Las de ce peuple et avide de découvrir le monde, je partis à l’aventure poussée par une soif de plus en plus forte de destruction et une vague de violence qui montait en moi. J’en venais à me poser la question... pourquoi ? ... pourquoi n’avais-je pas détruit cette race si minable... je voulais les voir morts... tous ! .
Alors que je rêvais à un monde où les ténèbres régneraient en maître et ou l’espèce humaine aurait disparue, je marchais des jours durants, des semaines... des mois. Plus j’avançais et plus cette soif de destruction s’élevait en moi, devenait omniprésente dans mon esprit.
C’est alors que j’entrais sur une terre nouvelle, aride, un désert de sable et de roche, qui paraissait aussi mortelle que mes idées noires. Je restais en admiration devant ce paysage... cette impression de vide... d’infini... Quant je vis passer, à quelques mètres de mo
i sans même m’apercevoir, une jeune fille à la peau bronzée et à la démarche légère. De longs cheveux noirs retombant sur ses épaules dénudées recouvraient en partie sa poitrine. Elle n’avait pour seul vêtement qu’une fine étoffe de tissu blanc noué à sa taille, elle paraissait si pure... un ange...
C’était au-delà de ce que je pouvais supporter, et je ne pus contenir mes pulsions meurtrières. Je me glissais derrière elle, silencieusement, et la prenant par surprise, je me jetais sur elle. Je n’oublierais jamais ses cris de peur et de douleur lorsque, dans ma soif avide de destruction, je déchirais ses chairs de mes griffes et de mes crocs, la réduisant en un amas de chair dégoulinante recouverte d’une si belle couleur rouge.
Je restais en contemplation, comme si tout avait disparu devant l’atrocité de mon crime. Quand soudain j’entendis une voix s’écrier derrière moi : « Démon ! Espèce de monstre, créature de l’enfer, tu vas mourir ! ». Je me retournai lentement, toujours perdue dans mes pensées, quand je vis toute une horde d’hommes, reflétant de la même beauté bronzée que la jeune fille. A leur tête se trouvait un jeune garçon, il ne devait avoir guerre plus d’une quinzaine d’années et paraissait être le plus jeune de toute la bande, il me regardait fixement. Il y avait une terrible lueur de rage dans son regard. Je sus que c’était lui qui avait parlé quant, en l’instant d’une seconde je l’entendis s’écrier : « meurs » et l’instant d ‘après toute la bande était sur moi. Ils tentèrent de m’atteindre, maladroitement, de leurs lances et de leurs vieilles épées mal forgées. J’
esquivais aisément leurs pitoyables attaques, passant derrière l’un, l’égorgeant d’un simple coup de griffe, arrachant le cœur d’un suivant. Mais alors que je poursuivais mon massacre, je constatais en eux un tel instinct de violence, une «barbarie sadique » que je n’avais jamais rencontré dans aucun autre peuple de mortel et je me rendis compte que leur apparence physique était aussi pure que leur âme était noire. J’en fus sidérée.
Je m’écriais : « Cela suffi ! Vous ne pouvez rien cont
re moi, n’avez vous donc pas compris... Qui je suis ! » Tout en transperçant de mes griffes la poitrine de l’homme qui se jetait sur moi, en extrayant son cœur et le brandissant en l’air m’écriais à nouveau : « A genoux devant votre dieu ! ». Ils s’arrêtèrent tou
t net, figés, pétrifiés sur place, comme s’ils étaient tous devenus des statues d’ambre et d’ébène. J’avais réussi. Puis en un seul élan général ils se prosternèrent devant moi, suppliant leur oh grande déesse de les épargner.
Je profitais de l&
- 8217;occasion : « Soit, leur
dis-je, je vous laisse la vie sauve... conduisez-moi à votre village ! ... Allez ! ». Il y eut un frémissement, une hésitation, puis ils se relevèrent me priant « Oh glorieuse déesse....bla bla bla... » de les suivre. Et c’était le sourire aux lèvres, que je marchais avec eux (un sourire cruel, savourant à l’avance comment j’allais pouvoir jouir de mon statut divin). Apres plusieurs minutes de marche dans le désert, nous arrivâmes à leur village. J’eus un instant de surprise en voyant leur cité.(C’était bien différent du village de fermiers où j’étais restée si longtemps). C’était une véritable petite ville, des maisons en bois sec et en pierre, quelques petites huttes, le tout décoré d’ossements animaux et de crânes humains où l’odeur du sang et de la viande y était omniprésente. Le tout construit autour d’un somptueux oasis de fraîcheur et de verdure. Au centre de leur ville, une énorme sculpture en pierre et en bois représentait un gigantesque serpent a plumes à l’air menaçant. On me guida jusqu’à la hutte de leur chef (une vieille bâtisse en bois décorée d’une multitude de trophées cités plus hauts).
La porte était ouverte et je vis, assis au milieu d’un superbe tapis de fourrure de fenec et d’autres animaux magnifiquement cousus, un vieil homme assis en tailleur dont la barbe blanche traînait sur le sol. Il semblait avoir traversé des siècles tant sa peau était sèche et ridée.
Il m’invita à entrer, m’enjoignant de m’asseoir, alors que toute la ville, plus par curiosité qu’autre chose, s’étaient réunie autour de la hutte.
Je restais debout, toisant d’un regard des plus cruels le vieil homme décharné et je vis son visage blêmir. Il tenta de parler mais aucun son ne parvenais à sortir de sa gorge.
Quand enfin il y parvient ce fut pour me dire : « Mais que... que diable êtes vous ! » Tout en se levant, il recula jusqu’au fond de sa hutte, se plaqua contre le mur, tétanisa par la peur.
« Diable ! dis-je en souriant, voilà un mot des mieux choisis, je suis votre ange... votre ange des ténèbres, et sachez que je puis être votre plus fidèle alliée ou bien... votre pire ennemie ! Mais ce n’est qu’à vous qu’appartient la décision, mais à mon humble avis(_je m’avançais vers lui_)vous avez tout intérêt à la prendre(_arrivée près de lui je plaçais mes deux mains de chaque coté de son corps_) Vite ! ». Au moment ou je pronon
çais ce dernier mot, il eut un violent sursaut, avant de s’effondrer sur le sol en bégayant : « P..p...pitié ,ne m
e tuez pas... ne... ne me faites pas de mal, je ferais tout ce que vous voulez...mais pitié ». Je me penchais sur lui : « hum... vraiment tout ? ». I
l tremblait de tous ses os.
« Allons idiot relevez-vous, ajoutais-je en rigolant, je ne vais pas vous tuer... je ne vois pas du tout quel plaisir est-ce que j’en tirerai ». Il se détendit légèrement.
C’est alors qu’un grand vacarme en provenance de la ville attira mon attention, des cris et bientôt l’odeur âcre et suffocante de la
fumée. Le village était en feu. Alors que je sortais de la hutte je pus entendre le vieil homme murmurer : « nous sommes maudits » tout en s’effondrant en larmes. Dehors, les flammes dévoraient tout sur leur passage, s’étendant, progressant de plus en plus vite malgré toutes les tentatives de stopper l’incendie... ou du moins le ralentir.
Je me décidais à intervenir. (Qu’allais-je bien pouv
oir tirer de ce peuple s’il périssait tous dans les flammes) . Je me plaçais au cent
re du village, je pouvais sentir les flammes prêtes à me lécher, leur mordante chaleur de plus en plus présente . Mais je m’en souciais guerre.
Je fis le vide dans mon esprit, glissant dans une sorte de transe ou de « méditation » bref entrant en symbiose avec les éléments.(_La convocation d
es éléments est un des rares d
ons que je possède qui me demande encore à ce jour une intense concentration... attention je ne parle pas du simple fait d ‘envoyer une boule de feu ou un éclair d’énergie, mais de la convocation en grande masse et sur une grande distance d’un puissant élément_ mais je m’égar
e_).
Je disais donc, j’entrai en symbiose avec les éléments, me concentrant sur deux d’entre eux, je commandais au vent et à la pluie de se déchaîner . Et ce fut avec une impensable difficulté que je parvins à déclencher dans ce village au beau milieu du désert, une véritable tempête et en l’espace d’une minute, la pluie, le vent, le sable eurent tôt fait d’étouffer de leur puissance les brûlantes flammes de l’incendie.
Du village il ne restait rien, rien que les flammes n’avaient dévoré, que le vent n’avait soufflé. Mais la plupart des habitants avaient été épargnés. Tous plus ou moins choquée, la horde de survivants s’était amassée devant les restes éparpillés de la hutte de leur chef. Celui-ci semblait totalement désorienté. Il ne cessait de murmurer : « Mais qu’est ce que cala veut dire... mais qu’est ce que cela veut dire... ». Alors que tout le monde me regardait d’un air hébété.
Je profitais de la situation : « Vous ne comprenez donc pas ! dis-je, Votre dieu vous a abandonné ! Et c’est moi qui prendrai sa place ! Vous êtes si pitoyables, si pathétiques ! Vous !... vous qui êtes là pour faire régner la terreur de par le monde, vous restez prostrés a vous apitoyer sur votre sort. Avec moi a vos cotés vous êtes plus forts qu’aucun autre peuple, alors qu’attendez-vous, versez le sang de vos ennemis, détruisez, tuez, si vous voulez que votre dieu se tourne à nouveau vers vous ».
Ils buvaient littéralement mes paroles, m ‘acclamant même et je sentis une folie meurtrière s’élever parmi eux.
Ce peuple était incroya
ble. Leur fougue meurtrière alla même jusqu’à m’étonner, bien au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Il commencèrent par s’en prendre au village le plus proche, attaquant de nuit par surprise, égorgeant les femmes et les enfants, éventrant les hommes ou bien les dépouillant à vif de leurs chaires, s
ubjugués par d’atroces cris de douleur qui ne faisaient qu’accroître leur soif de sang et pas la même occasion, la mienne. Et leur folie sanguinaire n’allait pas s’arrêter là.
Ils érigèrent un temple en mon honneur. Sorte de pyramide surplombée d’un toit plat et flanqué d’un escalier de pierres sculpté menant à son sommet où se trouvait une sorte d’autel de pierre relié sur le sol à deux profondes gouttières taillées à même la pierre et descendant le long du temple.
Ce temple avait quelque chose de monstrueux(et pour cause). Une fois construit, ils ne se contentaient plus d’aller de villages en villages pour étendre leurs massacres, mais ramenaient des prisonniers par milliers, par centaines de milliers, les forçants à gravir les marches de mon « sanctuaire » pour en son sommet
, me les offrir en sacrifice, les massacrant des façons les plus horribles qui soient. Et leur sang coulait à flot... une rivière de sang s’écoulait de ma pyramide, quel spectacle... quel magnifique spectacle... argh... par L’enfer !.
Puis un jour, al
ors que je contemplais ce spectacle, j’eus une vision. Sorte de rêve éveillé qui m’emplit d’excitation et fit disparaître instantanément ma soif de sang. Oui, je devais aller en Egypte, le rencontre, le voir de mes yeux... plus rien d’autre n’avait d’importance. Il était le seul, le seul au mo
nde à pouvoir comprendre ce qu
e j’étais, ce que je ressentais... Un autre, un autre comme...moi.