Legroros est un boulet obèse ; Bourreau est un dieu svelte. Si leurs profils apparaissent antinomiques au premier abord, ils se complètent et se confondent en fait. Ainsi, la volonté de Bourreau d´adresser la parole au fangeux Julien peut être interprétée comme une tentative de le sortir de sa condition de handicapé en surcharge pondérale pour l´élever au rang de divinité. Comment ont évolué leurs rapports, et quelle est leur nature exacte?
En premier lieu, c´est l´amour qui les unit. Car ils partagent la même aspiration à intégrer une prépa, parce qu´ils forment à eux deux la clé du voûte du front anti S et sont de fait intelligents et lettrés, ils se vouent une passion sans bornes. Cependant, à cette oarystis succède la haine quand ils se retrouvent seuls, face à face. Leurs attitudes respectives les écoeurent, la rivalité qu´ils nourrissent poussent l´obèse à jalouser Bourreau, et ainsi, le gros gesticule pour dénoncer la perfection de Bourreau.
Tous deux ont l´ambition d´intégrer une CPGE. Voie de l´élite, voie royale pour atteindre le haut de la toupie de Henri Mendras, elle suscite nombre de vocations chez des jeunes aux potentialités bridées par une structure sociale égalitariste, et par là, ces deux jeunes hommes, quoi qu´ils puissent par ailleurs n´avoir rien a priori en commun, voguent sur le même rail vers la prépa ECE.
S´ils ont choisi la prépa ECE, c´est parce qu´ils sont en ES. De cette déduction toute logique découle le deuxième point qui pousse l´obèse et le dieu à s´apprécier en dépit de tout : la défense de leur section. Face aux S jaloux, frustrés, inférieurs, et qui expriment cette décrépitude mentale par un comportement gamin, les deux génies de l´économie et de la sociologie font front commun, et freinent, par leur brillante rhétorique, la résurgence de la persécution des ES.
Cette prouesse est permise par leur prestigieuse maîtrise de la langue et des moyens de persuasion. Par ailleurs intelligents, leur art de la réplique est servie par un QI anormalement élevé et ainsi envié, et cette propension naturelle à se mettre au dessus de la plèbe les conduit à s´unir par instinct de survie. Tels Adam et Eve, ils errent dans l´Eden à la recherche de leur fruit. Mais bien vite la querelle surgit quand la question de ce trophée se pose.
Car s´ils savent joindre leurs talents quand l´ennemi scientifique frappe aux portes de leur sanctuaire de culture, seuls dans leur intimité, ils n´ont de cesse de se bouffer la gueule. Legroros obèse et jaloux, véritable Gnathon ; Bourreau éthéré, vif et divin ; comme le feu fait fondre la glace, l´incommensurable supériorité du dieu tortionnaire réduit à néant les sursauts de la médiocrité legrorienne mue par sa surcharge pondérale.
De fait, Legroros se pose en rival, et tente de se faire reconnaître en tant que tel par Bourreau pour ainsi être mis sur la même marche de l´escalier vers l´Olympe que lui. Hurlant du bas de ces marches, il s´évertue à masquer ses infinis défauts derrière une égalité d´apparat, et les apparences tombées, sa jalousie revit et embrase sa face de porc. Il jalouse les dieux de sa terre de misère, et la finitude qu´il foule de ses pieds sales l´empêche de s´élever au rang d´Eternel.
Cette inclination à vouloir exister aux yeux de celui qui ne le voit pas se manifeste prosaïquement par un comportement vindicatif sur le forum. Car ignoré, il agresse. Car proscrit, il force sa place dans un lieu qui accueille en son sein guère peu de lardons. Parce qu´illégitime, cette fragile position vacille aux bordures de la réalité quand le grand Bourreau rappelle à quel point il lui est supérieur.
Entre rapprochement et exclusion, la suite du feuilleton Bourreau-Groros est sujette à de nombreuses interrogations. En ouverture, on peut se demander si Tidus1188 a une grosse queue.