J´aimerais te parler longuement de ma réinsertion, mais elle est bien trop récente. :D Tout ce que je sais c´est que là-bas, au mitard, on ne vit qu´à travers les personnes qui viennent nous rendre visite... si tant est que l´on en ait. Sinon on se crée bien souvent ses propres personnages, pour vaquer dans un monde qui n´a, finallement, pas grand chose de réel. Ces errances nous rassurent et nous satisfont, enfin tant qu´on ne se fait pas avoir par la sentinelle Morosité, car au moindre écars, c´est la correction assurée, et là, fini les rêves, bonjour à la dure réalité du trou. Oui, car il y a mitard et trou, c´est une différence, il n´y a pas de lumière au trou, ce qui peut produire un sentiment d´abandon total de la société, alors qu´on est à la base au centre même de l´autorité. Ce sentiment contradictoire d´injustice peut même aller jusqu´à l´hystérie voire la folie, et dieu sais si au mitard la folie est peu considérée. Heureusement, je ne suis pas allé au trou, ou pendant une période très courte, car j´ai des ressources et de l´audace, malgré toutes mes haines contre ces pourris de matons.
Voila, j´espère avoir répondu à tes questions, et surtout j´espère ne pas avoir gâché ta soirée avec ce témoignage qui sort des sentiers de la civilization ordinaire.