L'enjeu essentiel reste la constitution d'une conscience de classe : un ensemble d'individus peut-il constituer une classe sociale sans en avoir conscience ? En effet, une classe "en soi", c'est à dire matériellement observable, objective, peut exister sans que le sentiment d'y appartenir ne soit discernable. Pour passer à une classe "pour soi", il faut que les individus prennent conscience d'un rapport d'exploitation, ce qui ne va pas sans difficultés. Dans la visée marxiste, cette prise de conscience va pousser à la révolte, qui se manifeste de prime abord par l'organisation des travailleurs en partis et syndicats. C'est donc cette conscience de classe qui permettra finalement d'initier la lutte des classes dans l'analyse marxiste. Aujourd'hui, il y a donc plusieurs débats :
* Les classes sociales existent-elles encore objectivement ? Il y a effectivement eu une amélioration du statut des travailleurs grâce à la législation sociale et, pour partie, une résorption des inégalités les plus criantes. De plus, les catégories professionnelles se sont diversifiées. Pour autant, le partage des richesses demeure encore très inégalitaire. N'est-ce pas alors que la conscience de classe fait défaut ? On peut se poser la question.
* Ensuite, autre question que l'on peut se poser, l'indivualisme de masse limite-t-il désormais toute possibilité d'organisations sociales et d'actions collectives, alors que les rapports de production restent inégalitaires ?
* Le travail n'est plus qu'un élément parmi d'autres dans la formation des identités sociales. Le genre (homme/femme), la génération (les groupes d'âge), les loisirs pratiqués et les modes de consommation sont tout aussi importants. Le travail devenant un élément de référence parmi d'autres, comment envisager la constitution de classes sociales ?