m’attaque pas… Peut-être lui reste t’il une once de lucidité même s’il est contaminé. Je saisis son colt, il me fixe toujours et son regard semble s’attendrir. Il sait ce que je m’apprête à faire. Je vérifie que l’arme est chargé, me lève, pointe le canon en direction de son crâne et tir. Ce qui reste de sa tête éclate en morceaux et un de ses yeux vient rouler à mes pieds et s’arrête sur ma chaussure. Je baisse la tête et aperçois l’œil qui me fixe… Incroyable, la pupille est dans ma direction et jusqu’au bout ce type m’aura regardé… Je prends l’étui du pistolet et l’attache en bandoulière au dessus de ma hanche, du coté gauche. L’homme avait aussi deux chargeurs à son ceinturon, je les prends et les ranges.
Je sors d’ici et reprend ma route vers le L/A-5. Arrivé devant un ascenseur, j’appuis sur le bouton, la machine se met en marche. Après quelques secondes la cabine arrive à mon niveau, le niveau 0. J’entre et appuis sur le bouton -5. Les portes se referment, la cabine s’ébranle et puis descend. Niveau -1; c’est long, l‘ascenseur descend à une vitesse affligeante, le mécanisme est sûrement endommagé. Niveau -2; la cabine est violemment secoué et finit même par s’arrêter entre le niveau -3 et -4. La lumière s’éteint et un gyrophare rouge se met en marche. Le toit de la cabine est alors traversé par un poing, gris et puissant. Puis par un autre et encore un autre. Le toit finit par être arraché et j’aperçois une masse imposante. C’est un monstre mais il semble avoir gardé toute ses caractéristiques humaines, j’aurais préféré le supporter dans un match de catch plutôt que de l’avoir au-dessus de moi entrain d’essayer de m’éclater la tête dans un ascenseur. J’esquive ses attaques et ce qui devait arriver arriva, il me rejoint dans la cabine. En sautant, son poids fait descendre la cabine au niveau -4 et me fait vaciller. Il lance un coup de poing puissant que j’esquive et qui détruit le panneau de contrôle. Je sors mon colt et tire 4 balles en direction de sa tête. Son visage gris se voit trouer de quatre jolie trous mais sa ne le dérange pas outre mesure. Il reste impassible avec ses yeux noirs cerclé de rouge qui ne bouge pas d’un poil dans leurs orbites. Il lève le poing et avant qu’il ne l’abatte sur moi, je saute sur lui, m’accroche à son épaule droite et grimpe dessus. Il essaye de me saisir mais c’est trop tard, je suis déjà sur ce qui reste du toit de la cabine. Je m’accroche au câble et pointe mon colt sur le point d’attache des câbles de l’ascenseur. Après deux coups de feu, les câbles se coupent dans une gerbe d’étincelles et la cabine tombe au niveau -8. Elle s’écrase après une courte chute et cela suffit à broyer le métal sur la créature. Mais je penses que sa ne suffira qu’à la retenir un certain temps.
Je replace mon colt dans son étuis et commence à m’élancer d’avant en arrière à l’aide des câbles puis finis par m’élancer, jambes en avant, vers la grille d’aération situé au-dessus de la porte d’ascenseur du niveau -4. Elle saute de son emplacement et je passe à travers. J’atterris sur mes pieds juste devant la porte. Je me relève et regarde autour de moi, un panneau indique « Prototypes et 1ers essais ». J’enlève le chargeur vide du colt, le jette et le remplace par un autre. Je rallume également mon cigarillo à moitié fumé et le replace au coin de ma bouche. Je me dirige à présent vers l’escalier de service. J’ouvre la porte et descend au niveau -5. Mais contrairement aux autres niveaux, la porte de celui-ci est doté d’une serrure à empreinte digital. Inutile de sortir mon PDA car la porte à été défoncé… de l’intérieur. Je passe dans l’ouverture et j’avance à présent dans un immense couloir; au bout, une porte en métal gris. Le laser détecte ma présence et la porte s’ouvre. Une vision hallucinante, une cinquantaine de cuves se dressent devant moi. Ils portent des inscriptions comme "T01" ou "N01" et même "S01". En avançant je vois que les derniers portent les inscriptions "T20", "N20" et "S15". Les cylindres ont tous une vitre transparente. Les "N" contiennent des Cobayes issus du projet Nemesis, les "T" contiennent ceux du projet Tyrant et les "S"… et bien en fait je n’en ai jamais entendu parler. Les personnes dans les cylindres sont tous à différent stade d’évolution. La peur commence à s’infiltrer en moi quand j’aperçois que la plupart sont tout de même arrivés à termes, sans défauts. De plus, j‘aperçois cinq cylindres ouverts. Deux du coté Nemesis et trois du coté Tyrant. J’ai vus les deux Nemesis mais un seul des trois tyrants.
Nom de dieu… 20, 20 et 15 soit 55 cobayes réussis... C’est énorme et même impossible. Comment ont t’ils fais… Même avec le virus parfait, il est impossible d’obtenir des gênes assez bon pour des mutations de ce genre. Je n’ai jamais entendu parlé d’une telle « production » dans les rapports que j’ai pu lire sur la société Umbrella. Avant de me rendre dans le laboratoire de stockage je décide de faire un tour aux archives. Après quelques minutes de recherches dans les dossiers, j’obtient la réponse à ma question. Un catalyseur, une sorte de modificateur génétique qui assure à l’hôte une mutation parfaite avec un virus ou un parasite. Les cobayes sont d’abord infectés puis sont placés dans des cuves remplis de ce produit spécial. Ainsi ils sont certains d’assuré à l’hôte une transformation parfaite quelque soit son patrimoine génétique. C’est complètement dingue et alors que je suis en pleine stupeur en lisant cela, Un bruit métallique me fait sursauter… Un cylindre vient de s’ouvrir.