Pourquoi voulons nous avoir raison ?
Pourquoi tant d’effort pour énoncer clairement des théories et des idées, et les défendre de diverses manières (raisonnement logiques, violence…) face aux autres ?
N’est-ce pas là une entreprise de transcription de nos ressentis intérieurs sous une forme susceptible d’être entendue et comprise par tous, dans un but d’affirmation de soi ; pour exister, donner du sens à notre vie, faire sa place dans le monde, vaincre sa profonde solitude subjective, affirmer son être et lui donner une dimension divine, car universelle (vérité, idée, théorie).
Convaincre l’autre, n’est-ce pas s’affirmer inconsciemment (ou pas) comme supérieur à lui ? Or en convaincant les hommes, en faisant accepter ses théories aux hommes, ne se place t-on pas au dessus d’eux, entre Dieu et les hommes ou à la place de Dieu ?
On pourrait dire que celui qui a convaincu n’a fait que découvrir une théorie ou une vérité qu’il a communiqué, et qu’en cela il n’est que découvreur et pas créateur, pas divinité. Mais « découvrir » comme « enlever le couvercle », suppose l’existence a priori de ce qui se trouve sous le couvercle. Or le père d’un système de pensée ou d´une philosophie, comme Hitler ou Descartes (!), en est le créateur, non le découvreur…Il ne découvre pas une manière d’expliquer mieux l’être humain, il la crée.
A l’échelle de chacun, cette petite victoire qu’est de convaincre une autre personne, s’inscrit donc dans cette recherche d’élévation de notre être par la domination de l’autre. Que fait le croyant à part adorer celui qui l’a convaincu qu’il possédait la vérité : Dieu ?
Que fait-on lorsqu’on affirme détenir la vérité et qu’on cherche à l’imposer ?
On affirme sa divinité.
On veut que son humanité (sa subjectivité) soit l’humanité.
Je vous laisse continuer. (si vous en êtes capable)