Le truc c'est s'il pleut.
Oui ça serait moche pour vous... Je n'ai jamais connu les mythiques tempêtes des eurockéennes (deux (ou trois, je sais plus) jours ont déjà été annulés dans l'histoire du festival), mais je dirai qu'il a plut au moins un jour la plupart des années. En général elle est salvatrice, et ajoute parfois un charme indéniable aux concerts, comme Arcade Fire en 2007, sublime. A ce propos je ne résiste pas à l'envie de recopier le compte rendu que j'avais fait à propos d'une pluie, celle du monstrueux concert de The Hives en 2010 :
Alors que la pluie se mêle de la partie, glacée et abondante (elle ne me gène pourtant pas le moins du monde après cette chaleur), les Suédois investissent Belfort. Lors des premières chansons le public, refroidi par l'eau peut être, n'est pas très chaud[...]
C'était sans compter sur le charme irrésistible et foudroyant de Pelle Almqvis, ce show man de génie, qui, à force de détermination, va enflammer les spectateurs comme personne ne le fera à ce point. D'un auditoire glacé par la pluie (auquel, Alex DeLarge incarné, il lancera un "I'm singing in the rain"), et déjà sans doute fatigué de ces 2 jours il va rapidement nous transformer en foule en délire, en une nuée bouillante, en un essaim hystérique. Et cela grâce à deux moyens simples mais infaillibles : un rock aussi énervé qu'efficace, à faire sauter sur place les culs-de-jatte et une présence scénique extraordinaire, je dois remonter à Beth Dido en 2008 ou Iggy Pop en 2005 pour trouver des équivalents... Quelle énergie ! Quelle drôlerie dans ses interventions ! Quelle délicieuse crânerie ! Mais surtout quelle facilité à nous faire partager son enthousiasme sans borne ! On ne peut simplement pas lui résister.
C'est là, sous cette pluie battante et perdant ce qu'il me restait de voix à hurler ma joie et mon contentement que j'ai pris toute l'ampleur de ce que signifiait les eurockéennes, épopée dionysiaque, bacchanales modernes, camaraderie délirante, coït musical collectif ! Enfin j'avais l'impression de faire partie de ce Tout, de cette Confrérie utopique, de cette Nation éphémère mais ô combien soudée par son aspiration festive. "
Et voilà, j'ai encore plus envie d'y être...