Défi JAL : Tous différents! En refusant l’altérité, l’Education Nationale s’est-elle condamnée ? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Bernard LEUNE
08-05-2007
Les différences de nos Enfants font notre force et la richesse de nos Peuples et stimulent le dynamisme de la France, de l’Europe. Nous appelons de tous nos vœux pour que vous intégriez cette dimension dans votre programme et souteniez nos efforts pour une altérité scolaire des Enfants qui, sans elle, est un grand gaspillage de talents et de compétences.
De Nantes à Paris en mettant un pied devant
l’autre, c’est comme entrer dans un monde parallèle, une aventure à l’échelle humaine qui change la perception du temps et modifie le regard… 15 jours, 499 kilomètres pour « une école pour tous, adaptée à chacun, sans entrave ni maltraitance, dans le respect des différences ».
Alors que la marche s’inscrivait également sous les couleurs de « l’année européenne pour l’égalité des chances » portée en France par la « Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances », les Elus des communes étapes ont accueilli le Défi JAL. Nous remercions très chaleureusement tous les Elus, l’association Saint Jean, le Secours Populaire, les randonneurs, les particuliers qui ont aidé à la concrétisation de cette marche.
De la maltraitance psychologique à la maltraitance physique, des familles d’Enfants à haut potentiel ont clamé le drame que leurs Enfants vivaient, leurs difficultés avec l’école et avec les autorités académiques, des familles ont exprimé leurs souffrances et puis cette famille qui pleure sa fille Juliette qui « a choisi de quitter notre monde d’incompréhensions, devenu insupportable » et d’ajouter « Trop tard pour elle ! Mais il est encore temps pour les autres ». Hélas, là encore les TS sont supérieures aux autres Enfants. Et puis Olivier, ce jeune de 18 ans venu dire le drame de 7 ans de vie scolaire, tapé à la récréation par les élèves sans que les enseignants n’interviennent, maltraité psychologiquement par ces derniers, cet isolement dans lequel il a été confiné, la discrimination dont il faisait l’objet. Il a été déscolarisé et a passé le baccalauréat en candidat libre. Olivier est passé par la fréquentation de la délinquance et avec tout l’amour de ses parents revient lentement à la Vie. Il y a aussi ce père venu dire que l’enseignant organise le vide autour de son fils en le traitant de « radioactif et qu’il ne faut pas l’approcher » et puis Damien, tête de turc pour les uns, bouc émissaire pour les autres, il est agressé par les élèves et par les enseignants. On se moque de lui. Il est affublé de surnoms « mongol, tête d’ampoule, allien, martien, poil de carotte». Ses vêtements et ses devoirs sont constamment volés, détériorés. Le père de Damien a fait une déclaration de main courante. Les autorités se sont moquées… Damien ne veut plus aller à l’école…Et encore ce père qui témoigne qu’il a été dans l’obligation de déscolariser ses Enfants en 1ère pour l’un et en terminale pour le second. Père d’un garçon de 11ans, Franck fulmine contre les enseignants qui laisse les élèves de la classe insulter son fils car pendant les devoirs notés, les professeurs le mette à part afin que ses congénères ne copient pas. Cela rend malade son fils : vomissements et maux de tête… Aujourd’hui, je parle volontairement des « Pères » pour faire cesser la rumeur véhiculée par quelques enseignants « que ce sont les mères qui ne travaillent pas et qui n’ont rien d’autre à faire qui viennent se plaindre et leur faire perdre leur temps ». Et bien non ! Ils sont tous concernés.
Des enseignants ont exprimé leur soutien. Ils ont confirmé l’échec des Enfants mais aussi le leur. Le « maître et l’élève » sont en échec. Voilà un discours nouveau qu’il convient de saluer. Je les remercie pour cette observation et leur sincérité qui montrent toute l’attention apportée par des enseignants aux élèves. Ils se sont également exprimés sur la maltraitance que les Enfants pouvaient subir ayant pour origine quelques uns de leurs collègues.
Dans nos échanges avec les enseignants, plusieurs appellent notre attention sur les motifs de l’échec scolaire demandant si nous étions en mesure de l’expliquer. Nous invoquons principalement le manque de formation des personnels sur les « Enfants différents », « le changement structurel de l’école »… ils ajoutent en chœur le « temps de travail inégal entre les professeurs de collège ». Des professeurs considèrent qu’ils subissent une discrimination. En effet, pour un même poste d’enseignement, ex. professeur de mathématiques, le temps de travail n’est pas le même. Plus le diplôme est élevé et moins le professeur enseigne. Plus le diplôme est élevé et plus le professeur est payé. Ces écarts sont une des sources de mécontentement. Ils sont d’accord semble-t-il pour qu’il y ait une différence sur le salaire mais pas sur le temps de travail. Je pense qu’il faudrait ajouter un facteur dans la détermination du salaire basé sur la « capacité pédagogique ». On peut avoir un Doctorat ou une Agrégation et être totalement incapable d’enseigner. Par ailleurs, ils évoquent aussi la répartition de l’emploi du temps dont les meilleurs sont toujours affectés aux mêmes sans transparence. Ils dénoncent aussi le système de notation archaïque et démotivant car les efforts ne sont pas pris en considération.
Des professionnels de la santé nous ont fait observer que les enseignants sont recrutés sur leurs compétences académiques et à aucun moment sur leurs capacités pédagogiques ni psychologiques à faire face à des Enfants très différents, à des Enfants fragiles, à des Enfants multiculturels… Des enseignants confirment et évoquent également leurs souffrances face à des Enfants qu’ils ne comprennent pas. Si quelques professeurs sont conscients, d’autres les font souffrir et deviennent « maltraitants » sans s’en rendre compte, semble-t-il, car ils ne font pas la différence et considèrent la classe, les élèves comme « un », sans bienveillance pour des différences qui le nécessiteraient.
Depuis 30 ans, des associations se battent pour faire changer les choses… sans beaucoup de résultats sur le plan des ouvertures de classes et pour cause. Le texte rédigé par un syndicat, extrait d’une lettre envoyée à un Principal de Collège il y a plusieurs années, qui reste d’actualité car elle n’a jamais été démentie, trace la ligne directrice aux syndiqués « Nous vous demandons instamment et solennellement d´abandonner définitivement tout projet d´ouverture d´une classe au collège pour "enfants intellectuellement précoces", c´est-à-dire "surdoués", dont les présupposés sont par essence entachés d´une idéologie inégalitaire aux fortes connotations d´extrême-droite ». Cinq classes publiques de la 6ème à la 3ème (20 classes au total) accueillent de manière organisée les hauts potentiels en France. Des familles ont aussi indiqué que des établissements sous contrat « aguiche » les familles avec des programmes soi-disant pour « Enfants à haut potentiel ». Leurs programmes ne sont pas toujours bien adaptés.
Le texte de ce syndicat reflète bien la défiance de l’enseignement public. C’est très inquiétant et nous pouvons nous interroger sur le respect des Enfants et de leurs familles. Bien que les Enfants à haut potentiel aient le droit d’être cités dans l’Education Nationale, il n’y a pas de changement. Le système est corrompu et un haut responsable indiquait qu’il ne fallait pas que plus de 10% de ces Enfants réussissent. Il indiquait par ailleurs qu’il ne fallait rien attendre de l’Education Nationale. Sachez-le ! Cela explique la difficulté des familles dans les collèges et les écoles.
Aujourd’hui, l’altérité des Enfants à l’école, c’est un vœu pieu et lorsque des professeurs vous disent : « dans ma carrière je n’en ai vu qu’une avec deux ans d’avance et encore, elle n’était pas à haut potentiel », « je n’en ai jamais vu dans ma classe», « c’est un point de vue que je ne partage pas » ; il s’agit d’une absence de reconnaissance des Enfants à haut potentiel. Cependant, des familles, des Enseignants, des Elus connaissent personnellement des cas d’Enfants à haut potentiel en situation d’échec et de maltraitances scolaires. Généralement, il s’agit d’un membre de leur famille ou d’amis.
Par ailleurs, on note la réaction très positive de responsables de l’Enfance, d’Educateurs qui disaient ne pas comprendre la situation d’Enfants et encore moins leurs modes de fonctionnement. Ils voient dans notre présentation de nouvelles perspectives pour quelques Enfants «placés » et qui apparaissent atypiques. Ce sont des Enfants qui, en première instance, pourraient présenter des signes de précocité intellectuelle et qui s’ennuieraient… En absence de réponse adaptée, ils recherchent un moyen pour survivre et peuvent développer des comportements à risque. La responsabilité de la société, de l’Education Nationale, de l’Etat est très importante mais également celle des syndicats et des enseignants.
L’un de nos interlocuteurs, Professeur et Maire-adjoint qui déclarait n’en avoir rencontré quasiment aucun, ne savait pas les définir ni d’ailleurs les reconnaître quand on le lui demanda. Il nous indiqua également qu’il n’y avait pas de problème dans sa commune. Il a peut-être raison… Professeur en lycée et classes préparatoires, il ne doit effectivement pas en voir beaucoup car 45% des hauts potentiels sont orientés en CAP/BEP alors que la moyenne nationale selon l’Insee est de 17%. Ce Professeur-maire-adjoint évoque le cas d’un Enfant qui avait des problèmes dans toutes les écoles de sa ville. Alors qu’il rencontrait les parents, ces derniers rappellent la précocité de leur Enfant. Selon l’Elu-professeur, c’est de l’affabulation… Pourtant, les tests prouvent le contraire. La famille déménage afin de faire entrer l’Enfant dans un établissement spécialisé. Dans cette ville, JAL est intervenu. La famille n’a pas obtenu de réponses des autorités.
Dans cet échange est apparue aussi l’existence d’une confusion grave dans les fonctions d’Elu et de Professeur. Un Elu de par sa fonction doit défendre les Enfants en situation de maltraitance scolaire et ne pas en priorité « protéger l’Institution ». On observe l’absence de signalement aux autorités départementales lorsqu’il s’agit d’une maltraitance scolaire.
Par ailleurs, ces professeurs ont dit le harcèlement et la maltraitance qu’ils subissaient eux-mêmes de la part de leur hiérarchie et quelquefois de celle de leurs collègues, principalement pour des questions d’opinions divergentes mais aussi lorsqu’ils dénoncent le comportement maltraitant sur élève d’un collègue. Et puis ce professeur qui a pris un blâme pour avoir dénoncé les agissements du principal, dégouté… Nous étions intervenus sur un dossier concernant un Enfant maltraité, harcelé par un principal. De même un professeur avait également été harcelé précédemment par ce même principal. Concernant le jeune, une plainte a été déposée puis classée sans suite. Peu de temps après, nous apprenions que l’Etat avait été condamné dans la plainte qui opposait le professeur au principal. Quatre ans de procédures. Et puis ces agents techniques dans la même situation… Le principal a été muté dans l’une des villes ou nous faisons étape, mutation qui ressemble d’avantage à une promotion. Les nouvelles ne sont pas bonnes…et ce chef d’établissement a décidé à nouveau de se comporter en maltraitant. Nous avons informé les autorités de la ville et nous prendrons prochainement de nouvelles initiatives (C.f. Education Nationale : Hors la Loi ?) pour lutter contre le fléau des mauvais traitements sur élèves et contre le harcèlement des enseignants. Ils ont dit aussi les agressions verbales qu’ils subissaient de la part d’élèves.
On note aussi l’intérêt d’une ville pour ouvrir avec JAL une école expérimentale pour les Enfants qui intègre une nouvelle pédagogie.
Finalement, il y a une véritable méconnaissance des hauts potentiels. Excepté les familles concernées et les psychologues, peu de personnes sont en mesure d’avoir un avis éclairé sur la question et chacun reste démuni devant ce paradoxe : des Enfants avec des facultés importantes en échec scolaire grave et généralisé dans un pays qui dépense 65 milliards d’euro dans l’éducation et qui est la cinquième puissance mondiale.
Il est illusoire de penser que nous parviendrons à faire changer rapidement le regard des enseignants et de la hiérarchie de l’Education Nationale. L’inertie de ce ministère, les positions négatives trop souvent exprimées, les avis trop contradictoires, le chipotage des pseudos conseil pédagogiques qui amalgament maturité, sensibilité, capacité, acquisition, connaissances, intelligence nécessitent cette fois de saisir les autorités le plus largement possible.
Pour trop d’Enfants c’est le chaos, nous ne pouvons plus accepter ces intellocides, ces maltraitances, ces échecs programmés, ces Enfants laissés en jachère et sans perspectives.
Cela demandera beaucoup de temps… trop de temps… que nous n’avons plus… Pour les Enfants, pour la nation entière il est impérieux d’agir !
Afin de terminer sur une note d’optimisme, je reconnais l’excellent travail d’enseignants, de responsables pour aider les Enfants et ce, contre vents et marée. Je suis admiratif devant des chefs d’établissements et des enseignants qui mettent en place des programmes qui n’ont rien « d’académiques » afin de permettre à des Enfants, à des jeunes de réussir et ce malgré de nombreuses difficultés. Ils font preuve d’imagination et d’initiatives. Sans parachute, car comme chacun le sait, la réussite se conjugue à la première personne du pluriel et l’échec à la troisième personne du singulier, la hiérarchie dans l’Education Nationale excelle dans ce sport.
Alors un petit effort... Pour ces Enfants qui disposent de facultés importantes, qui comprennent plus vite que les autres, qui assimilent plus vite que les autres, décrochent aussi plus vite que les autres. Ils sont perdus au sein de l’école qui ne parvient pas à prendre en compte leur différence, estimant qu´ils peuvent bien se débrouiller seuls et certainement avec plus de facilité que leurs congénères en-dessous de la médiane. Nombre de ces enfants, pourtant doués de grandes capacités, se retrouvent en situation d´échec dans un système scolaire qui leur est inadapté. Pour qu´une place soit faite dans le système éducatif publique français, pour qu’une pédagogie soit adaptée aux enfants que l´on dit « précoces, surdoués, à haut potentiel », l´école de la République s´honorerait à faire en direction de ces enfants les mêmes efforts que ceux qu´elle sait déployer pour d´autres enfants en difficulté ?
Bernard Leune
Président.
Contact : 06.09.01.46.98
Site de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité
http://www.halde.fr/
Site de l’année européenne de l’égalité des chances pour tous :
http://ec.europa.eu/employment_social/eyeq/index.cfm?page_id=48
Une école pour tous adaptée a chacun,
Sans entrave ni maltraitance,
Dans le respect des différences.
Source :
http://www.categorynet.com/v2/index.php?option=com_content&task=view&id=44430&Itemid=752
tu crois qu"on va lire tout ca cette heure ? ![]()
Je me suis arrêté aux mecs qui se faisaient victimiser. ![]()
Trop long
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