A mon réveil, je suis à l’Hôpital, tout fatigué, entre deux mondes. Mon regard se perd sur une jarre, je la contemple assez longtemps je crois, mais je suis interrompu par l’infirmière.
- « Bonjour monsieur, comment allez-vous, aujourd’hui ? Me dit-elle avec un large sourire.
- Euh … Bonj … Bonjour, mais pourquoi vous me dites « aujourd’hui », je viens d’arriver … Non ?
- Ah oui, j’oubliais, vous étiez dans un coma profond, inconscient, avec un regard vide. Puis elle rajoute : C’était pour vous informer de vos blessures. Alors c’est un peu grave, il va vous falloir du temps pour récupérer : deux côtes cassées, une fracture de l’épaule et un tout petit traumatisme crânien.
- Merde ! C’est vraiment pas le moment
- Bon, je dois vous laisser, rajoute-t-elle en se levant, et en fermant la porte.
- Au revoir !
Merde, je suis foutu, j’ai pas fini ce que j’ai commencé. Ils ont sûrement dû récupérer l’échantillon pendant mon coma. Rien ne va, d’accord, mais je ne peux pas rester ici. Je me lève difficilement et parviens à me rhabiller. Je récupère mon souffle et m’engage dans la descente de l’escalier. J’arrive dans le hall. Je dois partir.
- « Hey, où allez-vous comme ça ! Vous n’avez pas le droit de quitter votre chambre ! siffla un responsable du bâtiment
- Désolé, j’ai pas que ça à faire, je dois y aller !
- Hey ! …
Je franchis la porte en l’ignorant et me retrouve dehors. Rien qu’une inspiration me foudroie le crâne. Je m’adosse au mur de cette rue, perturbé, mais il faut que j’oublie cette douleur. J’avance avec difficulté vers le trottoir, par chance, le bus est là. Super, j’ai deux/ trois pièces dans la poche ! Je m’avance vers le bus, les portes s’ouvrent, et sans classe ni grâce, me hisse, à l’aide de la rampe, jusqu’au chauffeur. Je lui tend les pièces et vais m’asseoir sur un siège, au fond. Quelques personnes montent, puis le chauffeur démarre. Ca fait à peine 5 minutes que je suis dans le bus, mais je suis crevé, lessivé ! La fatigue s’empare peu à peu de moi. Je commence à m’endormir. Les arrêts de bus défilent et je viens de dépasser de trois arrêts, celui où je devais descendre, bien entendu, je ne m’en aperçois pas. Brutalement, je me réveille, et persuadé d’être au bon arrêt, je descends du bus en remerciant le chauffeur. J’avance dans ce petit coin de rue et m’aperçoit très vite qu’il met inconnu. Je la balaie du regard et un grand bâtiment attire mon attention. Un bâtiment d’au moins 20 étages, avec en haut, écrit en gros, les 8 lettres que je déteste le plus. Ces 8 lettres sont :
U-M-B-R-E-L-L-A. Je suis tellement apeuré que j’en ravale ma douleur …
Sans patates !