Chez un sujet à personnalité structurée, les effets d´un usage à faibles doses restent circonscrits et les risques sont peu marqués tant sur le plan physique que psychique. Il n´en va pas de même chez certains sujets à personnalité fragile ou immature : on peut voir survenir des accidents psychiatriques parfois suffisamment graves pour imposer une hospitalisation. Le danger vient de ce que le THC tend à s´accumuler dans le cerveau, les glandes sexuelles et les autres tissus du corps. La différence entre les concentrations de THC selon le produit est très importante. Parmi les effets indésirables on cite des troubles de la vigilance ( accidents du travail, de la route), des levées des inhibitions ( frontière de la morale ) , des passages à l´acte suivant la personnalité du sujet ( agressivité, panique).
Le cannabis est habituellement fumé. Les effets sont rapides, correspondant à la classique " ivresse cannabique". L´ivresse cannabique se déroule classiquement selon quatre phases:
1.
phase de bien-être euphorique
2.
phase d´hyperesthésie sensorielle avec désorientation spatio-temporelles et euphorie = raptus anxieux
3.
phase extatique
4.
phase de sommeil et réveil
Le cannabis entraîne une modification des perceptions avec immersion dans l´expérience immédiate, allongement du temps vécu, embellissement des sensations auditives, et à forte dose transformation des perceptions visuelles et corporelles. La plupart du temps, ces changements sont assortis d´un état d´euphorie suivi d´une sédation qui débouche sur un sommeil de bonne qualité. Selon les sujets, il favorise la relation aux autres ou majore une attitude d´introversion.
Véritable anxiolytique, il induit néanmoins chez certains, de par le sentiment d´étrangeté de l´expérience, des états d´angoisse transitoires avec somatisations cardio-vasculaires possibles.
Sa toxicité organique, dans l´état actuel de la science est considérée comme bénigne. Au niveau psychologique, il ne peut être considéré comme induisant, en soi, l´escalade aux autres drogues.
Son emploi permet à certains sujets, par la sédation de l´angoisse et la facilitation de la relation aux autres, un étayage transitoire de leur personnalité. Chez d´autres, par contre, son usage exacerbe le repli et la mise à distance de la réalité, enrayant la possibilité d´une évolution positive.
Les effets néfastes du cannabis apparaissent après de longues années de consommation. Le THC atteint particulièrement les tissus conjonctifs, les poumons, les organes sexuels et les neurones.
