Comme une rivière de sang, comme un fleuve de haine, comme un hurlement de peur, comme un cauchemar... . La pensée qui m´attise encore une fois n´est pas très belle, plutôt sombre, plutôt triste, plutôt seule, comme moi. Je suis seul, je le veux, j´aime ma solitude, celle où j´entend l´écho de ma pensée, celle où je vois l´ombre de mon âme, celle où je sens le parfum de mon esprit. Je vie ainsi, seul parmi les autres, mais deux pour moi, je partage mes craintes avec ce fantome, je partage mes joies avec cet imaginaire... . Je ferme les yeux et je vois, je vois ce ciel de nuit, cette prairie d´étoiles, cette mer bleu nuancée de noir, j´entend cette voix, cette musique, et je sens la fraîcheur de la pureté, celle de l´espoir encore naissant, tout chaud de son berceau.
Je vois ce ciel grand comme ma main, ce ciel où je suis libre. il est voilé par ces nuages lègés, par cette brume de vie, et je m´y perd, je m´abandonne au plaisir de quitter mon corps pour voler aux confins de ce lieu magique. Je sens la vibration des étoiles, elles viennent effleurer mon être d´énergie pour me rendre comme elles, protectrices, brillantes parmi les brillants, grandes parmi les grands, vivantes parmi les morts. Me voilà étoile, veillant sur ceux que j´aime, plutôt sur ceux auxquels je tiens. Je suis devenu le phare auquel j´aspirais depuis ma solitude.
Je ferme mes yeux et voilà ce que je vois, pour la dernière fois qu´il m´est donné de le faire... .
Je vois ce ciel, cette nuit, ce néant infini, cette majestueuse aile sombre, où les rêves se perdent pour rejoindre la réalité espérée. Le bleu se mélange au noir, qui se mélange aux étoiles, créant la plus maligne variété de tristesse joyeuse. Rien ne pourrais jamais renvoyer cette éternelle étincelle de vie, ce feu de froid qui est là haut.
La mélodie du ciel est portée par une voix timbré, sensuellement féminine, grave et pourtant si légère, vacillant au moindre souffle de vent, et s´envollant jusque nos âmes.
La où commence ce ciel fini mes rêves, ce ciel est le lieu de recueuillement des larmes versées par les anges, même les plus diaboliques, ce lieu est saint parmi l´infame, cruel parmi le bon, magnifique parmi les ruines, il est le temple de nos âmes et rien ne pourra le consumer.
Je ne peux plus voir, je ne peux plus bouger, mais je sens le contact sur ma peau, cette herbe sous mon pied. Elle est fraîche, forte et pourtant elle se plie, mais ne sera jamais cassée, je la sens verte, elle porte la vie qui rejoindra le ciel plus tard. Cette herbe je la nourrie des larmes qui me coulent le long des joues, je les sens rouler sur mon coup, perler sur mon torse, courir au plus vite le long de mes jambes pour arriver sur l´herbe, lui donnant l´énergie de se remmetre du mal que je lui ai fais. Le vent pouse mes larmes sur d´autres parties de mon corps, devenu inerte, le vent porte la fraicheur de celle qui me quitte, le vent me donne encore cette sensation de mouvement immobile cette force invisible. Il frappe méticuleusement mon coprs, posant avec douceur la fraicheur de l´air, apportant comme une envellope d´ondes.
Mais bientôt je ne sentirais plus ce vent, ni cette herbe, car mon âme quitte peu à peu mon corps... .
Voilà, je ne sens plus rien, je suis devenu insensible à la vie, mais je l´entend encore m´appeler, cette douce mélodie, à la fois triste et joyeuse, emplie de mélancolie, forte de sa faiblesse. J´entend ce piano chanter l´hymme de ma pensée, cette douceur que ma mèe m´apportais. cette musique est tendresse, comme une plume à mes oreilles, je l´entend tomber dans un puit sans fond, touchant du noir, et d´un coup s´illuminer de vie, éclaircir ce tunnel de mort, le rendant rayonnant, aux éclats d´un diamant pur. Je l´entend comme une vague, roulant sur elle même, venant et repartant sans cesse, monté puis redescendre, sans jamais se lasser. J´entend cette mer de mélodie, s´ammenuiser peu à peu, pour ne plus être audible... .
Il ne me reste que peux de temps pour gouter à ma perte, et je me retrouve assailli par toutes les senteurs environnantes, celle de la forêt, où l´humidité est grande, où le sel est puissant, et où la vie y est maîtresse. Je sens tout cela me prendre, me pénétrer pour envahir mon intérieur spirituel, me soulevant dans un dernier spasme de volonté inutil. Le sel me rappel encore et toujours cette mer bleue et noire, où l´écume n´est qu´étoiles, et ressacs une mélodie tellement douce qu´elle pose un voile apporté par le contact du vent... . La fraicheur de la falaise me donne une sensation de bloc, je me sens comme du granite, comme cette pierre grisonnate et friable, pourtant si forte et belle, je me sens entier, mais pourtant cassé et cette fraicheur ne me quitte pas, elle me nargue en se cachant en moi, là où je ne peux être que victime de sa force. La senteur des pins me ramène à mon triste sort, où la sève m´entoure bien que je ne puisse plus la voir.
Peu à peu, la senteur devient goût et la fraicheur se blotti dans ma gorge, ne s´échappant que par petite lampé vers mon esprit. Je goûte aisn mes derniers moment de vie, et ils seront les plus durs. Il ne me reste qu´eux pour me rendre compte de ce que je perd... et j´y prend faim, je deviens enragé de ne pouvroi saisir plus de fraicheur, plus de vie. J´ai enfin l´appétit pour cela, je sens mon interieur se pourfendre pour attraper cette fraicheur, essayant de l´avaler pour la garder là oû elle ne pourra s´échapper mais la faim me quitte aussi, et tout devient noir, et humide... .
Je ne peux que penser, que regretter de ne pas avoir dit avant ce que je voulais.
Mais ici il est trop tard pour regretter quoi que ce soit, je vole enfin vers mes larmes, où tous mes derniers instants me protègent... .
Angelus...