Bonjour j'ai l'introduction de ce texte a faire
(c'est en philo^^) :
Je ne sais si je dois vous entretenir des premieres meditations que
j'y ai faites; car elles sont si metaphysiques et si peu communes,
qu'elles ne seront peut-etre pas au gout de tout le monde : et [157]
toutefois, afin qu'on puisse juger si les fondements que j'ai pris
sont assez fermes, je me trouve en quelque facon contraint d'en
parler. J'avois des long-temps remarque que pour les moeurs il est
besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait etre fort
incertaines, tout de meme que si elles etoient indubitables, ainsi
qu'il a ete dit ci-dessus : mais pourcequ'alors je desirois vaquer
seulement a la recherche de la verite, je pensai qu'il falloit que je
fisse tout le contraire, et que je rejetasse comme absolument faux
tout ce en quoi je pourrois imaginer le moindre doute, afin de voir
s'il ne resteroit point apres cela quelque chose en ma creance qui fut
entierement indubitable. Ainsi, a cause que nos sens nous trompent
quelquefois, je voulus supposer qu'il n'y avoit aucune chose qui fut
telle qu'ils nous la font imaginer; et parcequ'il y a des hommes qui
se meprennent en raisonnant, meme touchant les plus simples matieres
de geometrie, et y font des paralogismes, jugeant que j'etois sujet a
faillir autant qu'aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les
raisons que j'avois prises auparavant pour demonstrations; et enfin,
considerant que toutes les memes pensees que nous avons etant eveilles
nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu'il y en ait
aucune pour lors qui soit vraie, je me resolus de feindre que toutes
les choses qui m'etoient jamais entrees en l'esprit [158] n'etoient
non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais aussitot apres
je pris garde que, pendant que je voulois ainsi penser que tout etoit
faux, il falloit necessairement que moi qui le pensois fusse quelque
chose; et remarquant que cette verite, _je pense, donc je suis_, etoit
si ferme et si assuree, que toutes les plus extravagantes suppositions
des sceptiques n'etoient pas capables de l'ebranler, je jugeai que je
pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la
philosophie que je cherchois.
je voulais savoir si quelqu'un pourrais m'aider ??
merci bcp