http://fr.youtube.com/watch?v=0VAB-AFqM9c Rohff - Galaxy ( " Combien de mc j'me farcie , Combien de Passi je licensie ? " )
L'itw de Rohff sur Rap Mag pour ceux que ça interesse :
" Le code de l'horreur " est ton cinquième album. Dans quel état d'esprit l'as-tu abordé ?
Je pars toujours dans l'optique de faire un truc que je n'avais jamais fait avant. J'essaie de trouver quelque chose d'original, d'améliorer mes formules, mes enchaînements. Ce que je veux, c'est expliquer le mieux possible ce que je vois autour de moi pour être compris par le plus grand nombre. J'impose des images par le biais de formules, de métaphores, par ma façon d'écrire...J'essaie de faire passer de l'émotion.
As-tu aussi travaillé pour faire évoluer ton flow ?
Pas vraiment. Ca sort comme ça sort, même si je veille à ne pas reproduire deux fois la même chose. Dans cet album, j'ai recherché la variété au niveau des flows. J'ai cherché à être polyvalent. C'est aussi pour cette raison que j'aime bien qu'on parle de moi comme d'un artiste. Un artiste est polyvalent. Il doit savoir tout faire: ralentir la cadence, accélérer, écrire simplement tout en étant efficace, donner de vraies images...
Ton intro s'appelle " Rap Game ", c'est donc un sujet brûlant...Tu dis : " Ils s'improvisent rappeurs, producteurs, gangsters..."
C'est vrai. Aujourd'hui, tout le monde rappe, tout le monde veut rapper. Du coup, il n'y a plus de public, plus d'auditeurs, il n'y a plus que des rappeurs et tout le monde se donne le droit de critiquer. Tout le monde vient dans le rap game, sans savoir pourquoi, ni d'où ça vient, sans avoir les bagages. Du coup, il y a une baisse de niveau considérable. C'est pour ça que je ne me sens pas dans le rap français. Ma seule concurrence vient de moi. Les gens qui me comparent à d'autres rappeurs le font parce qu'ils ont besoin d'histoires, de sensations...On me raconte ce qui se dit sur internet mais pour moi, Internet c'est comme la Seine, c'est un dépôt d'ordures. Je vois ma musique comme du Destop. Elle est là pour déboucher les oreilles de ceux qui ont l'habitude d'écouter de la merde. On est des précurseurs, des avant-gardistes mais aussi des bouc-émissaires. Les gens sont habitués à du rap français classique. Quand j'ai lancé " La grande classe ", on m'a dit " j'aime pas ". Trois semaines plus tard, les avis avaient changé...Je m'en inquiétais presque. Je me disais: " quand je vais arriver, ils ne vont pas comprendre..." On m'a dit que c'était toujours comme ça, que c'était à moi de casser tout ça.
Dans le morceau " L'expression du malaise ", tu es très politique, très social, très engagé. Pourtant tu es plus reconnu pour tes égotrips que pour ce type de morceau. Cela te gêne-t-il ?
Les égotrips, ça reste ma spécialité et ceux qui veulent venir sur mon terrain vont glisser...Je n'ai pas de problème avec le fait que mes morceaux politiques soient moins visibles que les autres. J'ai débuté par ça. Dans " Le code de l'honneur ", il y avait beaucoup de textes sur l'Etat, le système, des textes dénonciateurs. Dans " L'expression du malaise ", je réagis à ce que j'entends dans le rap où beaucoup d'idées vont dans le sens de ce que préconise Sarkozy. Je suis contre ça, je voulais le dire. On ne peut pas laisser faire ça...
L'album te sert-il à rétablir certaines vérités ?
J'ai un morceau qui s'appelle " Le testament " sur lequel je fais un petit retour sur ça. Je ne voulais pas en faire tout un morceau. Si je devais faire un morceau à chaque fois qu'il arrive un truc de fou, je ne ferais que ça. Mais je ne suis pas comme ça. Je ne m'arrête pas sur ces histoires. Je reste responsable de mes actes et de mes mots mais je suis passé à autre chose...