LOL excellent l´article
http://www.concertandco.com/critlist.php?pardatesaisie=&lx=&vi=&gr=29506&ty=&s=&id=13837
"Dès qu’il monte sur une scène, le Vendéen semble avoir pour but de propulser son public direction Huitième ciel ; il se lance dans des déhanchements dignes d’Elvis The Pelvis (et donc de notre sinistre Johnny national, son bien pâle imitateur), voire dans des pas de danse que n’aurait pas renié Michael Jackson avant ses multiples opérations, c’est un festival ininterrompu de bons mots, de réparties savoureuses (pour avoir un tel sens de la réplique qui tue, ce jeune homme doit être loin d’avoir une Cervelle de singe, c’est une certitude !) et de textes piétinant sauvagement le politiquement correct et le lieux communs habituellement servis dans notre beau pays, n’est ce pas La Phaze, Cali, Luke, Matmatah, Sinsémilia et « consorts » ? Car sous ses airs de dandy branchouille enregistrant son dernier disque Robots après tout avec le très « in » Gonzales, Katerine est un auteur bien plus subversif que tous les chanteurs soi disant engagés, et ce même s’il a pour patron l’infect rapace Pascal Nègre et comme collègue de travail chez Universal, l’idole des beaufs, Mr. Hallyday. Car notre homme gerbe sur tout sans exception, sur Marine Le Pen bien sûr (non mais tu le crois ça ?) , mais aussi sur notre écoeurante société dans son ensemble et sur les travers lamentables de chacun. Sans prétendre être le sauveur universel et le porte parole de qui que ce soit, Katerine fait beaucoup, l’air de rien, pour faire bouger les mentalités sclérosées de notre pays, vous avez celui où Michel Sardou et Florent Pagny triomphent… Le début de succès actuel de l’album Robots après tout est d’ailleurs à ce titre assez réconfortant dans un pays vieillissant et frileux, s’apprêtant, selon toute vraisemblance, à appeler au pouvoir des gens qui défendent des idées nauséabondes.
Ça ne sent pas la rose dans notre pays en ce moment, on pourrait même dire que ça pue la merde pour être grossier, et emprunter une thématique chère à ce grand chantre de l’humour scatophile qu’est Katerine… Celui qui fait de sa vie un chef d’œuvre que l’on visite pour 100 francs tous les deux ou trois ans apprécie particulièrement de placer des horreurs dans ses textes, jugez plutôt.... A la fin de l’incroyable Barbecue à la l’Elysée, il rentre chez lui faire caca ; dans Je vous emmerde, il déclare être une merde ; puis, il arrive à placer dans une chanson la phrase « caressez vos étrons, ce sont vos enfants » ; alors que dans Les grands restaurants, il lance « Toi, tu n’y vois que du feu, à croire que t’as de la merde dans les yeux… » ; et, enfin, il est l’heureux possesseur, parait-il, d’une collection de ses propres selles. Qu’est ce qu’il a dit ? J’ai rien compris ! Il a dit que… Katerine est une sorte de poète du quotidien et du réel, il fait de sa vie des chansons : il croise la fille de l’infect borgne à la Maison de la Radio, et hop, une chanson lui vient, comme ça. Il travaille dans un abattoir de poulets élevés en plein air en Vendée, et ça donne Poulet numéro 728 120, une chanson d’amour vache qui se termine par : « Poulet numéro 728 120, je t’aime ! » Il prend souvent le train, entretient une passion terrifiante pour les chiffres, semble terrifié par le temps qui passe et la mort qui arrive à grands pas et ça donne Le train de 19h, Numéros, Borderline ou 78-2008. Il regarde le Tour de France féminin à la télé en pensant fort à sa petite amie ? Et bingo, c’est le morceau Jeannie Longo qui jaillit du cerveau de ce psychopathe faisant sa thérapie en musique. Il tombe amoureux dans un jardin botanique ? Il écrit une belle chanson sur son histoire d’amour avec une jeune fille… morte ! Il y a du Serge Gainsbourg chez cet homme là : même volonté de provoquer, même sens de la formule, même envie de dépoussiérer la musique française en regardant vers l’étranger (Brian Wilson et les Beach Boys), même désir de changer du tout au tout d’un album à l’autre (de la chanson rive gauche à Daft Punk), même volonté de faire chanter les jolies femmes. Katerine a d’ailleurs écrit un magnifique titre en forme d’hommage absurde au grand Serge où il raconte, encore, une histoire mi vraie, en fantasmée : quelques jours avant sa mort, en mars 1991, il aurait croisé Gainsbourg au bureau de tabac en train de faire provision de fumigènes, et l’aurait suivi dans la rue, ce qui donne lieu à moult péripéties dans le texte… "