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Des chiffres alarmants.

EnSabahNur
EnSabahNur
Niveau 9
25 novembre 2007 à 08:24:31

:d) + 1,1 à 6,4 °C :g) Prévision d’augmentation de la température par rapport à 1990 d’ici 2100

:d) 1,40 mètre :g) Au rythme actuel (+ 3 mm par an de 1996 à 2006), voici ce que les océans pourraient avoir gagné d’ici la fin du siècle.

Vagues de chaleur, fortes précipitations plus fréquentes, cyclones tropicaux, typhons et ouragans plus intenses, disparition des espèces… Les scientifiques du GIEC, Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du Climat qualifient désormais d’“irréversibles” les dommages qu’entraîneront le réchauffement climatique.

Le GIEC avance aussi la donnée suivante: :d) 0,12% :g) du Produit mondial brut.
C’est l’investissement nécessaire chaque année d’ici à 2030 pour ralentir le phénomène du réchauffement climatique. Il a été établi à partir d’un recensement des technologies “propres” qui pourraient être mises en oeuvre.

La semaine dernière, le GIEC a adressé la synthèse de son quatrième rapport “aux décideurs”. Elle servira de base de travail à la Conférence sur le climat, à Bali début décembre, pour préparer l’après Kyoto.

Jean-Marc Jancovici, ingénieur expert en énergie et créateur du Bilan Carbone, le déchiffre.

Concrètement, que veut dire une augmentation de la température entre 1,1 à 6,4 degrés d’ici la fin du siècle?

Depuis le début de l’ère industrielle, la température planétaire a augmenté de 0,6 degré. Notre part de responsabilité ne fait plus de doute, mais elle est difficile à évaluer de manière très précise. Les conséquences ne sont pas instantanées, et les franchissements de seuils difficiles à positionner avec précision. Mais rappelons qu’il y a 20 000 ans, au dernier maximum glaciaire, la température planétaire était inférieure de 5° à ce qu’elle est actuellement et une grande partie de l’Europe était couverte de glace. Une amplitude de température comparable dans un délai d’un siècle serait un choc très rude.

Quand le GIEC parle de conséquences irréversibles, qu’est-ce que ça signifie?

Ce qui gouverne l’équilibre climatique à l’échelle du siècle ce n’est plus l’atmosphère, mais l’océan, doué d’une inertie extraordinaire. On pense que les effets du réchauffement sur le climat peuvent se résorber avec une baisse des émissions, mais c’est hélas faux. Les effets futurs dépendent des émissions d’aujourd’hui.

Affirmer que 0,12% du PIB mondial suffirait à lutter efficacement contre le réchauffement vous semble-t-il suffisant ?

Cela dépend du sens que l’on donne à ce 0,12%. Si cela signifie qu’au lieu d’avoir 4% de croissance par an en 2050 sans solution au problème climatique on a 3,88% par an en 2050 avec un problème climatique réglé, je suis sceptique. Pour le moment, la croissance mondiale ne peut subsister qu’en se nourrissant de ressources non renouvelables et en utilisant l’atmosphère comme réceptacle de nos émissions de CO2. Tout cela ne va pas continuer à 4% par an jusqu’en 2050, donc je ne sais pas définir ce qu’est une “croissance de référence” avec un problème climatique toujours en suspens. Et si nous nous attaquons au problème, ça concernera bien plus qu’un 1% du PIB !

Que faut-il pour éviter les problèmes ?

Pour moi, seule une taxation des énergies fossiles permettra de lutter contre le réchauffement climatique et de préparer la fin du pétrole peu cher. Il faut convaincre les opinions publiques que c’est une sorte de prime d’assurance. Mais la conversion n’est pas facile à opérer. Parce que l’on paie maintenant pour un risque futur.

L’instauration d’une taxe carbone à l’image de celle proposée dans le cadre du Grenelle de l’environnement?

Oui, c’est ça. Quant bien même nous serions les seuls à la mettre en place, elle sera bénéfique, parce que nous importons 99% de notre pétrole et 97% de notre gaz, et l’un comme l’autre vaudront bien plus cher un jour. Plus on anticipe la crise, moins elle nous touchera durement.

Sur le pétrole, à quel scénario de crise pouvons-nous nous attendre ?

Le président de Total lui-même déclare les espérances de production de l’Agence Internationale de l’Energie - 1,6% de croissance annuelle d’ici à 2023 - fantaisistes.
Certes la consommation ne cesse d’augmenter, mais cela ne va pas durer. Il y a donc un risque de récession d’ici cinq à dix ans. Ensuite, la question est de savoir ce que feront les pays détenteurs de charbon : Etats-Unis, Russie, Chine, Australie, Inde, et Afrique du Sud, qui possèdent ensemble plus de 80% du charbon mondial. Une augmentation forte des prix de l’énergie entraînera une hausse des prix à la consommation et une baisse de la productivité du travail.

Prônez-vous un nouveau modèle économique décroissant ?

Ce que je sais, c’est que si rien n’est fait maintenant, la rigueur économique s’imposera plus durement ensuite. L’opposition croissance/ décroissance n’est pas judicieuse, parce qu’on ne peut pas demander aux gens d’avoir envie de voir décroître un indicateur, alors que la seule chose qui nous intéresse est de le voir monter. Il faut abandonner le PIB, qui soit dit en passant ne mesure pas une richesse (un patrimoine) mais des revenus annuels. ces derniers peuvent très bien augmenter alors que nous allons à la ruine. Il faut utiliser un nouvel agrégat macro-économique, qui inclut le capital naturel, et prend en compte le coût environnemental de la production.

Vous avez un côté Cassandre…

On va dire que je suis pessimiste quand je regarde le constat et optimiste de nature. Mais il est clair que le défi est considérable…

http://environnement.geomagazine.fr/2007/11/22/des-chiffres-dalerte/#more-191

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