Etrangement, c´est pas le but de ma nouvelle... écoute, fais-nous plaisir, achète-toi un concombre et fous-nous la paix.
Pour ceux qui ont apprécié, v´là le 5e chapitre :
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V.
L’idée me semblait stupide parce que, finalement, le pire était peut-être d’aller à l’aveuglette dans un lieu humide et froid. Et c’était ce que nous faisions. L’endroit est préservé dans une sorte de propreté crasse, tout ayant été fait pour observer des consignes d’hygiène vainement. Il menait à des égouts sous les laboratoires. L’eau ondulait lentement, sous l’éclairage blanc laiteux des néons qui marchaient encore, et recelait de miroitements oniriques. J’étais complètement hypnotisée par l’onde qui brillait calmement. Shepard me secoua sans ménagement et m’invita d’un grognement à le suivre. Il s’engageait sur une corniche qui longeait le courant nauséabonde. J’avais d’étranges sensations. L’eau semblait être un écran qui cachait quelques secrets en son sein. Des ombres se déplaçaient aux limites de mes perceptions, et fuyaient dès que je tentais de les éclaircir à la lumière de la raison. Je tus mes doutes, toutes fois, et emboîtais le pas à William sur l’étroit passage.
Shepard nous avait fourni une lampe torche chacun. Il m’avait expliqué comment me servir de mon arme. Je n’aurais en effet jamais pensé à lever le cran de sécurité… C’est lui qui ouvre la marche. Il doit connaître les lieux. Avec une assurance inquiétante, il s’avance dans les ténèbres des sous-terrains. Plusieurs fois nous nous arrêtons pour l’oreille à un bruit qu’aurait entendu William. Il n’y a que le bruit de l’eau qui se répercute sur les murs du tunnel. William insiste à chaque fois pour attendre, pour écouter. Il est sûr qu’il vient de derrière nous, ce bruit.
Finalement, Shepard instaure une pause. Il y a un poste, une sorte de bureau où je ne sais quoi qu’il fouille et qu’il déclare être sans danger. Nous nous y reposons donc. Un silence de plomb s’installe alors. Je regarde William : « D’où venez-vous ? Je suis sûr que je vous ai déjà vu ! demandais-je, histoire de parler un peu.
- Oui, j’y ai habité quelques temps, répond lentement William après avoir jeté un regard à Shepard. Mais ce n’est pas très intéressant. J’ai fait mes études et je suis venu ici, c’est tout…
- Et vous, Shepard ?
- Y’a rien à raconter, j’suis né à Chicago, j’y ai grandi, je me suis fait renvoyé de mon bahut et j’ai atterri dans la police, là où on est pas trop regardant sur vos diplômes. Finalement, je vais mourir ici.
- Pourquoi dites-vous cela ? On a encore des chances de s’en sortir !
- Ce que vous ne comprenez pas, fillette, c’est que cette blessure, là, c’est mon arrêt de mort. Ca me bouffe de l’intérieur, vous savez ça ? c’est leur virus qui…
- Shepard ! tente de l’interrompre William.
- Quoi ? De toutes façons, je vais crever, alors fais-moi un procès ! Leur saloperie de virus, qui se fait des nouilles dans mes entrailles. Quand il aura fini, j’serais comme ceux qui titubent dans les couloirs, un corps sans volonté, qui dévorera de la chair humaine et finira peut-être dévorer par les autres. C’est ça qui m’attend. Je n’ai pas de famille, vous voyez ? Quand je serais mort, il n’y aura personne pour pleurer, personne pour savoir qui j’ai été et ce que fut mon parcours. Ca sera comme si je n’avais jamais existé.
- On pourrait trouver un vaccin, avançais-je.
- Le vaccin ? je sais où il est le vaccin, mais on peut pas le prendre.
- Le vaccin se trouve dans le centre d’incubation, dans le complexe central, explique William. Il s’est verrouillé automatiquement lors de la coupure d’électricité.
- On pourrait trouver un moyen d’y accéder, non ? insistais-je. » William et Shepard se regardèrent longuement, se dévisagèrent dans ce qui semblait être un duel entre les deux.
Alors que Shepard ouvrait la bouche, je fus prise de convulsions. Le mal de tête reprit de plus bel, me transperçant le cerveau. Un rugissement se fit entendre dans les égoûts, et Shepard sortit fusil au poing. Je titubais à sa suite, malgré les avertissements de William. Une créature émergea des profondeurs de l’eau et surplomba Shepard. Ce dernier plongea à couvert, et envoya une première décharge en direction du monstre, qui ne sembla pas moins puissant. Je tombais à genoux. La créature avait des airs humains, malgré une taille contre nature. Shepard fit feu encore et encore. Ce déferlement de chevrotines et le bruit qu’il fit me fendirent le crâne en deux. Je n’en pouvais plus. Je tentais vainement de me lever, mais glissais encore. J’entendis Shepard crier mon nom avant d’être fauché par un bras du monstre. Et je tombais dans l’eau glacial.