Je le poste plus par habitude qu'autre chose, je sais pas si ça va intéresser quelqu'un. T'y étais finalement, Khamsou ?
Eurockéennes 2012
Fin avril, la programmation de l'édition 2012 des eurockéennes tombe enfin. Et me ravit d'emblée. Cela faisait des années que ce n'était pas arrivé. Était elle réellement meilleure que les précédentes ? Étais-je devenu moins exigent, particulièrement puisqu'à chaque déception succédaient ordinairement les bonnes surprises ? A force d'être finalement et inévitablement détrompé quant à mes craintes sur le programme une fois sur place, même si c'était dans une moindre mesure l'an dernier ? Année charnière, qui vit la disparition d'une scène et d'une vingtaine de groupe par an et une transformation majeure du site, pour le meilleur comme pour le pire, l'édition 2011 fut vivement critiquée sur internet, du moins sur des détails techniques. Les organisateurs allaient ils prendre en considération les diverses propositions et remarques de leur public ? Cette édition allait elle me réconcilier avec les eurockéennes ? L'histoire d'amour qui m'y lie depuis 2005 allait elle surpasser la petite crise subie l'année précédente ?
Tout commençait sous les meilleures auspices, j'étais enthousiaste quant à la programmation (même si un peu refroidi quand les horaires sont tombés : d'immenses vides précédaient des concentrations ingérables de bons groupes...), et l'organisation répondait positivement à l'une des critiques les plus récurrentes chez les vieux loubards eurockéens : le retour du jeudi soir au camping ! Cette soirée immanquable m'avait cependant diablement manquée en 2011, et j'eus la confirmation que je n'étais pas le seul : ce fut sans aucun doute la soirée la plus marquante et festive au camping. Tout frais encore, les festivaliers donnent le maximum, ça hurle dans tous les sens, les délires se multiplient, les apéros se succèdent ; voilà les eurockéennes!
Une scène m'a particulièrement marquée, et se révèle incroyablement annonciatrice : alors que, depuis longtemps déjà, les éclairs au loin illuminent ponctuellement le ciel de toute leur majestuosité, dérobant de cours instants à la nuit ses mystères, ces phares éphémères se rapprochent, lentement mais sûrement de nous. Phénomène à expliquer, cela à pour effet de galvaniser la foule, qui se réunit spontanément en une sorte de procession, sans but ni destination apparents, mais qui marche quand même, peut être vers ce ciel splendide qu'on aperçoit maintenant en quasi permanence totalement illuminé. Et à chaque nouveau grondement, à chaque nouvel embrasement, la foule s’époumone de joie, semble comme célébrer la puissance et la beauté de la nature ! Et là, badaboum ! sans sommation une pluie diluvienne et glacée s'abat de toute sa force sur cette assemblée, qui passe instantanément de bouillonnante à frissonnante et paniquée. C'est une vision apocalyptique qui suit : au milieu des éclairs, tout le monde hurle à la mort et court dans tous les sens s'abriter. Vraiment, une vision de fin du monde, mais plutôt comique ! Ce n'est heureusement qu'une averse, et si elle élague quelque peu les rangs, les survivants restent assez nombreux pour terminer cette matinée comme la soirée avait commencée, c'est à dire au mieux.
La pluie a au moins un avantage : elle rafraîchit l'air et la chaleur met une bonne heure en plus, voire deux, à vous réveiller le matin. Et ce bonus est plus qu'appréciable quand il double presque parfois votre temps de sommeil ! Le soleil tape cependant très vite et très fort, Trent bénisse les pistolets à eau. Après une après midi ordinaire au camping, glande, chansons et début d'apéro, il est temps de se mettre en route pour le site. Les rails répondent toujours présents, et c'est avec un sourire béat aux lèvres que j'entame cette torture physique pourtant si réjouissante. Une grosse demi-heure plus tard, on arrive enfin à l'entrée du site. Mais ce n'est qu'une nouvelle grosse demi-heure plus tard que j'entre effectivement sur le site, quel bordel c'était ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi ils ne s'inspirent pas des festivals belges ou anglais, où un bracelet en tissu fermé par une machine permet de passer sans bouchons ni complications les contrôles. Non, les campeurs n'ont le droit qu'à un immonde bracelet en papier jaune qui est noir dès le vendredi matin...
Bref, du coup j'ai totalement loupé Hank Williams III, même si je ne voulais qu'y jeter un coup d'oeil, et c'est Amadou et Mariam que j'entends en premier lieu. Le seul intérêt que je porte à ce concert, c'est que Bertand Cantat est sensé y apparaître. Mais il n'y est pas quand j'arrive, et, alors que la chaleur et le whisky coca associés m'alourdissent, que je n'aime pas particulièrement la chanson qu'ils ont fait ensemble, tout comme je n'apprécie pas vraiment le concert, alors qu'il est peut être déjà venu sur scène et que je dois retrouver des gens à la Grande Scène pour Dionysos, alors je pars en me disant tant pis. La plus grosse erreur que j'ai faite cette année. Apparemment je suis tombé sur le quart d'heure où Cantat N'était PAS là. Parce que, oui, à part ça il était tout le temps sur scène avec eux, au début et toute la demi-heure de fin, où il a, entre autre, chanter Whole Lotta Love de Led Zeppelin... Je n'ai plus rien à ajouter, je ne veux même plus y penser... MERDRE !!!
Si au moins le concert de Dionysos avait valu le coup... Mais la réponse est franchement non. Si j'apprécie la première grosse demi-heure, j'ai tout de même l'impression que c'est moins pêchu et que ça semble moins spontané que leur concert de 2006. Mathias Malzieu joue le fou comme à son habitude, mais il m’apparaît étrangement comme presque mou, pas habité du tout, comme un triste automate. S'ils arrivent à ne pas foirer totalement leurs tires les plus efficaces, qui se suffisent peut être à eux même, les nouvelles chansons ne m'emballent pas du tout, et la très longue dernière demi-heure est juste chaotique et cacophonique. A trop rallonger une dernière chanson qui n'en valait vraiment pas la peine, tandis que Mathias se perdait dans le public comme par habitude, ils m'ont presque endormi, agacé en tout cas. C'est amusant, le chanteur nous a un instant parlé de son premier concert aux eurockéennes, sur le camping en 1996 ! J'ai instantanément eu cette idée en tête, alors que le soleil se couchait derrière la scène : c'est un groupe qui parle de son aube alors qu'on assiste à son crépuscule.
Je me dirige donc vers la Loggia, qui a encore été modifiée. C'est, je crois, la cinquième Loggia différente que je vois, ils se cherchent avec cette scène. En tout cas là c'est plus qu'une bonne idée, car celle de l'an dernier était immonde, avec son accès impossible et sa petitesse étouffante. Problème réglé, la scène fait maintenant face à la Grande Scène, et est donc totalement ouverte. Il n'y aura, évidement et en conséquence, aucun chevauchement de concert entre les deux scènes. Moi elle me satisfait pleinement cette Loggia. Et le premier concert que j'y fais est excellent, enfin ! Näo est un groupe franc-comtois d' «éléctro-rock progressif», je pense que c'est le meilleur moyen de les décrire. C'est surtout une immense claque dans ma gueule et un moment hors du temps comme je les apprécie tout particulièrement. Ils m'ont fait m'envoler vers d'autres horizons, voyager sur leurs mélodies envoûtantes et me lâcher totalement sur des rythmes assez dantesques. On n'était pas très loin du trip hop par moment, les phases harmonieuses et célestes s’entremêlant à des instantanés de bravoure fiévreuse.
Merci pour le trip, et j'espère à très bientôt.
Pensant continuer à naviguer entre le psychédélisme et la nervosité, mais dans un cadre encore plus adapté, la divine Plage, je cours presque vers ce qui fut l'une des meilleures surprises de cette programmation : The Mars Volta. Mais, si mes yeux sont instantanément comblés, mes oreilles souffrent : c'est inaudible ! Je ne distingue aucun instrument et la musique semble venir de kilomètres au loin dans une sorte de bouillie inappréciable. Quelle déception !
C'est la mort dans l'âme que je quitte la scène et le groupe, pour me diriger vers la Green Room, dont j'espère que les problèmes de sons récurrents de l'an dernier ne vont pas gâcher le concert des excellents C2C. Les premières secondes du concert me rassurent au delà de toutes espérances : BOOOM ! Putain elle envoie sévère, les basses sont bien rondes, elles claquent, nous encerclent et nous aplatissent, mais les médiums et les aiguës restent clairs et bien distincts ; vraiment je suis sur le cul, chapeau !
Mais un bon matos et un bon réglage ne font pas tout : c'est le groupe qui est aux commandes du son, et qui le manie avec une aisance confinant à la provocation. C'est bien simple, nous furent leurs jouets volontaires et ravis de l'être durant tout le concert. C'est ce coté ludique qui ressort le plus quand je repense à leur show : quatre virtuoses, jouant entre eux dans une harmonie la plus complète, jouant avec la musique comme des gamins indécemment doués, jouant, enfin, avec leur public, qui ne peut qu'en demander encore plus. C'est sans aucun doute le concert le plus festif de ces eurockéennes, il est passé comme un éclair, et certains illuminent à nouveau le ciel, mais qu'il était intense !
C'est abasourdi par le concert que je retourne à la Grande Scène pour Shaka Ponk, sans grande conviction à la base, je le concède. Mais là, après C2C, après avoir vu ces virtuoses qui avaient une telle maîtrise de leur son, qui jouaient si divinement bien avec pour sortir des morceaux d'une complexité insoupçonnée et qui restaient pourtant si festifs, après C2C je ne pouvais décemment pas apprécier Shaka Ponk. Certes c'est efficace, mais ça m'est rapidement apparu comme un grand n'importe quoi, un truc foutraque et pas beau, presque ridicule de facilité. Le contraste était trop grand, le gouffre trop profond. Et je n'aurais jamais cru dire ça, mais le son de la Green Room me manquait.
A la limite de l'agacement, je préfère fuir pour la Plage qui m'a tant manquée cette journée, plus pour la scène que pour le groupe qui y passe, Factory Floor. C'est de la minimale, que je n'apprécie que si elle est vraiment bonne et si je suis dans l'ambiance, ce qui ne me semble pas le cas sur le coup. Je me pose donc dans un premier temps, puis me décide à me lever et à fermer les yeux. Et le groupe se charge aisément de me mettre dans l'ambiance. J'y retrouve rapidement ce que j'aime dans la minimale : une avancée subtile dans les morceaux, un agencement de sons qui t'emportent petit à petit, une musique qui se transforme presque imperceptiblement mais dont ton corps suit instinctivement les variations. Finalement très bonne surprise, pas le concert de l'année, ni même l'idéal pour finir la journée, mais un bon concert sur la plage, ça n'a pas de prix.
Je trouve le camping assez léthargique à mon retour, mais je le suis tout autant et plutôt que faire un tour dans ce camping presque silencieux, je préfère finir ma soirée posé au 17, à enchaîner les fous rires entre bons amis.
La chaleur est à son comble le samedi après midi et endort mes potes, qui, vieilles loques, ne se motivent pas à bouger tôt sur le site. J'avoue moi même, après l'ignoble souvenir du samedi 2011, je ne suis pas très chaud à bouger voir les tout premiers groupes, certes sympathiques, pour n'avoir rien d'autre qui m’intéresse pendant trois longues heures, et encore moins tout seul. Tant pis, je ne bouge que pour Kavinsky, qui joue à 20h50. Dire que j'avais l'habitude d'être sur le site sur les 17h...
J'attendais ce samedi avec impatience, il promettait d'être le meilleur jour, avec, en particulier, la Plage à Pédro, où devait s'enchaîner sans pause de l'éléctro de 20h à 2h30.Quand j'arrive c'est donc Kavinsky qui se met en place, et, horreur, la plage est bondée, totalement surchargée, et semble définitivement inaccessible. Or le son de la Plage ne porte pas énormément, et même à une distance outrageuse de la scène, remuer un doigt est une gageure. Lâchant l'affaire, j'espère que ça se dégorgera pour les concerts suivants et je me dirige vers une solution de secours : Dropckick Murphys à la Grande Scène.
Mais je n'ai même pas le temps d'assister à une chanson que la pluie s'abat soudainement, et les éclairs qu'on apercevait depuis un moment au loin ne le sont plus du tout, loin. Le son est coupé, le groupe s'en va, la fosse de la Grande Scène se vide. Les stands vendant des imperméables sont dévalisés et la boue, invitée la plus marquante de cette édition 2012 fait son apparition. Et là c'est l'incertitude. S'abritant où l'on pouvait, c'est à dire nulle part puisque les Eurockéennes sont maintenant dépourvues de toute scène couverte, on endure la pluie, le vent et le froid, la tête pleine de questions. Plus aucune basse ne retentit au loin, c'est le silence sur le site du Malsaucy, les lumières sont éteintes, on est dans le noir et dans le flou : que va t-il se passer ? Les concerts vont ils reprendre ? La journée va t-elle être annulée ? L'édition entière peut être ? Un message est finalement transmis via les écrans géants, mais il ne précise rien, si ce n'est que nous serons informés de l'évolution de la situation. Les minutes passent, une heure, peut être deux, tandis qu'on patiente à coté de l'écran de la Green Room, sans que rien ne se passe.
Et alors, enfin ! on entend des tests sons depuis la scène de la Green Room. Si les horaires sont respectés, c'est les tarés de Die Antwoord qui doivent apparaître. Et ils le font ! Quel bonheur d'entendre de grosses basses après avoir craint que le silence perdure ! Quelle joie de voir un groupe sur scène et la foule affluer à nouveau, un peu diminuée peut être, mais c'est un bon point. Pour fêter le retour des Eurockéennes, j'ai envie de me lâcher et de m'éclater comme jamais, et Die Antwoord tombait donc à pic. Ces Sud-Africains sont complètement décalés, délicieusement mabouls, jusque dans leur langue étrange, qui fait penser à tant de monde qu'ils sont Allemands. Dans un mélange détonnant de hip hop et d'éléctro, ils enflamment la foule, l'embrasent de leur puissance. Quel pied ! Le seul défaut du concert, c'est qu'il s'arrête si rapidement qu'on a du mal à y croire. Le groupe ne jouait que trois quart d'heure, ce qui est très peu, surtout si, dans les faits, on a l'impression qu'il n'en a duré qu'un seul.
Il y a heureusement un bon coté à ça : je n'ai raté que le tout début de The Cure, puisque celui ci a été décalé. Je les avais rapidement aperçu au Bestival, j'avais apprécié ce que j'en avais vu, mais n'avait pas pu rester. Là je me suis dis qu'il était quand même gonflé de les rater deux fois alors que j'avais l'occasion de les voir, même si je n'en écoute pas vraiment, c'est un groupe culte. Et ce concert m'a confirmé que ce n'était pas pour rien. Il leur suffit d'une petite minute pour m'emporter totalement. Je me sens comme un athé qui tenterait de définir la transsubstantiation, donc je ferai court sur ce concert. Disons simplement que c'était le meilleur de cette année. On peut dire ce qu'on veut, l’expérience fait beaucoup : c'était rodé, impeccable à tous les niveaux, le son niquel, les lumières et la scène sublimes, un professionnalisme fou mais qui n'entachait en rien une vraie émotion, une réelle spontanéité, un plaisir à faire de la musique. Un concert d'une pureté et d'une intensité inégalées cette année. L'éléctro, le hip hop, c'est sûr c'est très bien, on adore danser dessus, c'est festif. Mais merde, qu'est ce que c'est bon a fucking rock show ! Surtout quand il est aussi harmonieux et empli de divines mélodies comme celui ci, sans pour autant daigner nous faire sauter sur place de temps en temps. Et quelle diversité de style ! Moi qui trouvait que toutes les chansons du groupe se ressemblaient, j'ai été magnifiquement détrompé. Assurant dans tous les registres, il me font penser à une quantité incroyable de groupe qu'ils ont inspirés, durant une chanson j'ai même cru assister à un concert d'Archive. Tous les classiques y sont passés, ça, il est pas radin Robert Smith, 2h30 de concert, c'est son minimum syndical. Je ne peux que dire merci.
Pensant peut être voir un bout de SebastIan sur la plage, je redescends de mon nuage quand j'apprends que la Plage est, elle, définitivement fermée pour la journée. Le samedi éléctro tombe à l'eau... C'est mort aussi pour Scream & Benga, je suis dégoûté ! Je passe donc en face, à la Loggia, pour tuer le temps avec un groupe qui ne me tentait pas du tout, Marie Madeleine. Et il se confirme rapidement que je n'ai rien à faire là : quelle sombre merde ! Je bouge faire un tour avant de revenir pour Justice, là encore sans conviction. † était un album excellent, et pourtant leurs concerts de l'époque étaient assez mauvais. Alors avec un album mauvais à la base, qu'est ce que cela allait donner ? Et bien un concert de Justice comme dans mes souvenirs : facile, lent et répétitif, sans saveur. Avec toujours cette manie de faire interminablement monter la sauce pour des explosions rares et décevantes...
Je suis aussi sans doute trop loin pour être vraiment dedans, mais ils ne me donnent envie d'approcher. Je suis trempé, frigorifié, couvert de boue et la pluie ne cesse de feinter disparaître pour revenir de plus belle. Lorsqu'ils massacrent la pourtant excellente DVNO, je me barre.
La nuit est semblable, voire pire, que la fin de journée, la pluie ne semble plus vouloir s’arrêter, et elle est toujours là quand je me réveille. Au moins ai-je pu dormir comme un bébé, et comme jamais aussi longtemps aux eurockéennes. Les averses se font de plus en plus rares tandis que s'écoule l'après midi. Je décide avec grand regret de commettre l’impensable : rater Brian Jonestown Massacre. C'était à 17h et rien ne m'intéressait ensuite avant 21h15, avant Jack White et Chinese Man, qui jouaient en même temps. Les deux meilleurs groupes de la journée, et de loin, quel gâchis !
Ce sera évidement Jack White, la question ne se pose pas. Les White Stripes c'est mon plus gros regret, LE groupe que j'ai raté, le seul de mes groupes majeurs qui tournaient encore quand j'ai commencé les concerts mais qui manque à mon tableau de chasse. Voir Jack White a la batterie des Dead Weather en 2010 était plus frustrant qu'autre chose, c'est pourquoi c'était le nom qui me donnait le plus envie de l'affiche. En particulier puisque j'aime beaucoup son album solo, Blunderbuss, mais aussi et surtout parce que j'avais vu, avec setlist,fm, qu'il faisait invariablement un bon nombre de chansons des White Stripes. Le voir à la guitare, chanter du White Stripes, le rêve...
J'arrive donc en avance pour me placer relativement près, et j'attends de pied ferme le petit génie de Détroit. Son groupe de fille investit la scène, et il les suit rapidement pour lancer la très bonne et pleine d'énergie Sixteen Saltine. La foule semble conquise, mais elle s’enflamme doublement quand il commence Dead Leaves and the Dirty Ground. Je suis aux anges, du White Stripes en concert, avec Jack White au chant et à la guitare, foutu virtuose qui m'en met plein les oreilles ! Et dans une version pas mauvaise du tout, avec l'ajout d'instruments qui s'additionnent avec grâce au morceau original. Missing Piece suit, puis Love Interuption, très bon single de Blunderbuss, et un moment plein de charme, avec une chanteuse à la voix assez incroyable et à la technique irréprochable. Hotel Yorba, nouveau morceau des White Stripes et nouvel instant de bravoure. Suit Top Yourself des Raconteurs, Jack White revisite tous ses succès, et le fait avec talent, et quel charisme, quelle aura ! Après quelques autres très bonnes chanson de son album, il annonce We're going to be Friends, l'entame une seconde, mais le son est brutalement coupé. Il l'a terminera en acoustique, j'étais malheureusement trop loin pour l'entendre. Le retour se fait sur l'une des très bonnes chansons des Dead Weathers, Blue Blood Blues, efficace et nerveuse. Mais ce n'est rien face à la suivante. Quand résonne le premier riff, je n'y crois pas tout de suite, cette chanson est rarissime durant cette tournée. Mais si, c'est bien The Hardest Button to Button, une des chansons les plus emblématiques des White Stripes, et une des mes préférées. Le fait que je ne m'y attendais pas amplifie encore ma joie, et je m’époumone en hurlant les paroles comme un damné. La chanson ne me sortira pas de la tête de la soirée, que c'était bon !
Citons encore Bail and Biscuit, très bonne et évidement ce final génial sur cette chanson que je n'espérais plus jamais entendre en concert, l'hymne Seven Nation Army. Inutile de dire que la foule était électrifiée, quand on sort un morceau aussi imparable, le Smoke on the Water des années 2000, ça ne peut que faire mouche. Le public est fou, moi aussi, et Jack se lâche totalement sur sa guitare, quel plaisir de l'entendre jouer. Il fut un régal durant tout le concert, que ce soit à la guitare électrique où il sortait des sons aussi improbables que diablement efficaces, ou à l'acoustique où il rappelait que les racines des White Stripes se trouve aussi dans le blues, et qu'il excelle dans ce genre. Tu m'as comblé, merci Jack !
Après une pause ravitaillement, je traverse la Green Room ou Orelsan se trouve. Non, définitivement, je ne comprends pas ce qu'on peut trouver à ce gars : les arrangements n'ont rien pour eux, les paroles tentent de masquer leur pauvreté par un humour approximatif et douteux, et la voix du gars est simplement atroce et insupportable... Bref je suis pas convaincu, et Dope D.O.D. à la Loggia doivent envoyer du son bien plus lourd.
La réponse est clairement oui, je me suis bien défoulé sur un son old school pêchu et rudement efficace.
Pour continuer avec des basses bien lourdes, il suffit de passer en face, où les plus si mythiques Cypress Hill, puisqu'ils sont dans TOUS les festivals depuis trois ans, vont sans doute tout de même mettre le feu. Dès le début du concert, la Grande Scène s'enflamme comme prévue, c'est peut être du déjà vu, mais c'est du lourd. Ils enchaînent, rallongent, mélangent leur plus gros tubes, dans un exercice mécanique qui, si il manque un peu de spontanéité, n'en demeure pas moins imparable. Alors on danse, évidement.
Pour autant je parviens à m'extirper du concert pour me diriger vers un autre qui sera forcément plus frais et sincère, puisqu'il s'agit de Carbon Airways duo familial composé d'une sœur de 16 ans au chant, et d'un gamin de 15 ans aux platines. Détail qui a son importance : ils font de l'électro ultra violent et ravageur. Et, bordel, ils le font bien.
Ce sera mon dernier concert cette année, je le sais et je suis ravi que ce soit avec eux. C'est sans doute le concert où je me suis le plus lâché, à danser comme un cinglé sur leurs rythmes frénétiques et brutaux, avec toujours un œil amusé sur la scène, où deux gamins sortent ce son que ne renieraient pas les teufeurs les plus hardcores.
Le gamin est super doué, il ira loin. Sans sa sœur peut être, dispensable... Mais ne boudons pas notre plaisir, c'était l'un des meilleurs concerts de cette année, et un excellent moyen de la conclure.
Enfin ce n'est pas tout à fait la fin, puisqu'il semble maintenant devenue une tradition que le festival se termine par un spectacle à la Plage. Je l'ai si dramatiquement peu vu cette année, il faut en profiter une dernière fois.
C'est la Cie Transe Express qui était en charge d'assurer la magie cette année. Lorsque l'on arrive, un char avec des musiciens, où deux acrobates sont les baguettes humaines d'une immense grosse caisse formant le centre du véhicule, se déplace parmi la foule, pour un concert au milieu de la fumée et des artifices. Amusant une minute, le spectacle s'éternise et on se demande si c'est là tout ce qui est prévu. Sur la scène une chorale décalée entame tout compte fait la chansonnette. Certes, et ?
Finalement le gros du spectacle est lancé : c'est une machine se déplacant en l'air grâce à une grue où sont suspendus violonistes et acrobates, ainsi qu'une chanteuse lyrique, tous en sublimes costumes, qui chantent et jouent littéralement au dessus de nos têtes. Là encore, si les premières minutes on est agréablement surpris, on s’ennuie ferme assez rapidement. Oui c'est plutôt joli, ce n'est pas renversant non plus. Et oui la chanteuse est très douée, mais la musique ne transcende vraiment pas, tant d'artifices ne remplacent pas des bonnes chansons.
Fort heureusement, pour ne pas terminer cette édition par une énième déception, la finale est l'immense Kashmir de Led Zeppelin, dans une version d'une extrême originalité, où le riff de guitare est reprit par les percussions, avec cette chorale, ces cordes et cette chanteuse lyrique volant au dessus de nos têtes. C'était un aperçu de ce qu'aurait pu être la performance si toutes les chansons étaient au moins moitié aussi bonnes : un excellent spectacle.
Je ne rêve alors plus que d'une chose : m'asseoir ! Le site étant couvert de boue et la pluie revenant toujours par intermittence, cela fait des heures et des heures que je suis debout. Mais il faut d’abord affronter les rails une dernière fois, l'exercice est cependant presque mécanique et une fois au camping je m'affale dans ma chaise et n'en bouge plus que pour aller dormir bien plus tard. Les tentes, si nombreuses la veille, nous étions 17,000 campeurs, record absolu, clairsèment maintenant le site. Ceux qui sont restés dorment, vaincus par la fatigue et le froid, par la pluie et la boue. Je quitte les eurockéennes le lendemain matin, avec un sentiment assez mitigé, ne sachant trop que penser de cette cuvée 2012.
Et bien, avec le recul, quel bilan ? L'an dernier, j'ai dit que l'édition 2011 était sans doute la moins bonne à laquelle j'ai participé. C'était parce que je n'avais pas encore vécu la 2012.
Si la programmation sur le papier apparaissait bonne, dans les faits on avait qu'une poignée de bons groupes par jour, et encore, souvent en même temps. J'ai trouvé les horaires mal fichus, avec souvent des groupes similaires qui jouaient simultanément, créant invariablement des creux ou des choix cornéliens.
Et ce chiffre indubitable : 10 concerts. C'est que j'ai vu si je ne compte que ceux où j'ai vu plus d'une demi-heure. Pour comparer j'ai fait une moyenne des concerts de 2007 à 2010, où je voyais près d'une trentaine de groupes chaque année. Trois fois moins, j'ai vu trois fois moins de concert cette année.
Alors évidement c'est aussi ma faute, je suis allé tardivement sur le site tous les jours, mais c'est aussi les groupes proposés qui ne donnaient pas envie. Et encore une fois, 59 groupes contre 79 en 2006, 82 en 2007,81 en 2008... La diversité n'est simplement plus aussi importante, la richesse de l'offre définitivement diminuée. Et pourtant, cette année ils n'ont pas eu trop de frais : exit la sympathique Silent Beach, exit les décorations du site, qui était tristement épuré cette année, exit le warm up au camping le jeudi soir, à peine avions nous le droit à un vieux stand de beach soccer. On se demande où passe l'argent, surtout que les têtes d'affiches n'étaient pas vraiment légion. Quand je vois la programmation des Vieilles Charrues je me dis que les Eurockéennes font dans le service minimum.
Cette année a aussi évidement été gâchée par le temps, c'est dingue comme une chose aussi imprévisible et incontrôlable peut totalement changer le cours d'un festival. On m'a toujours parlé des eurocks sous la pluie, dans la boue, mais mes sept précédentes éditions s'étaient déroulées sous le soleil ou sous quelques rares averses. En 2012 j'ai vu ce qu'étaient des eurockéennes pluvieuses. Il semble que les organisateurs avaient eux aussi perdu l'habitude, car si lors d'un festival comme Dour il pleut tout le temps, cela reste supportable parce que des efforts sont faits. Mais au Malsaucy toutes les scènes sont ouvertes, il n'y a aucun endroit pour s'abriter et ils n'ont pas été foutus de nous mettre de la paille ou des planches de bois pour faciliter les déplacements. Trent bénisse les bottes, elles m'ont été vitales, car la montée vers la Grande Scène n'a jamais été aussi casse gueule. Ma plus grosse crainte depuis que j'y vais, qu'un jour soit carrément annulé, n'est pas passée loin, mais on n'y a heureusement échappée. Dommage toutefois pour la Plage à Pédro, qui m'a douloureusement manquée.
Pour souligner les points positifs il faut saluer les efforts faits : retour du jeudi soir, meilleure organisation du camping, où les chemins restaient des chemins et ce malgré l’affluence record, et métamorphose sonore de la Green Room, simplement bluffante. La Loggia était très bien cette année également, espérons qu'elle reste ainsi.
Car j'y retournerai, évidement. Même si quelque chose est brisé, si l'attente ne sera plus la même,les eurockéennes et moi c'est une histoire qui perdurera. En espérant de plus beaux lendemains...
J'ai decouvert Engel et Fleshgod Apocalypse, on connait? ![]()
NadaSurf en concert sur France 4 là ![]()
J'ai tout lu Haloforever.
Un rêve que de voir Jack White en concert, un jour j'espère.
Si j'ai le courage j'essaierai de faire un compte-rendu de mon Sziget 2012. ![]()
L'électro coréenne.
http://www.youtube.com/watch?v=9bZkp7q19f0
Il y a quoi au Sziget cette année ?
The Roots, The XX, The Subways, The Horrors, The Killers, Snoop Dogg, The Stone roses, Ciizens!, Anna Calvi, Friendly Fires, Agnes Obel, Dope DOD, Crookers, Azari & III, SebastiAn, Netsky, Crystal Fighters, Steve Aoki, Flux Pavillion, dEUS...
C'est déjà selectif, j'pourrais aussi rajouter : Sum41, LMFAO, Axwell, 1995, Shakaponk, Tiga, Korn, Placebo mais j'irai sûrement pas les voir.
"Crookers, Azari & III, SebastiAn, Netsky, Steve Aoki, Flux Pavillion"
![]()
T'enlèves Crookers et Azari & III de cette musique électronique de mauvais goût et je serai d'accord.
T'as zappé Axwell de la Swedish House Mafia en plus.
Mais de toute façon je sais très bien que je serai quand même déchainé devant Steve Aoki, je serai dans l'ambiance et tout ira bien. ![]()
Les pavés d'haloforever !!!
Nan je n'y étais pas cette année, j'ai eu quelques soucis et je me suis retrouvé privé de festival. Non seulement les Eurocks, mais aussi le festival de Dour et le Worldwide Festival, j'ai tout loupé. J'ai juste pu aller un peu au Tohu-Bohu à Montpellier (Brodinsky, Rone...) mais bon.
Je lis ça tout de suite, mais je sais d'avance que je vais te jalouser !
Mouai c'est bien ce que je pensais, le Sziget cette année c'est pas trop ça.
Bonsoir,
Je m'emmerde assez là donc je viens donner mes sons du moment
TNGHT : collaboration entre Hudson Mohawke et Lunice, EP qui sort ces jours, http://youtu.be/6HzyUHxmkg0?hd=1 j'aime bien. Je sais pas trop pourquoi ça m'a donné envie de réécouter Black Up de Shabazz Palaces
(pour ceux du fond : http://youtu.be/67cx9M2c51M surtout cette track : http://youtu.be/0CbnYw-TgnE ) Ce genre me plaît beaucoup : sorte de hip-hop instrumental, expérimental. D'ailleurs je prends volontiers si vous connaissez dans le même genre que Shabazz Palaces. Je connais déjà THEESatisfaction... Changement total de registre : Merchandise qui a sorti Children of Desire ces derniers jours http://youtu.be/Hu3oEc6CSpc?hd=1 les 6 tracks de l'album sont toutes géniales ! Sinon l'album de DIIV tourne toujours souvent (les morceaux "Follow", "Doused" et "(Druun)"
). Le dernier Wild Nothing qui vient de leaker aussi... Pas encore écouté entièrement mais ça a l'air d'être du bon (leur premier album Gemini avait été un coup de coeur). Le Celebration Rock de Japandroids aussi http://youtu.be/ixOKfFFchw4
voilà ![]()
Little Boots : Ouai.
Le problème c'est que j'ai plus ou moins planifié mon voyage depuis Fevrier, époque où y'avait aucune annonce. L'année précédente était chargée ( j'y suis pas allé ) et là c'était les 20 ans : Je m'attendais à la prog' de la mort mais en fait non.
Et puis trop mainstream de manière générale, l'an prochain, j'espère déjà aller à Dour. ![]()
Ouep vla la progra mainstream a mort, niveau electro en tous cas, Dour c'est génial mais trop typé Bass music du coup l'an prochain je veux vraiment me faire le Sonar perso ![]()
Le Sonar c'est pas en Juillet. ![]()
je conseille VRAIMENT "An Awesome Wave" du groupe Alt-J !!! ça date de quelques mois mais j'étais passé à côté
http://www.youtube.com/user/Altjband/videos
à écouter aussi : l'intro, "Something Good", "Taro", en fait tout l'album est génial ![]()
http://www.nrj.fr/artistes-509/fiches-artistes-522/artiste/actu/13025-keen-v.html?actu_id=288689%3Akeenv-lartiste-le-plus-ecoute-en-france
Triste nouvelle pour la musique française ![]()
Il y a du défi là , mais qu'elle chef- d'oeuvre ce morceau .
rythmiquement il est trop bon, les riffs sont trop bonasse !
http://www.songsterr.com/a/wsa/helloween-phantoms-of-death-guitar-tab-s9224t1
j'ai fait un petit Tumblr avec des liens Youtube de morceaux plutôt récents que j'apprécie... des intéressés pour jeter un oeil ? ![]()