Le 23 avril 2015 à 00:57:35 linkz13 a écrit :
Le 23 avril 2015 à 00:36:22 PizzaCommuniste a écrit :
Ca n'est pas une coexistence justement, c'est un entremêlement, si l'on veut. Disons que si le parallèle avec la prostitution peut être fait, c'est précisément parce que le rapport de prostitution est un cas singulier dans la réalité au rapport général capitaliste critiqué dans le film (nous tombons d'accord). Mais on ne peut pas en conclure que c'est un des thèmes du film.
Ce que je voulais dire, c'est qu'il y avait moyen de voir aussi bien les deux interprétations par coexistence que par entremêlement. Pour le fait de voir la prostitution comme thème du film, c'est comme beaucoup d'interprétations, c'est basé sur des indices plus qu'autre chose. Ici, il y en a quand même beaucoup : le contexte de "yu", le nom "Yubaba" pas choisi par hasard, l'anonymat, la forte proportion de filles dans le lieu, la tronche du lieu, le fait que les gens qui y travaillent en finissent prisonniers et enfin le fait que les clients sont uniquement des hommes chouchoutés à l'extrême pour qu'ils donnent plus d'argent. Sans parler du Sans-Visage qui scrute les filles de l'extérieur et qui, dans son violent assaut et sa monstruosité visuelle s'amplifiant suite au refus de Chihiro, fait quand même furieusement penser à un violeur qui n'a pas eu ce qu'il souhaitait et qui du coup fait monter la sauce en espérant que le forcing passe.
Le problème avec ce genre d'interprétations, il me semble, c'est précisément qu'elles se basent sur des "petits indices" anecdotiques qui prouvent quasiment par pétition de principe l'interprétation voulue, plutôt que de voir le principe général qui coule dans le film, plutôt que de voir le mouvement général du film.
Et, encore une fois, la "tronche du lieu", c'est juste que c'est un bain publique traditionnel, dont l'ambiance peut rappeler le bordel, mais ça n'en fait pas un bordel, parce que c'est inutile au film .
(Le sans-visage pète un câble parce qu'il a pas pu avoir quelque chose avec de l'argent).