Semi-déception pour ma part.
Je suis sorti du film avec un sentiment d'indifférence qui m'a fait mal au coeur venant d'un Michael Mann. Après j'aurais vraiment du mal à l'expliquer... Le sujet tient vraisemblablement à coeur à Mann mais le traitement m'a vraiment semblé très impersonnel.
On a franchement l'impression de visiter une sorte de musée des gangster, ni plus ni moins.
Je pense que le problème majeur provient d'une erreur de casting assez inattendu. La composition de Johnny Depp a beau être difficilement critiquable il ne convenait tout simplement pas au rôle. Mann a tenté un drôle de pari en lui faisant jouer un rôle inhabituel pour lui et ca c'est franchement pas révélé payant. Il apparait invraisemblable d'imaginer Dillinger de la sorte. Dillinger était un bandit avec tout ce que ca suppose. Là on a une star d'Hollywood.
Et tout ca ca ne fait qu'accentuer le malaise de fond, on est assis là à regarder une star rebelle d'Hollywood, pas un bandit supposé dangereux. A la sortie de la salle un pote a très bien résumé le truc en me disant : "C'est triste à dire, mais on est plus proche de Buster Keaton que de James Cagney."
Toujours pour ce qui est du fond, je trouve que le contexte est très largement sous-exploité. Une meilleur mise en situation et un meilleur ancrage de Dillinger dans son temps aurait vraiment aidé à mieux appréhender le personnage et à mieux apprécier ses "hauts" faits.
Donc voila, au final ca reste vraiment bien, voir très bien, on est chez Michael Mann hein! Des plans somptueux, une technique tellement maitrisé qu'on a envie d'applaudir certaines scènes (Putain passer de Transformers 2 à Public Ennemies c'est comme de passer de l'arc au fusil de sniper). Musicalement c'est pas meilleur que ses derniers films mais ca reste de très haute volée.
Mais, mais, mais, on reste tristement indifférent. Je me suis clairement pas senti concerné par le film et même si certaines scènes trouent le cul comme c'est pas permis je suis assez déçu.
Après j'attendais le film comme le messie en personne, mon avis est donc à relativiser.