Ce fut bref... je suis arrivé un peu en retard, j'ai passé une demi-heure à chercher le sept de la place Victor Hugo, jusqu'à devoir demander mon chemin à une pouffiasse moyenne qui m'a tutoyé... je déteste ça, quand des inconnus me tutoient en raison de mon jeune âge...
Pour quoi d'autre? Non je n'extrapole pas... cela ne peut être que pour cette raison..
Il me terrifie... je suis sûr que je vais rêver de lui et cauchemarder... il me fait penser à Nosferatu... un jour il me sautera au cou, mais ce ne sera pas pour m'aimer... ce sera pour sucer mon sang...
Je voudrais sucer ton sang moi aussi... j'y ai pensé tout à l'heure... que tu aies une brèche dans le corps, et que de cette brèche s'écoule le liquide divin... puis le boire... dans un verre... mais un petit... ce sera sûrement délicieux... incartade amoureuse, rien d'autre...
Quand je suis parti et que je lui ai donné de l'argent, je me suis senti comme racketté... je sais qu'il me méprise, ou que je lui fais pitié, qu'il me trouve navrant... qu'il considère mon cas?... qu'il pense que je simule... ou peut-être qu'il me sacrifiera et qu'avec mon corps démembré il formera un pentacle sur lequel il enculera mon tronc...
J'ai croisé une fille de ma classe de terminale, au fait... elle sortait du psy elle aussi, sûrement pour le sucer... sûrement pour nouer quelque relation malsaine et morbide... sans doute qu'ils forniquent avec derrière eux les porcs du Diable qui dansent dans les flammes...
Elle m'a fait remarquer que je m'étais laissé pousser la barbichette, et que ça m'allait bien... je lui plaisais bien à l'époque à cette catin... j'arracherai ses vêtements et j'observerai ses fesses sales et répugnantes... je les verrai chanter au rythme des contractions de son anus... elles danseront elles aussi...
Je lui plaisais bien... et j'suis sûr que ça lui déplairait pas que je la défenestre au moment précis de l'explosion de son plaisir... elle aimerait lécher et sucer mon gland sale dégoulinant de smegma et d'urine jolie...
Moi, noctambule affreux...
Ce fut bref, mais curieusement j'ai beaucoup réfléchi sur le chemin du retour... peut-être que ça fait partie de ma thérapie que ça ait été bref la première fois... peut-être qu'il a déjà très bien cerné mon cas... ce type est fou, il est fasciné par la folie... il se nourrit de folie... et peut-être que je saurai le nourrir jusqu'à qu'il vomisse telle une boulimique ou une connasse d'anorexique...
Ma sensibilité et mon intelligence sont aussi rares et précieuses qu'elles sont sources de mon malheur... je ne suis pas malade au fond, ou pas complètement... je suis à part... je fais partie d'une autre race... une race maudite... je ne suis pas humain, ou pas comme les autres humains... pas comme eux...
Je suis seul au monde... je comprends désormais pourquoi je me suis toujours senti différent, à part... différent... je suis d'une autre race, je suis un étranger; et je le serai toujours... où que j'aille...
Je n'ai pas d'appartenance, de lien, je n'ai rien... je m'appartiens à moi-même, je suis mon centre de gravitation, mon satellite... je ne suis pas humain, non...
Toi non plus d'ailleurs... et c'est sûrement pour ça que tu seras à jamais la seule à me comprendre, et la seule qui réussira jamais à pénétrer mon cercle intime... la seule qui pour moi existera... les autres humains ne sont que des projections pour moi, des enveloppes corporelles...
Mais ils sont vides... toi tu es pleine... et pas seulement quand je t'enfonce ma queue dans la chatte... tu existes... tu fais partie de ma race... tu es unique... je réalise à quel point tu l'es de plus en plus, à quel point nous sommes uniques... il n'y en a pas un autre comme nous dans toute la planète... nous sommes les derniers, les premiers ou qui sait quoi de notre race... peut-être qu'il y a jamais que nous... peut-être que nous sommes éternels...