Salut.
Ne comptant pas passer de concours ayant pour exercice la contraction de texte, et en ayant de faibles capacités littéraires, je requiers votre aide pour ma contraction de texte 
Il s'agit de résumer entièrement ce texte de 758 mots extrait de la Profession de foi du vicaire Savoyard de Rousseau.
Ce résumé doit obligatoirement comprendre entre 69 et 83 mots.
Un résumé au mieux, ou mêmes quelques phrases résumant divers paragraphes serait un vrai cadeau
)
Oui je sais, ce n'est pas sérieux, mais j'ai largement de quoi combler ce vide de la philosophie dans d'autres matières scientifiques ( A la base, c'est ce qu'on nous demande dans une prépa scientifiques, m'enfin bon, inutile de commencer a partir en troll
)
Voici la bête:
Considérez, mon ami, dans quelle horrible discussion me voilà engagé; de quelle immense érudition j’ai besoin pour remonter dans les plus hautes antiquités, pour examiner, peser, confronter les prophéties, les révélations, les faits, tous les monuments de foi proposés dans tous les pays du monde, pour en assigner les temps, les lieux, les auteurs, les occasions! Quelle justesse de critique m’est nécessaire pour distinguer les pièces authentiques des pièces supposées; pour comparer les objections aux réponses, les traductions aux originaux; pour juger de l’impartialité des témoins, de leur bon sens, de leurs lumières; pour savoir si l’on n’a rien supprimé, rien ajouté, rien transposé, changé, falsifié; pour lever les contradictions qui restent, pour juger quel poids doit avoir le silence des adversaires dans les faits allégués contre eux; si ces allégations leur ont été connues; s’ils en ont fait assez de cas pour daigner y répondre; si les livres étaient assez communs pour que les nôtres leur parvinssent; sî nous avons été d’assez bonne foi pour donner cours aux leurs parmi nous, et pour y laisser leurs plus fortes objections telles qu’ils les avaient faites.
Tous ces monuments reconnus pour incontestables, il faut passer ensuite aux preuves de la mission de leurs auteurs; il faut bien savoir les lois des sorts, les probabilités éventives, pour juger quelle prédiction ne peut s’accomplir sans miracle; le génie des langues originales pour distinguer ce qui est prédiction dans ces langues, et ce qui n’est que figure oratoire; quels faits sont dans l’ordre de la nature, et quels autres faits n’y sont pas; pour dire jusqu’à quel point un homme adroit peut fasciner les yeux des simples, peut étonner même les gens éclairés; chercher de quelle espèce doit être un prodige, et quelle authenticité il doit avoir, non seulement pour être cru, mais pour qu’on soit punissable d’en douter; comparer les preuves des vrais et des faux prodiges, et trouver les règles sûres pour les discerner; dire enfin pourquoi Dieu choisit, pour attester sa parole, des moyens qui ont eux-mêmes si grand besoin d’attestation, comme s’il se jouait de la crédulité des hommes, et qu’il évitât à dessein les vrais moyens de les persuader.
Supposons que la majesté divine daigne s’abaisser assez pour rendre un homme l’organe de ses volontés sacrées; est-il raisonnable, est-il juste d’exiger que tout le genre humain obéisse à la voix de ce ministre sans le lui faire connaître pour tel? Y a-t-il de l’équité à ne lui donner, pour toutes lettres de créance, que quelques signes particuliers faits devant peu de gens obscurs, et dont tout le reste des hommes ne saura jamais rien que par oui-dire? Par tous les pays du monde, si l’on tenait pour vrais tous les prodiges que le peuple et les simples disent avoir vus, chaque secte serait la bonne; il y aurait plus de prodiges que d’événements naturels; et le plus grand de tous les miracles serait que là où il y a des fanatiques persécutés, il n’y eût point de miracles. C’est l’ordre inaltérable de la nature qui montre le mieux la sage main qui la régit; s’il arrivait beaucoup d’exceptions, je ne saurais plus qu’en penser; et pour moi, je crois trop en Dieu pour croire à tant de miracles si peu dignes de lui.
Qu’un homme vienne nous tenir ce langage: Mortels, je vous annonce la volonté du Très-Haut; reconnaissez à ma voix celui qui m’envoie; j’ordonne au soleil de changer sa course, aux étoiles de former un autre arrangement, aux montagnes de s’aplanir, aux flots de s’élever, à la terre de prendre un autre aspect. A ces merveilles, qui ne reconnaîtra pas à l’instant le maitre de la nature! Elle n’obéit point aux imposteurs; leurs miracles se font dans des carrefours, dans des déserts, dans des chambres; et c’est là qu’ils ont bon marché d’un petit nombre de spectateurs déjà disposés à tout croire. Qui est-ce qui m’osera dire combien il faut de témoins oculaires pour rendre un prodige digne de foi? Si vos miracles, faits pour prouver votre doctrine, ont eux-mêmes besoin d’être prouvés, de quoi servent-ils? autant valait n’en point faire.
Reste enfin l’examen le plus important dans la doctrine annoncée; car, puisque ceux qui disent que Dieu fait ici-bas des miracles prétendent que le diable les imite quelquefois, avec les prodiges les mieux attestés, nous ne sommes pas plus avancés qu’auparavant; et puisque les magiciens de Pharaon osaient, en présence même de Moïse, faire les mêmes signes qu’il faisait par l’ordre exprès de Dieu, pourquoi, dans son absence, n’eussent-ils pas, aux mêmes titres, prétendu la même autorité? Ainsi donc, après avoir prouvé la doctrine par le miracle, il faut prouver le miracle par la doctrine, de peur de prendre l’oeuvre du démon pour l’oeuvre de Dieu. Que pensez-vous de ce diallèle?
