Dominée, voire ballottée, une grande partie du match par une équipe suisse volontaire mais pas assez réaliste, la République tchèque a fini par s'imposer grâce à un but de Sverkos à vingt minutes du coup de sifflet final (1-0). Avant de rencontrer la Turquie et le Portugal, la Nati, qui a perdu Frei sur blessure, est déjà dans de sales draps.
Le football est parfois cruel, mais c'est souvent ce qui fait son charme. Dominatrice une grande partie de la rencontre face à une sélection tchèque inoffensive pendant plus d'une heure, la Suisse, portée par tout un stade, a fini par s'incliner sur un but de Vaclav Sverkos (70e), son tout premier pour sa troisième sélection. Profitant d'un bon service de Tomas Galasek, après un mauvais renvoi de la défense, l'attaquant du Banik Ostrava, entré en jeu un quart d'heure plus tôt à la place de Jan Koller, n'a pas tremblé, trompant Benaglio d'un extérieur du droit imparable. Multipliant les occasions franches, la Nati a manqué de ce soupçon de réalisme qui fait souvent la différence à ce niveau. Avant de rencontrer la Turquie et le Portugal, elle peut commencer à se faire quelques cheveux blancs.
A dire vrai, il n'y a pas vraiment eu match en première période. D'une frappe rasante et de peu à côté, Alexander Frei a montré dès la troisième minute de jeu que la Suisse, avec Patrick Müller titulaire, n'était pas là par hasard. Sous l'impulsion d'un Gökhan Inler, révélation du championnat italien, et véritable sensation de ce match, la Nati a été la seule à se montrer réellement à son avantage lors de ce premier acte. Privée de son maître à jouer Tomas Rosicky, forfait sur blessure, la République tchèque, regroupée en 4-5-1 avec le seul Koller en pointe, n'a que très rarement existé offensivement, se contentant de défendre en bloc et de chercher son géant au prix de longs ballons souvent inexploitables. Il a même fallu un Petr Cech particulièrement inspiré pour empêcher Frei d'ouvrir la marque (21e et 36e). Le gardien de Chelsea s'était déjà chauffé les gants sur des frappes de Behrami (16e) et Inler (19e).
Le premier tournant de la rencontre est intervenu juste avant la pause, quand ce même Frei, touché au genou, a été contraint de quitter le terrain en larmes, remplacé par Hakan Yakin. La Suisse, avec Streller en pointe, a eu beau maintenir son emprise sur le jeu, le danger s'est fait beaucoup moins précis. Yakin, sur coup franc (51e), puis de la tête (66e) est pourtant passé à un cheveu de tromper Cech. Il ne l'a pas fait. Et ce qui devait arriver arriva. Les tchèques ont profité de leur première véritable occasion pour prendre l'avantage, contre le cours du jeu, et réduire les bruyants supporters locaux au plus profond silence. La Nati a eu beau jeter toutes ses forces dans la bataille, trouvant notamment le coin de la lucarne par Vonlanthen (80e), elle a fini par payer cher son manque de réalisme. Dans ce genre de compétitions, c'est souvent ce qui fait la différence.
Source : http://foot2008.lequipe.fr