Selon moi la thèse se décompose en 2 parties :
1) Une première qui amène l'idée que la désocialisation entraine l'humanisation
2) Une 2nde sur l'identification entre individus due à l'individualisme
Les questions qu'on peut se poser sont multiples car le texte brasse beaucoup de champs, s’appuie sur beaucoup de notions. Ca part dans plein de sens, laisse plein de portes ouvertes, et il va être très long de tout aborder.
Ca fait autant appel à la sociologie (on sentirait presque du Bourdieu ou Durkheim ("modèles sociaux", structure de la société, )), à l'histoire (Tocqueville et la démocratie), de la psychologie (l'individu, rapport à soi et aux autres), de la philosophie (Rousseau).
C'est riche et complexe. Et ce que l'on pourrait appeler les sous-thèses ou valeurs cachées sont nombreuses. Ca me semble être autant une analyse qu'une démarche presque politique pour emporter l'adhesion par le type de démonstration, car tout les démonstration en-elle même sont porteuses de valeurs, d'une vision de ce que doit être la société.
Par ailleurs je trouve les démonstrations "légères" ou basé sur de la logique, sans statistique ou fait expérimental, ce qui tendrait à me faire penser que c'est là plus l'oeuvre d'un philosophe que d'un sociologue.
Ca c'est pour le cadre qui détermine l'interprétation des propos qu'on peut en fournir. Ca permet aussi de comprendre d'où parle l'auteur, et où il veut en venir.
Donc, pour ta 1ère question : " L'individualisme est-il réellement une menace pour la paix ?"
Pour moi, ca fait référence à la 1ère partie... à condition de préciser de quelle paix on parle. Paix sociale ? Paix entre les peuples ? Entre les pays ?
Je penses que c'est une partie de ce que veut traiter l'auteur. C'est presque une conséquence en fait.
Ce qu'il amène me semble plus large. Car il par le "civilisation de comportement" grace à "l'atomisation sociale" (il ne parle pas encore d'individualisme) et en laissant tomber la "similitude".
Ce qu'il veut montrer à mon sens c'est que la désocialisation, le fait de casser les groupes et les traditions, créé les conditions en effet de la "paix" (sociale ou entre Etat voisin) et de l'humanisation.
Son objectif n'est pas tellement de montrer qu'on a la paix avec l'inividu, mais qu'on devient humain parce que le groupe ne permet pas de différencier. Sinon on n'est qu'un dans la masse et on suit.
Du coup ta 2ème question ("L'individualisme est-il réellement une menace pour la cohésion sociale ? ") me semble beaucoup plus pertinente.
Il y l'individu, notion centrale au texte, il y a le social/société interrogé par la cohésion, le rapport de groupe. Qu'est ce qui nous lie ? Quelle relation entretenons-nous ?
Pour l'auteur, le groupe est forcément signe d'effacement et de barbarie. L'individu forcément expression, différenciation, et civilisation.
C'est aussi ne pas voir l'égocentrisme pourrait-on se dire : pourquoi m'interesse-je à l'autre si je suis l'essence. Ou adu moins autrement que dans mon propre intérêt ? En effet pourquoi s'engager dans une bataille pour défendre d'autres personnes si je n'y ai aucun sous ou intérêt ?
Il y répond dans cette 2nde partie, en en expliquant que, comme la "relation interpersonnelle" ne dépends plus de la "représentation collective" il existe une identification individus par individus, sans référence à des modèles sociaux, contrairement aux groupes.
Pour moi, c'est aller un peu vite en oubliant que cette subjectivité hors modèle sociale n'existe pas, puisque la perception et le jugement que nous portons sur les autres est pour beaucoup acquise, transmise par les valeurs de la société (c'est l'habitus de Bourdieu : la représenatio qu ej'ai de la société est en partie détermine par mon appartenance sociale).
Bref, il y aurait à creuser du côté de Durkheim et Bourdieu à coup sûr. Du côté de Rousseau (pour l'homme et la nature). De la politique, sur le "gouverner", le type de société (démocratie= somme dindividualité ou de communauté ?)
Peut être La morale (Kant etc).
Et surement sur des études de socio plus récentes sur "le vivre ensemble", pourquoi pas la structure familliale (je ne me souviens plus du sociologue français référent en la matière mais ça doit pouvoir se retrouver facilement)
On peut aussi penser que le capitalisme tend à individualiser les gens car ça les rends eilleur consommateur (parce que chacun veut le dernier iphone etc, et on voit bien là que l'indidualsime est encore dépendant de norme sociale puisque pour valoir quelque chose aux yeux des autres, et donc pouvoir échanger avec eux dans mon intérêt, faut-il encore posséder les apparats de la qualité, de la valeur). A l'inverse le communisme, en noyant l'individu dans la masse, ne différencie pas les individus, mais les mets à égalité. Egalité, notion que l'auteur veut rappatrier du côté de l'individualisme, là où ce concept n'avait pas cité auparavant...