Izenhart : Oui, c´est la doctrine classique.
Mais dans la nature, la propriété privée n´existe pas : il n´y a de propriété que lorsqu´il y a un Etat organisé qui a choisi de la garantir. Ce n´est pas inhérent à la personne humaine, donc ce n´est pas naturel.
On pourrait également critiquer le caractère naturel de l´égalité (reconnu également comme tel par la DDHC) : cette égalité là n´existe pas en fait (dans la nature, il n´y a qu´inégalités) ; elle n´existe qu´en droit.
On pourrait également rétorquer que les droits naturels n´ont d´effectivité que lorsqu´ils sont reconnus par le droit positif (ex : la propriété n´est "inviolable et sacrée" que parce que la DDHC le dit ; et encore, la DDHC se contredit puisqu´elle prévoit que l´on peut y porter atteinte lorsque la nécessité publique l´exige et moyennant une juste et préalable indemnité (=expropriation) : ce n´est pas vraiment inviolable et sacré).
Mais je ne rentrerai pas dans cette argumentation car cela serait confondre existence et effectivité (si le droit positif est une condition d´effectivité du droit naturel, cela ne signifie pas pour autant que cela serait une condition d´existence).
Le vrai problème du droit naturel, c´est que c´est censé être un droit objectif, inhérent, préexistant. Or, il est entièrement soumis à la subjectivité de celui qui le découvre (pour telle personne, tel droit sera du droit naturel, pour telle autre, ça sera tel autre droit).
La réalité, à mon sens (et je suis de l´avis des positivistes), c´est qu´il n´y a qu´un seul droit : le droit positif.
Il n´y a pas de grande différence entre le droit de propriété et le droit à la santé : le premier est protégé par l´Etat uniquement parce qu´il le veut bien (tous les Etats ne reconnaissent pas le droit à la propriété privée : ce droit ne va pas de soi ; il est condionné par une idéologie préexistante).
De même, l´Etat pourrait décider de s´astreindre à assurer un certain niveau de couverture médicale pour ses ressortissants.