La guerre d'Algérie est aussi nommée, selon les points de vue et les époques, guerre d'indépendance algérienne, guerre de libération nationale, révolution algérienne ou événements d'Algérie.
En droit, seuls peuvent faire la guerre ceux qui ont la personnalité juridique de droit international (en partie parce qu'une déclaration de guerre est un traité et qu'il faut avoir la capacité juridique pour le signer). Refuser de qualifier juridiquement les événements d'Algérie de guerre revient donc à refuser de reconnaître le caractère d'État à l'Algérie antérieurement à 1962.
À partir de cette réalité juridique, deux positions s'opposent :
la position française a pendant longtemps été celle de refuser la qualification de guerre. Le terme de guerre ne fut donc employé par les autorités françaises que très tardivement, par un vote de l'Assemblée nationale en 1998, et par un discours en juin 1999 du président de la République Jacques Chirac. Auparavant, l'expression consacrée dans le discours politique français était événements d'Algérie.
la position algérienne, au contraire, estime que les faits étaient tels que l'Algérie était un État souverain, alors même que la qualité d'État ne lui avait pas été reconnue en droit, antérieurement à la colonisation. Le droit ne devant être que l'expression du politique, il doit donc s'y soumettre ; ainsi, la guerre d'indépendance n'aurait pas permis de trouver la souveraineté de l'État algérien, mais de la retrouver.
Avec la reconnaissance officielle de la guerre par la classe politique française[3], la première position est en passe de disparaître, d'autant plus que l'expression guerre d'Algérie était déjà utilisée par les historiens et les journalistes français depuis longtemps et que le grand public reconnaît également cette expression.
Néanmoins, si la France a reconnu la guerre, seuls ont été également reconnus officiellement les actes individuels commis par les militaires. Le caractère organisé de la répression des Algériens (tortures...) par les militaires au nom de l'État français n'a, lui, jamais été reconnu. À noter que la qualification des accords d'Évian relève de la même problématique.
Côté algérien, le 20 août 2006, à l'occasion du cinquantième anniversaire du congrès de la Soummam, le président Abdelaziz Bouteflika a reconnu dans un message que : « Notre guerre de libération nationale a été menée par des hommes et des femmes que l'élan libérateur portait le plus souvent à un haut niveau d'élévation morale, mais elle comporte des zones d'ombre à l'instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociétés humaines ». C'est la première fois que l'État algérien reconnaît publiquement l'existence de faits jusque-là tabous et occultés par l'histoire officielle.