Autant jusqu'à la fin du CD1 j'étais scotché devant mon écran pour en savoir davantage, autant le fait que le CD2 soit aussi bâclé m'a complètement dégoûté du jeu.
Le scénario - complexe - mais moins "original" que ce que je pensais me semble tomber à plat puisque le "jeu" du CD 2, en tant que tel, est inexistant (les combats de boss s'enchaînent les uns à la suite des autres, tous les événements sont résumés, les donjons sont ultra brefs, etc.).
C'est un gâchis innommable. Et il y a même des longueurs dans les dialogues.
Franchement, autant le jeu est allé crescendo jusqu'à la fin du CD1, autant juste après, tout retombe comme un magnifique soufflet. Ce n'est pas la faute du scénario, ceci dit ; c'est la faute de ce qu'aurait pu donner le scénario s'il avait été mis en scène. Or, ce n'est pas le cas !
En fait, c'est simple : le CD2 ressemble à un ensemble de prises de notes des idées de l'auteur, éparpillées et jetées de façon éparse et schématique. Comme si Takahashi, avec ce CD, disait au joueur : "Alors, voilà, j'ai plus le temps et les sous de le traiter, mais dans l'ordre, j'avais imaginé :
- qu'en fait lui, c'était lui,
- qu'elle, c'était elle,
- qu'en fait lui et elle, c'était ça,
- et que, in fine, le tout, c'était ça.
Alors, à ce moment là, il y a ça qui se passe, puis ça, puis encore ça, et finalement, ça nous donne ça.
Bien sûr, au milieu de tout ça, il devait y avoir des donjons là, là et là. Et des boss, aussi. Ce boss-là que vous allez combattre... voilà c'est fait... celui-là aussi qui était plus fort et que vous allez combattre aussi... voilà, c'est fait aussi. Et puis finalement, cette cinématique là, qu'on a eu le temps de faire alors je vous la balance. Et puis après, il y a ça comme rebondissement dans le scénario. Ca vous en aurait bouché un coin si seulement vous aviez poireauté des heures en pensant à tort que telle chose était telle chose, mais bon, là, évidemment, vu qu'on résume, le rebondissement tombe un peu à plat puisqu'il y en a eu un il y a 10 minutes..."
Bref, c'est l'horreur, c'est agaçant et, perso, j'avais carrément envie de laisser tomber et de laisser l'histoire en plan... Les dialogues ont d'ailleurs tendance à être très redondants et assez "longués" (je songe notamment - MICRO-SPOILER DANS LA PARENTHESE - à tout le passage à propos de Lacan - /FIN DU SPOILER DANS LA PARENTHESE).
Au passage : beaucoup parlent de Nieztsche comme inspiration de Xenogears (et de Xenosaga par extension) et c'est en partie vraie. Mais en ce qui concerne le scénario de Xenogears à proprement parler, ce sont d'une part la Kabbale juive qui ont servi à "poser" les rôles des différents personnages mais - surtout - (et c'est beaucoup plus méconnu) ce qu'on appelle "le gnosticisme" (ou gnose chrétienne).
ATTENTION : GROS SPOILER POUR CEUX QUI CONNAISSENT LA GNOSE CHRETIENNE :
D'ailleurs, ceux qui connaissent le gnosticisme et qui jouent à Xenogears ne seront pas dépaysés : la trame "mythique" (et le fil du scénario) sont une adaptation futuriste stricte de la gnose chrétienne (le démiurge, la sophia, etc.). Du coup, personnellement, j'ai été un peu déçu de ce manque d'originalité.
/FIN DE GROS SPOILER.
Bref, pour résumer, autant le CD1 m'a franchement emballé, autant le CD2 me fait complètement déchanter. Mon opinion : Square Soft aurait mieux fait de ne pas sortir ce jeu du tout. Takahashi aurait ainsi pu exploiter ses idées ailleurs de façon plus complète et achevée.