Son œuvre ne comporte presque pas de détails biographiques. De même, il n´existe guère de témoignages contemporains qui nous soient parvenus. Ses doxographes lui sont postérieurs de quelques siècles (Denys d´Halicarnasse, Diogène Laërce...). Sa biographie n´est donc connue que sur des grandes lignes.
Son époque est marquée par le renouveau de l´empire macédonien et le déclin de l´influence de la démocratie athénienne. C´est à Aristote que le conquérant Philippe II de Macédoine confiera l´éducation de son fils Alexandre le Grand, avalisant peut-être ainsi l´idée de Platon selon laquelle puisque les philosophes ne peuvent devenir rois, il convient que les rois deviennent philosophes (Lettre VII).
Fils de Nicomaque, médecin d’Amyntas III de Macédoine, et d´une sage femme, Aristote est assoiffé de connaissance. Pour ces raisons, il part à Athènes suivre les cours d´Isocrate. Mais il n´est pas satisfait et décide de rentrer à l’Académie de Platon à l’âge de 18 ans (vers 367 av. J.-C.). Il y est remarqué notamment pour son intelligence. Platon lui donne même le droit d´enseigner. Il y rédige de nombreux récits. Il s´intéresse à la vie politique locale mais ne peut y participer de par sa situation de métèque (« étranger » à la cité).
Il demeure à Athènes jusqu’en 348 av. J.-C., jusqu´à la mort de Platon. Il rejoint à Assos, en Éolide, le roi Hermias, un ancien condisciple. Il y débute des études de botanique et y épouse Pythias.
À la mort de son protecteur, il rentre en Macédoine et devient le précepteur d’Alexandre le Grand. À la cour du roi de Macédoine, Philippe, il acquiert de nombreuses amitiés. Il perd son épouse et se remarie avec Herpyllis avec qui il aura un fils qu´il appelle Nicomaque, du nom de son propre père.
En revenant à Athènes, il n´est pas satisfait par Xénocrate, successeur de Platon à l´Académie ; il décide de fonder le Lycée, également appelé École péripatétique (« marcher en faisant cours »), à Athènes en 335 av. J.-C.. Menacé par le parti anti-macédonien à la mort d’Alexandre le Grand, il fuit Athènes et, sentant la mort arriver, rédige son testament où il lègue son Lycée à Théophraste. Il meurt finalement à Chalcis en 322 av. J.-C.. La même année, le royaume macédonien s´empare d´Athènes.