En fait ça va plus loin que ça. Le Réalisme littéraire n'existe qu'en temps qu'Idéal. Jamais aucun écrivain ne pourra l'atteindre, et même les plus poussés des Réalistes n'en avaient pas l'ambition (Zola...).
Stendhal disait je crois "Le Roman c'est un miroir que l'on promène le long du chemin" (ou un truc du genre, tu peux la chercher sur internet et la recaser ça peut être interessant pour ton sujet). Le roman réaliste n'est pas une tentative exacte de reproduction du réel, il faut plutôt le voir comme un "miroir" de la réalité, un "miroir" qui permet de regarder la réalité sous un autre oeil. Mais certainement pas La réalité.
Cela dit maintenant, inversons la réflexion. Le journaliste serait censé, lui, donner LA réalité. Or, là également ce n'est pas le cas. Un journaliste, même un très bon, ne peut donner de réalité objective. Les mots sont tous subjectifs, qu'on le veuille ou non.
Donc en bref. D'un côté on a le romancier réaliste qui donne un miroir à travers lequel voir la réalité, et de l'autre un journaliste qui à travers un fait réel ne peut que tendre vers son avis et sa subjectivité.
Deux processus très différents et à la fois très proches.