Pour développer un peu plus sur les apéros facebook, je les trouve intéressants en ce qu'ils tordent le cou à l'idée reçue "facebook, ça prouve que nos jeunes sont de plus en plus addict au virtuel et qu'ils cherchent à fuir le réel". Au contraire, on observe quoi ici ? Que facebook devient un moyen et non pas une fin. Que des individus cherchent spontanément à recréer du lien, à se retrouver pour échanger au-delà de la toile. On a trop vite condamné ce site en disant qu'il participait de la déconnexion du réel des jeunes générations, sans voir qu'il s'agissait en réalité d'un processus en deux temps : on se connecte / fuit le réel => on s'y retrouve par d'autres moyens / d'une autre façon.
Et comme dit plus haut, facebook, c'est aussi un moyen commode de créer des évènements / prévenir ses amis qu'on va au ciné / organise une fête, sans avoir à passer 50 coups de fil ou envoyer 50 sms. C'est juste utiliser le meilleur support actuellement disponible pour ça. Prenez la télé : quand on est passé du noir et blanc à la couleur, pouvait-on dire qu'il s'agissait d'un effet de mode ? Non, juste un moyen plus pratique pour regarder le petit écran, car avec des couleurs etc.
De fait, il y a un côté démiurgique assez plaisant dans facebook, ou comment recréer un monde d'une certaine façon, sur un certain mode, quand tous les autres facteurs traditionnels de socialisation sont morts ou presque (école, Eglise, famille etc.). Ca rapproche les gens au lieu de les éloigner (qui n'a jamais pu retrouver un vieil ami de primaire grâce à FB ?), et plus encore, ça ouvre une nouvelle fenêtre sur le monde contemporain.
Alors certes, on peut dire que FB c'est aussi les débiles mentaux qui se montrent pour se montrer, qui trollent pour troller, et qui ajoutent des amis juste pour en avoir plus que le voison ou le copain. Mais peut-on parler alors d'effet de mode ? Je ne crois pas non plus. Je parlerais plutôt de symptôme sociétal, puisque ici, ces aspects les plus déplaisants de facebook sont plus une conséquence qu'une cause.
Reste alors à déterminer la cause, mais ça, c'est une autre histoire autrement plus complexe... 