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cinema

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:17:39

Le cinéma n'est pas qu'un art de l'image mais aussi du parler et donc de l'écrit. La différence avec un livre c'est que la voix peut magnifier les mots davantage que ne le peut un livre qui laisse toujours un flottement sur l'interprétation. Les dialogues sont primordiaux et peuvent potentiellement davantage faire passer de choses que l'image en elle-même.

Le cinéma français excelle dans le traitement de problèmes socio-psychologiques dans une échelle plus intimiste. Dans ce cadre là la simplicité, l'intensité, les mots et les regards sont des éléments plus importants que l'action en elle-même.

Pour moi le cinéma français est complémentaire au cinéma américain qui a besoin de davantage d'éclat pour finalement rapidement tourner autour des mêmes idées plus globales mais du coup plus en surface.

Y'a rien de pire que le français qui veut faire du cinéma américain (on reste sans surface mais sans le côté positif du film américain), et malheureusement ce sont ces films qui font que pas mal de gens crachent sur le cinéma français.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:24:05

"Le cinéma n'est pas qu'un art de l'image mais aussi du parler et donc de l'écrit. La différence avec un livre c'est que la voix peut magnifier les mots davantage que ne le peut un livre qui laisse toujours un flottement sur l'interprétation. Les dialogues sont primordiaux et peuvent potentiellement davantage faire passer de choses que l'image en elle-même.

Le cinéma français excelle dans le traitement de problèmes socio-psychologiques dans une échelle plus intimiste. Dans ce cadre là la simplicité, l'intensité, les mots et les regards sont des éléments plus importants que l'action en elle-même. "

:d) Le problème même ne vient pas du fait de créer des dialogues sophistiqués, de problème socio-psychologiques, je dirais même qu'on s'en fout, mais bien plutôt que ces problèmes socio-psychologiques et que ces dialogues sophistiqués n'ont d'autre utilité qu'eux-même, on s'en fout dans un film de voir une scène de vie conjugale pour une scène de vie conjugale, c'est bien plutôt l'utilité de cette scène conjugale pour le film qui intéresse ...

Et c'est là que le cinéma Français actuel (et le cinéma américain la plupart du temps hein, le cinéma ricain s'en tire mieux grâce à des réalisateurs isolés, du reste ...) a tout faux, on ne fait pas de la mise en scène avec des dialogues et des scène de la vie quotidienne qui semblent littéralement chouettes, qui font même de la philosophie même, si ça ne nous dit rien à la fin, si tout cela n'est pas dirigé par une idée générale du film, et dans le fond, et dans la forme (je parle même pas de cadrage et de changements de plans, ça serait à analyser et il y aurait de quoi bien se fendre la poire), c'est inutile, malheureusement :(

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:36:34

Je ne trouve pas que les films français patchwork soient dénués d'idée porteuse, c'est simplement que celle-ci va plus se construire sur la forme d'une évolution émotionnelle générale : chaque scène contribue au dessin d'un spectre de sensations plus que dans l'optique d'une conclusion finale.
Le côté patchwork d'un film ne me dérange nullement, au contraire cela signifie que je vais passer par différents stades émotionnels, et ce sont ces stades qui à la fin du film se recoupent dans l'esprit du spectateur en une impression générale.
Le film français peut être apparemment décousu mais les choses sont rarement faites au hasard et collent bien à un cadre intimiste. Justement si l'on cherchait un fil rouge dans ce cadre c'est là que le film deviendrait morne. Il convient de donner à des évènements un poids particulier.

C'est comme quand tu écris un livre : t'as celui qui a un schéma narratif en tête et va écrire le livre d'un trait, et t'as l'autre qui veut faire ressentir des sensations isolées sur la forme mais liées dans son esprit et écrira isolément des scènes clé qu'il reliera après.

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:38:07

Enfin bref c'est une question d'attentes et de style, personnellement la complémentarité des deux me plaît. :oui: (complémentarité qui existe d'ailleurs également en littérature)

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:44:45

Le problème du patchwork c'est que ça ne correspond pas à la nature même du film : 1 film, une durée, une vision, un point de vue de spectateur. Autant la littérature oblige à l'intellectualisation, autant le cinéma est directement lié aux sens, c'est donc là le problème du drame psy et des dialogues, ça passe quand on lit un livre, mais dans 1 film ça coupe le rythme, ça laisse indifférent (à moins de kiffer absolument, mais il y en a bien qui kiffent les films où il ne se passe rien pendant une heure) et surtout ça n'a aucun intérêt de conclusion du film, car un film c'est un début et une fin ...

Alors certes, à lire ça peut être très sympa, mais la mise en scène c'est d'une complexité effarante, y a guère que maintenant que je décèle des logiques de production dans la mise en scène, dans Jurassic Park notamment, des trucs gros comme une maison et pourtant ça passe tout seul ...

I_am_Jesus
I_am_Jesus
Niveau 9
10 avril 2011 à 14:48:46

C'est assez rare pour être souligné mais Foulcher est dans le vrai, ce sont deux cinémas totalement différent et vraiment complémentaire. Après c'est évident que le niveau du cinéma français est pas particulièrement élevé ces dernières années mais on a quand même eu quelques perles.
Récemment on a tout de même eu Potiche qui était extrêmement drôle et Le nom des gens qui est un de mes coups de coeur 2010.

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 14:56:33

Désolé pour toi si t'as une vision si limitée des choses mais ce n'est absolument pas la mienne. Je trouve ça assez limite de voire quelqu'un imposer des carcans à un art selon sa vision propre.

Je ne vois pas pourquoi le cinéma serait incompatible avec le spirituel, au contraire. Si les sens n'ont que vocation à percevoir l'action, malheur sur nous. Au contraire, la conjugaison de l'image et du son permet de transcrire en moins de temps et de manière moins flottante une émotion à la fois plus directive mais toujours personnelle.

Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'évolution d'une grosse intrigue qu'il ne se passe rien, au contraire.

Ta vision canonique presque scolaire du "introduction-développement-conclusion" est très limitée en ce qui concerne l'art cinématographique.

Et un livre aussi c'est un début et une fin, je ne vois pas ce que tu veux dire par là. La fin d'un film résulte d'un choix, je ne vois pas comment un cinéaste pourrait en choisir une au hasard.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:06:21

"Je ne vois pas pourquoi le cinéma serait incompatible avec le spirituel, au contraire."

:d) Ah mais moi non plus, au contraire comme tu dis, juste que le cinéma s'exprime d'une autre manière, par des règles qui font que le cinéma est le cinéma, c'est à dire une durée limitée dans le temps, un début et une fin. Et donc un résultat qui colle simplement au média choisi. Ce qui n'empêche que la mise en scène, c'est autant strict qu'illimité, de même que l'émotion se fait ressentir au cinéma non pas simplement de manière intellectuelle, mais de manière réelle, par un traitement de cadrage, de plan. Un exemple simple et ultra-efficace reste la scène choc du changement d'attitude du héros de Taxi driver, quand on passe du bas de son corps à sa tête : ça c'est de la mise en scène, largement plus efficace qu'un changement d'attitude seulement montré de manière psychologique, tout est lié, et c'est d'autant plus choquant que le changement d'attitude correspond au changement vestimentaire et surtout, au discours du candidat, et même dans le plan, on a une cassure.

Ça c'est du cinéma dans tout ce que ça entend, pas seulement à un niveau, mais dans tout ce que le cinéma implique :oui:

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:18:57

Je ne vois pas le problème dans ce cas. Dans un film français le cadrage et le jeu a une grande importance, ce n'est pas qu'un cinéma du texte même s'il lui accorde une grande importance. Un cadrage et un mouvement de caméra ne peuvent pas rendre tout ce qu'un texte peut rendre et inversement, c'est une question de dosage en fonction de ce que l'on veut faire.
Un plan comme tu le décris peut-être efficace jusqu’à un certain niveau de suggestion mais à un degré de raffinement supérieur il faut sortir les outils de la boîte dont le texte fait partie.

Ce n'est qu'une question d'orientation, je ne vois pas pourquoi il y en aurait une bonne et une mauvaise.
Tu définis des règles castratrices sans absolument aucun fondement.

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:21:16

Bref, je ne vois pas en quoi "c'est à dire une durée limitée dans le temps, un début et une fin" (heureusement au passage qu'il y a un début et une fin, un récit infini si t'en trouves GG) justifie tes critiques.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:27:05

"Un plan comme tu le décris peut-être efficace jusqu’à un certain niveau de suggestion mais à un degré de raffinement supérieur il faut sortir les outils de la boîte dont le texte fait partie."

:d) J'ai pas dit que le texte n'était pas important, mais que dans le cinéma, c'est la caméra qui "parle" en premier, parce que le cinéma c'est d'abord montrer, c'est du visuel, je pense qu'on doit au moins être d'accord là-dessus, c'est pas castrateur, c'est le cinéma même, comme un film a aussi un début et une fin, c'est aussi le cinéma, à part peut-être des exceptions sur lesquelles on s'attardera pas, comme un film de 12 heures où il ne se passe rien ...

Le texte est important quand il soutient, accompagne, relève le travail de la caméra, un bon exemple est dans le prologue de l'"Eclipse" d'Antonioni (j'ai vu que le prologue et son analyse, je précise). Un couple qui ne s'aime plus, scène non-centrée et utilisant abondamment des cuts à 180°, des personnages qui ne sont jamais raccords au niveau du regards, et paf, d'un coup ils le sont ... pourquoi ? Parce que le dialogue est devenu non-raccord, l'un ne répond pas au question de l'autre, l'autre n'écoute pas et parle tout seul. Là le dialogue n'est pas une superposition mais un vrai outil et il enrichit complètement la mise en scène, il est lié au reste du film ...

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:33:17

Je ne sais quoi te répondre vu que je ne vois aucun élément qui remettrait en cause le cinéma français, au contraire même cela va dans le sens de ce que j'ai dit.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:34:11

"Bref, je ne vois pas en quoi "c'est à dire une durée limitée dans le temps, un début et une fin" (heureusement au passage qu'il y a un début et une fin, un récit infini si t'en trouves GG) justifie tes critiques."

:d) Le problème c'est que, le roman a aussi un début et une fin, une trame scénaristique, mais tout passe par le texte. Qu'est-ce que ça veut dire ? Et bien qu'au niveau des dualités, la littérature présente des dualités distancées là où le cinéma présente des dualités serrées : sur papier, dire qu'un tueur est derrière le héros qui ne se doute de rien et qui parle tranquillement au téléphone, ça se décrit, sa se met en place, on exprime la dualité par description, et donc intellectualisation obligatoire. Au cinéma, on peut très bien, dans le même plan montrer un héros qui ne se doute de rien et le tueur derrière, aucune description si ce n'est, comme dans un livre, amener la scène dans le scénario, mais ici on peut effectivement les placer sur la même image, sans besoin d'ailleurs de recourir à une explication. Et c'est là que le cinéma est fort (non pas pour dire que la littérature est faible), c'est à dire qu'on peut donner cette émotion de "peur" instantanément, pas de description au préalable, on montre et on met en scène.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:38:12

"Je ne sais quoi te répondre vu que je ne vois aucun élément qui remettrait en cause le cinéma français, au contraire même cela va dans le sens de ce que j'ai dit."

:d) Le problème vient surtout du fait que le dialogue n'est plus un outil qui accompagne la mise en scène, qui l'enrichit, mais une fin, comme si le dialogue expliquait tout, comme si par moment il remplaçait le travail de la caméra. Hors ça n'est pas vrai, on ne donne pas d'équivalence au cinéma par le littéraire, parce que ce ne sont juste pas les mêmes domaines ...

FoulcherVIII
FoulcherVIII
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:45:28

Je ne sais pas quels films tu as vu mais la partie visuelle est aussi importante dans le cinéma français, ce n'est pas juste du texte, et de ce point de vue là j'ai tendance à dire qu'il s'est amélioré sur les deux plans.
Le texte accompagne souvent les évolutions de visage, de regard mais aussi le décor. La gestuelle et la caméra jouent peut-être moins dans le spectaculaire, cherchant plus à capter un tableau, mais en aucun cas laissée de côté. C'est une fausse impression.
L'agencement même du film et l'interaction entre les éléments du patch appuient le dialogue.

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
10 avril 2011 à 15:53:21

"Le texte accompagne souvent les évolutions de visage, de regard mais aussi le décor. La gestuelle et la caméra jouent peut-être moins dans le spectaculaire, cherchant plus à capter un tableau, mais en aucun cas laissée de côté"

:d) Je justifie pas ça par l'action, on peut très bien avoir des films où en soi, il ne se passe pas grand chose niveau actions des personnages ou de leur entourage, mais alors le scénario doit justifie cette non-action et le communiquer d'abord par la mise en scène, et surtout au niveau de la caméra. Ce que je reprocherais au cinéma français actuel, c'est de nager entre deux eaux, et donc de ne pas faire du cinéma ...

Faudrait néanmoins que je mate les petits mouchoirs juste pour rigoler, j'ai été averti, mais par curiosité j'aimerais voir en quoi c'est un gros plantage :noel:

[Sonic-Youth]
[Sonic-Youth]
Niveau 10
16 avril 2011 à 00:02:19

Dites y en a qui ont vu le film Stalker?

Hanouk
Hanouk
Niveau 27
16 avril 2011 à 00:07:39

Je l'avais vu y a environ 3 ans, après avoir kiffé le jeu.
J'étais pas du tout rentré dans le film, trop de lenteurs et trop de dialogues. Mais je l'ai revu y a environ 1 an et bordel j'ai bien aimé.

C'est quitte ou double ce film je pense : on accroche pas et ca devient on supplice, ou alors on accroche et on savoure.

Là je vais me revisionner Amélie Poulain :oui:

D_t_D
D_t_D
Niveau 10
16 avril 2011 à 00:08:09

De Tarkovski ? Non :(

Faudrait que je mate Solaris d'ailleurs, il y a des trucs intéressants dedans à ce qu'il paraît :)

Hanouk
Hanouk
Niveau 27
16 avril 2011 à 00:09:15

Tarkovski est globalement un réalisateur peu accessible, c'est pas le genre de films que tu fous devant des kikoolol de 15 ans quoi.

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