C´est le titre d´un roman de Michel Houellebecq, vous savez, le mec qui a créé la polémique à l´occasion de la sortie de Plateforme, son bouquin qui racontait l´histoire d´un touriste sexuel. Plateforme, un roman assez passable en réalité, qui a surfé sur un tabou brusquement surmédiatisé par les puritains. Donc ce n´est que ce week-end que j´ai lu l´oeuvre qui l´a révélé, Les particules élémentaires.
Ce livre, je ne peux que vous le conseiller, surtout si vous êtes fachés avec la littérature ; ça change radicalement des classiques poussiéreux qu´on nous a fait étudié pendant toute notre scolarité, c´est un roman qui déborde d´énergie, qui s´engouffre dans les méandres de la fin du 20ème siècle, qui sape notre quotidien, cotoie nos grands courants de pensée, c´est d´un pessimisme magnifique, bref une oeuvre résolument à part, où se cotoient scènes de sexes et réflexions sociologiques et métaphysiques mais tout reste extrêmement accessible, et même attrayant.
Je peux pas m´empêcher de vous balancer le dernier paragraphe de l´épilogue, très différent du roman, tant il est magnifique, et en contradiction avec... j´en dis pas trop, mais ne vous inquiétez pas il n´y a pas de spoiler là dedans ( malgré les apparences), enfin faites ce que vous voulez=)
" L´histoire existe ; elle s´impose, elle domine, son empire est inéluctable. Mais au-delà du strict plan historique, l´ambition ultime de cet ouvrage est de saluer cette espèce infortunée et courageuse qui nous a créés. Cette espèce douloureuse et vile, à peine différente du singe, qui portait cependant en elle tant d’aspirations nobles. Cette espèce torturée, contradictoire, individualiste et querelleuse, d’un égoïsme illimité, parfois capable d’explosions de violences inouïes, mais qui ne cessa jamais pourtant de croire à la bonté et à l’amour. Cette espèce aussi, pour la première fois de l’histoire du monde, sut envisager la possibilité de son propre dépassement ; et qui, quelques années plus tard, sut mettre ce dépassement en pratique. Au moment où ses derniers représentants vont s’éteindre, nous estimons légitime de rendre à l’humanité ce dernier hommage ; hommage qui, lui aussi, finira par s’effacer et se perdre dans les sables du temps ; il est cependant nécessaire que cet hommage, au moins une fois, ait été accompli. Ce livre est dédié à l’homme."