Les principaux enseignements de cette soirée viennent des ailes, dont le symbole est le but de Loïc Rémy sur un centre de l'inamovible attaquant de pointe Karim Benzema.
Karim Benzema est la chance de Loïc Rémy à l'heure de choisir un titulaire crédible sur l'une des deux ailes. Pas pour son centre parfait pour le marseillais, mais pour son style de jeu particulier qui favorise l'utilisation d'un ailier attiré vers l'axe du jeu. Exit Ménez et Ribéry. Choix simplement logique.
Tout d'abord, entendons-nous bien sur le terme "ailier". "Ailier" ne signifie en rien "dribbleur", sinon nous pouvons d'ores et déjà proposer à la FIFA de renommer le poste de Jérémy Ménez dribbleur. Ailier, ce n'est qu'un poste parmi tant d'autres, pas un style de jeu. J'entends ici et là qu'un ailier doit percuter sur son côté, que c'est son rôle premier. Fadaises. Le rôle de l'ailier, c'est attaquer. Peu importe les moyens utilisés, la technique utilisée, l'ailier attaque. Le recours aux dribbles est une alternative. Ménez et Ribéry sont des ailiers similaires, ce qui n'est pas le cas de Rémy.
Maintenant, parlons spécifiquement du cas "Équipe de France" dans une configuration où Karim Benzema joue à la pointe de l'attaque tricolore. Il reste deux attaquants. Quel attaquant pourrait-donc le mieux figurer aux côtés de Benzema dans une configuration 4-3-3 ? Prenons attaquant par attaquant :
Ménez -> Jérémy est du genre collé à la ligne de touche, jouant sur ses armes qui sont la pénétration par les dribbles et les accélérations soudaines. C'est ce qu'on peut appeler un joueur de couloir, un attaquant qui n'aime pas nécessairement rentrer dans l'axe pour offrir des solutions. Il évolue dans un registre passeur. Quel problème à cela me direz-vous ? Karim Benzema ne s'appelle ni David Trezeguet ni Miroslav Klose. Ce n'est pas un joueur axial dans sa démarche. Il bouge sur le terrain, vient volontiers sur les côtés percuter, profitant de son registre complet qui en fait un indispensable. Du coup, Jérémy apparaît inutile dans une configuration 4-3-3 avec Karim en pointe. Si Benzema n'est pas présent dans la surface de réparation en cas de "dezonage" de Benzema, qui pour reprendre son centre ? Pas Ménez, puisque ce n'est pas son jeu. Avec Chicharito, la perle de la Tricolor mexicaine, il n'y aurait eu aucun souci, ce dernier étant très majoritairement axial. Ce n'est clairement pas la bonne décision.
Ribéry -> Même constat que pour Jérémy Ménez, Benzema ne lui convient pas.
Rémy -> Loïc évolue dans un autre registre que ses partenaires. C'est principalement un buteur, un joueur ayant fait ses classes dans l'axe de l'attaque, tout en possédant des qualités athlétiques (vitesse, physiques) et techniques (jeu de tête notamment) intéressantes. Rémy a déjà joué ailier à Lyon, Lens et Marseille. Il connait le poste, les problèmes d'acclimatation sont donc moindres. Et c'est là que le style de jeu de Benzema le sert. Car intervient un élément essentiel dans le football, encore plus dans le football d'équipes nationales : la complémentarité. Loïc aime repiquer dans l'axe tandis que Karim aime percuter sur les ailes quand il le peut. Les permutations sont davantage facilitées entre les deux joueurs et surtout, cette option offre des possibilités supplémentaires dans l'axe, surtout quand le dernier ailier ne s'appelle pas Malouda, plus enclin à venir dans l'axe, même si ce n'est clairement pas sa tasse de thé. Loïc Rémy est la meilleure solution possible en deuxième attaquant dans cette configuration 4-3-3 made in Blanc.
Sur la forme du moment c'est même indiscutable, tant le marseillais est à son aise (12 buts lors des 15 derniers matchs avec l'OM). Il marque encore ce soir contre le Chili, justifiant du même coup sa titularisation.
Autre argument en sa faveur, le comportement de l'entrejeu français. Nasri et Martin ne sont pas des box-to-box anglais, ce genre de joueurs qui courent partout sur le terrain et dont les ambassadeurs s'appellent Frank Lampard et Steven Gerrard. Dès lors, la solution doit venir des ailes. Et donc de Loïc Rémy.
Cette analyse peut paraître assez paradoxale étant donné la prestation assez terne de Loïc dans le jeu, mais il est le joueur qui convient le mieux au 4-3-3 instauré par Laurent Blanc avec Karim en pointe.
Il est donc l'ailier gagnant de cette rentrée estivale. Et ça n'est pas pour me déplaire.
Pavé par moi.