Tu vas en faire quoi Misère ? Y'a du porno sur internet tu sais 
Artiste protéiforme, Marc Dorcel n'a jamais vraiment voulu faire de choix. Cette rétrospective, la première en France depuis le calendrier 2015, invite à parcourir toute la carrière de Dorcel, du porno chic fin des années 80, aux réalisations proto-amatrices nos jours, avec cent cinquante œuvres dont une soixantaine de films choisis parmi les chefs-d'œuvre incontournables.
L'œuvre de Dorcel emmène le visiteur dans des univers denses et variés, de la poésie de Jacquie & Michel à la philosophie de Martin Heidegger, des traités scientifiques à l'ésotérisme. Installations et peintures monumentales voisinent avec des œuvres sur papier et des objets à résonance plus intime.
Le XXème siècle et l’expressionnisme abstrait des Pollock et Twombly aura vu émerger une esthétique de la coulure où la liquidité, loin d’être niée, est revendiquée comme force agissante de l’image. Mais la coulure a de tout temps habité l’oeuvre et raconte une toute autre histoire – mouvement, repentir, imprécisions – que l’image sur laquelle glosent à loisir les historiens de l’art. Dorcel fait le pari d’écrire une nouvelle histoire de la peinture au prisme d’un objet d’étude hors du commun : la coulure.
Souvent sale, involontaire, ayant trait au hasard, la coulure dé- fit la raison et le discours dominant sur l’art classique et mo- derne. En rappelant à chaque instant la matérialité physique de la peinture, elle met à mal nos réflexes critiques devant la représentation. De Rocco à Ron Jeremy, l’auteur nous fait re- monter le cours de l’histoire de l’art à travers les différents vi- sages de cette peinture qui s’écoule, et mime cet écoulement par une (dé)structuration de son discours en fragments.
Êtres venus des confins interstellaires et autres évangélistes de la pornographie, l'appel au rassemblement est lancé. Ne nous laissons pas flouer par des décennies de kabbale cartésiennes et jouissons ensemble autour d'un puissant clonage de vinyles fumants en cinq étapes de la loi.
Phase fluide : Libération des sentiments les plus doux, arrivée dans l'antre de la rotonde, cercle des vertus perdues et des amours retrouvées. Les gens arrêtent de marmonner et commencent à mormonner.
Phase saccadée : Le rythme s'accélère dans une osmose totale entre le Très-Haut, le Très-Bas, le bordel et le remplacement du c par un x pour un grand moment de sexte communié. Les corps s'agitent, les astres nous regardent, Venus apparaît et demande à prendre le micro.
Phase de chaos : La charge cosmique devient folle, les anges de la destinée acceptent de lancer une danse extatique des énergies et un trikini léopard apparaît cerclé d'une lumière bleutée. Soudain un enchainement réussi lance la prophétie dite du réal' porno satisfait. La fusion est totale. Le dancefloor, nu, se lance dans une pyramide humaine, rapidement transformée en queuleuleu.
Phase lyrique : Rocco décide de mettre un coup de rein sec.
Phase de silence : L'orgasme cosmique enfin atteint, les fidèles retournent à leurs pénates prêcher la bonne parole non sans avoir décidé de remettre l'intégralité de leurs économies et fait don de leurs corps aux personnes situées derrière les platines. L'infini devient une notion concrète, l'after aussi.