Tu sembles considérer que les décisions de l'Union européenne viennent de l'extérieur (c'est d'ailleurs la rengaine habituelle : "maudite Europe, qui nous impose ses choix").
Ce n'est pas vrai !
La France participe pleinement au processus de décision communautaire, notamment au sein du Conseil de l'union européenne.
Il ne tient qu'à elle de défendre ses positions !
[Je me souviens par exemple de M. Sarkozy, alors ministre des finances, qui paradait devant les télévisions nationales, montrait son activisme en allant dans telle et telle entreprise, mais n'était jamais présent au Conseil de l'union européenne des ministres des finances (là où ça compte et où il faut faire entendre sa voix)...]
De même, au stade de l'élaboration de la réglementation communautaire, le lobbyisme tient une place très importante. Certains Etats sont très organisés et font entendre leur voix (ex : règlementation sur tel domaine ; l'ensemble des corporations ou syndicats d'un Etat va se réunir, élaborer une position allant dans leur sens, faire des propositions... Ils vont être actifs et ne se plaindront en général pas du résultat final).
Ce n'est pas ce que font les français : eux ne s'organisent pas entre eux, restent passifs (ou alors partent à la bataille en rangs dispersés, en s'accusant mutuellement), et sont surpris de voir que le projet qui en ressort ne correspond pas à leurs attentes. Ils ne font rien avant, et gueulent après...
On ne peut pas, d'un côté, ne pas jouer le jeu et, de l'autre, se plaindre que ce sont les autres qui l'emportent.
Par ailleurs, l'Union n'est pas si "mondialiste" que cela. Certes, à l'intérieur de la Communauté, il y a une vraie concurrence. Toutefois, l'Union est très protectionniste pour tout ce qui vient des Etats non communautaires [par exemple, en matière agricole : tu manges très peu de produits américains (viande, légumes...), alors que ceux-ci sont plus compétitifs].
Il n'y a qu'à voir la règlementation anti-dumping existante et les nombreux conflits opposant l'UE et des Etat tiers au sein de l'OMC.
Enfin, l'Europe a apporté beaucoup : par exemple, en participant aux communautés, la France a découvert les méthodes de fonctionnement et les règlementations des autres Etats (alors qu'avant, elle était centrée sur elle-même, pensant que tous ses choix étaient les meilleurs). Elle s'en est largement inspirée, lorsqu'elle estimait qu'une réglementation était plus efficace que la sienne, et a intégré d'elle-même ces règlementations dans son droit interne.