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Liste des sujets

Corrige du BAC de francais pour S et ES

flach2
flach2
Niveau 4
12 juin 2007 à 16:35:31

Bonjour a tous,
j´ai trouve sur internet le corriger du commentaire du bac de francais 2007 pour les series S et ES

Voici le lien :
http://www.panicstreet.net.net/forum/viewtopic.php?t=17

Tos][Tos
Tos][Tos
Niveau 9
12 juin 2007 à 16:38:59

J´ai payé sur france examen (grace au paiement direct sur le compte internet orange lol donc je verserais rien !) je suis sympa voici le corrigé de la dissert :

I - L´ANALYSE ET LES DIFFICULTES DU SUJET

Sujet

Contraintes

● Une argumentation plus efficace ?

► Contrainte explicite : "Dans quelle mesure" : la question ainsi formulée appelle une réponse nuancée,

► Objet d´étude : convaincre, persuader, délibérer.

● Vous appuierez votre développement sur les textes du corpus.

► Exemples fournis par le sujet.

● Vos lectures personnelles.

► Exemples fournis par votre culture personnelle.

● Et les oeuvres étudiées en classe.

► Exemples fournis vos cours.

Caractéristiques générales du texte attendu :

● Il s´agit de produire une dissertation littéraire, qui doit être écrite comme un essai.
● Les allusions aux textes du corpus sont obligatoires, celles à votre culture littéraire acquise en cours ou non, sont souhaitées, mais pas obligatoires.

II - UN TRAITEMENT POSSIBLE DU SUJET

Le sujet invite à dégager tout ce qui, dans l´immense variété des textes littéraires, peut être mis au service de l´argumentation. Cependant, la réponse devra également être nuancée en montrant que la "forme" ne doit pas l´emporter sur le fond.

III - TYPE DE PLAN POSSIBLE

PREMIeRE PARTIE

La littérature offre un cadre formel à l´argumentation à travers le choix de formes littéraires : genres et types de textes.

● L´essai (et les genres qui lui sont apparentés : pamphlets, lettre, plaidoyer, discours...) est le genre traditionnellement dévolu à l´argumentation : il est donc naturel de penser qu´il sera efficace. Il présente une réflexion personnelle dans laquelle l´auteur s´implique directement. La présence plus ou moins marquée de la première personne et parfois de la seconde (lettre, discours etc.), le recours à des expériences personnelles ainsi qu´à un argumentaire nourri en fond un genre littéraire protéiforme particulièrement efficace pour convaincre. Ainsi Voltaire dans son Traité sur la Tolérance alterne passages proprement argumentatifs, rappels historiques, récits circonstanciés de la mort de Callas et interpellations variées (au lecteur, aux juges, à Dieu...), etc. On peut penser aussi à Montesquieu dans "De l´esclavage des nègres". Seule limite : l´essai s´adresse à un nombre restreint de lecteurs cultivés.

● Le récit, quelque soit le genre littéraire où il prend place, présente de nombreux avantages qui font de lui un genre tout à fait efficace pour l´argumentation. Il permet en effet d´inscrire la réflexion à travers une histoire qui séduira puis divertira plus facilement le lecteur et des personnages auxquels il lui sera possible de s´identifier. Par ailleurs, le récit est émaillé de descriptions qui peuvent participer à sa force de conviction. Parce qu´il s´adresse autant à la raison qu´aux sentiments, le récit s´avère donc un moyen particulièrement efficace de faire passer ses idées. Il est par ailleurs très varié et s´inscrit dans de nombreux genres : le récit à valeur de témoignage (Texte B), l´apologue, récit concentré et donc particulièrement efficace (fables de La Fontaine, fabliaux, contes philosophiques...) mais aussi passages de romans (chez Hugo ou Zola par exemple), scènes de théâtre et même poèmes (Texte C).

● Le dialogue enfin est une forme efficace pour présenter ses idées et convaincre le lecteur. En effet, il oppose en les mettant en scène deux idées différentes. Le dialogue est au carrefour entre fiction et essai ce qui lui permet habilement de combiner les avantages de chacun des deux. Qu´il s´agisse d´un dialogue philosophique (De Platon à Tahar Ben Jelloun en passant par Voltaire) ou d´un dialogue théâtral, l´efficacité demeure évidente : des personnages incarnent des conceptions opposées (On pense aux Justes de Camus, aux Mains sales de Sartre, à l´Antigone d´Anouilh, au théâtre de Molière en général...) et les font vivre sous les yeux du lecteur ou du spectateur. Forme dynamique et ouverte, le dialogue est un moyen particulièrement efficace d´aborder un débat complexe, nuancé.

Transition

La forme littéraire est le premier choix que doit faire l´écrivain en vue de rendre son argumentation efficace. Elle lui offre un cadre mais ce n´est pas la seule dimension à prendre en compte.

DEUXIeME PARTIE

Le registre et les procédés de styles sont également des paramètres qui peuvent rendre une argumentation plus efficace.

● Le choix du registre :

– le registre polémique est, à nouveau, le registre conventuellement dévolu à l´argumentation. Il se caractérise par une attaque franche et directe de la cible. Sa virulence permet au lecteur de saisir sans ambiguïté l´objet de la critique de l´auteur. Par ailleurs, il traduira efficacement la colère, l´indignation de l´auteur. La fin du texte de Hugo (texte B) relève ainsi d´un registre polémique puisque le personnage permet à l´auteur de manifester sa colère face aux inégalités sociales.

– Le registre pathétique utilise les émotions du lecteur afin de le persuader. Plus qu´à la raison, il s´adresse aux sentiments et incite le lecteur à refuser une situation insoutenable. Ainsi, l´opposition entre l´homme "pâle, maigre, hagard [...] souillé de boue" et la femme "en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle..." cherche à émouvoir le lecteur et à le dresser au côté des petits contre les puissants.

– Les registres satiriques, ironiques ou comiques utilisent le rire pour convaincre et faire passer des idées. On pense au texte de La Bruyère qui utilise énumérations, exagérations et détails pittoresque pour peindre le portrait de Gnathon et à travers lui dénoncer l´égoïsme. On pense également à la tradition volontiers didactique du théâtre comique français : de Molière à Brecht en passant par Jarry, les dramaturges utilisent le rire pour convaincre et dénoncer de manière efficace.

● Cependant c´est le style de l´auteur qui donnera vie à ces registres. Les figures de style concourent à rendre une argumentation efficace, à forcer un trait, par l´énumération ou l´hyperbole par exemple. Au contraire, elles permettent aussi de minimiser un fait (euphémisme) font également appel à l´imagination du lecteur en tissant des liens avec d´autres réalités (comparaisons, métaphores...). Elles mettent en valeur les idées de l´auteur (anaphore, antithèse, gradation...). La Bruyère, par exemple, fait appel à de nombreuses figures pour brosser le portrait de Gnathon : énumération de ses actes discourtois, nombreuses asyndètes qui suggèrent que la liste de ses défauts serait encore longue, métaphore animale (le "râtelier", l.11), hyperboles qui tendent à la caricature, antithèse l´opposant aux autres (l.20-21), etc.

● L´auteur qui a le souci de rendre son argumentation efficace sera également particulièrement attentif aux marques de son implication dans son texte. Plus que tout autre, le texte argumentatif est ancré dans une situation d´énonciation qui contribue fortement à le rendre efficace. L´auteur s´implique dans son argumentation pour la rendre convaincante. Pour cela, il utilise des modalisateurs, des intensifs, des signes de ponctuation marquée, etc. De même, l´argumentation sera d´autant plus efficace qu´elle s´adresse directement au lecteur et cherche son adhésion (apostrophes et questions rhétoriques...). Les lettres et les discours sont naturellement les textes argumentatifs les plus ancrés (cf. J´accuse ou Lettre à la Jeunesse de Zola) Enfin, c´est le choix des mots eux-mêmes qui contribuera à rendre efficace une argumentation. L´écrivain est plus que tout autre attentif à la porté et au sens des mots qu´il utilise. Il jouera donc avec efficacité des connotations (mélioratives ou péjoratives), des champs lexicaux, des niveaux de langues, etc. Le poète, quant à lui, pourra utiliser les sonorités pour donner à son texte une force suggestives plus grande. Ainsi, Prévert (Texte C) parle-t-il de "café-crème arrosé de sang" pour suggérer l´opposition entre l´homme de la rue affamé et les clients d´un café attablés.

Transition

La littérature met à disposition de l´argumentation une palette très riche de formes, de tonalités, de procédés. Cependant, il convient de garder en tête que la forme littéraire n´est qu´un moyen.

TROISIeME PARTIE

Néanmoins, la littérature peut parfois présenter des limites.

● La forme littéraire peut n´être qu´un cadre vide : Il convient de ne pas perdre de vue que c´est avant tout son contenu qui rend une argumentation efficace. La force des idées de l´auteur, leur justesse, leur pertinence dans le contexte social, historique, humain, la qualité de la réflexion de l´auteur, sa prise de recul face à ses convictions, son aptitude à la nuance sont primordiales. Si l´auteur privilégie la forme au détriment du contenu, aussi brillant soit-il, le texte ne sera qu´un ballon de baudruche. Les exemples que nous avons conservés aujourd´hui sont pour la plupart des réussites. N´oublions pas que la littérature tend à oublier peu à peu les mauvaises oeuvres.

● Le lecteur peut passer à côté de la dimension argumentative. Dans le cas de la fiction (roman, apologue, théâtre), le lecteur envoûté par l’intrigue peut ne pas voir le message que l’auteur cherche à faire passer. Comme le disait La Fontaine lui-même défendant le peuple athénien frivole "Si peau d’âne m’était conté, j’y prendrai un plaisir extrême." Le lecteur entraîné par l’aspect séduisant du récit ne distingue que la face plaisante, ne lit qu´au premier degré. La leçon passe au second plan. L’émotion qui se dégage du récit l’emporte sur la réflexion. C’est "l’œuvre d’art" qui prime. De plus, dans le récit comme dans les dialogues, les idées sont incarnées à travers des personnages. Ainsi, dans les Fables, la représentation d’une idée abstraite de façon allégorique n’est pas toujours facile à saisir. Rousseau ainsi demeure très critique à l’égard des fables. En effet selon lui, les enfants sont incapables de comprendre la moralité par le détour trompeur qu’elles utilisent. "Il faut dire la vérité nue aux enfants".

● La dimension littéraire peut parfois trop simplifier le propos. C´est particulièrement vrai pour l´apologue qui repose, précisément, sur une simplification de l´histoire et des personnages. Ce qui, de prime abord peut être une qualité, peut aussi se retourner en défaut quand le schéma narratif devient récurrent et donc lassant. De plus la simplification des personnages induit une absence d’épaisseur psychologique qui tend parfois à la caricature et simplifie à outrance des problèmes parfois complexes. Dans d´autres proportions, ceci pourrait s´avérer vrai dans le roman ou au théâtre. Molière représente à travers ses personnages des idées qu´il simplifie afin de faire jaillir le comique : Harpagon, parangon des avares, est-il encore réaliste ? La façon dont la littérature traite la réalité en la travestissant peut donc en limiter l´efficacité.

Conclusion

Une argumentation efficace dépend naturellement avant tout de son contenu. Toutefois, la littérature est un vecteur très efficace pour transmettre des idées. Pour cela, elle dispose d´un panel de formes qui lui permettent de s´adapter avec souplesse, précision et efficacité à tous les auteurs et à toutes les idées. Attention néanmoins à ne pas se limiter à une forme brillante mais vide ni à réduire la littérature à un rôle fonctionnel.

IV - LES FAUSSES PISTES

Il ne fallait surtout pas :

● Oublier de nuancer votre réponse en montrant les limites de la littérature au service des idées ;
● Oublier de s’appuyer constamment sur des exemples.

]james[
]james[
Niveau 38
12 juin 2007 à 16:40:30

si tu pouvais avoir le commentaire aussi ce serait parfait :ange:

nrjenforce
nrjenforce
Niveau 10
12 juin 2007 à 16:41:07

Balance le plan du commentaire stp. :-p

blizzard4ever
blizzard4ever
Niveau 10
12 juin 2007 à 16:42:04

j´imagine qu´il n´y a pas de corrigé pour l´écriture d´invention...

Tos][Tos
Tos][Tos
Niveau 9
12 juin 2007 à 16:42:19

Alles les masos faites vous plaisir lol :

I - L´ANALYSE ET LES DIFFICULTES DU SUJET

Sujet

Contraintes

● Vous ferez le commentaire de l´extrait de La Bruyère

► Contrainte explicite :
le commentaire d’un extrait des Caractères de La Bruyère.

► Contraintes implicites : il convient de montrer :
- son habileté à commenter, en organisant une réflexion sur un texte qui permette d’en révéler la signification profonde, en s’appuyant sur des exemples ;
- que le texte a une visée argumentative, puisque c´est l´objet d´étude du sujet. Aidez-vous de votre travail sur la question.

Caractéristiques générales du texte attendu :

● Il s´agit de produire un commentaire composé, qui prenne non pas la forme d’une explication de texte, comme à l’oral de français, et encore moins d’une paraphrase ou d’un récit reprenant le texte.
● Ce commentaire doit prendre la forme de la dissertation littéraire, être écrit comme un essai.
● Aucune remarque sur la forme du texte à étudier ne doit faire l’objet d’une analyse ou d’un développement à part, sans relation avec la signification de l’œuvre.
● Aucune allusion aux textes du corpus, aucune comparaison n’est demandée, ni souhaitable, sauf s’il apparaissait clairement que l’auteur n’a écrit ce texte qu’en réaction ou après avoir lu les textes antérieurs, qui figurent dans le corpus.

II - LES DIFFERENTS TYPES DE PLANS POSSIBLES

Par un plan analytique, c´est celui que nous proposons :

1. la technique du portrait : comment La Bruyère s´y prend pour que nous nous représentions bien Gnathon ;
2. la fonction de ce portrait : que cherche à dénoncer La Bruyère ?

Par un plan descriptif, c´est peut-être celui auquel beaucoup d´entre vous vont penser :

1. le comportement, le portrait en acte (attention à ne pas parler de portrait physique : on n´en a pas ici) ;
2. le caractère ;
3. mais il faudrait forcément ajouter une partie sur la fonction satirique (donc cette partie rejoindrait le plan analytique) en se demandant ce que représente ce personnage.

Le risque de ce plan est de se répéter car la dénonciation est contenue dans la peinture du caractère. C´est aussi de voir des éléments qui ne sont pas vraiment dans le texte : portrait physique ou même portrait moral. Au fond, La Bruyère ne fait que décrire le comportement de Gnathon. A nous d´en déduire son défaut de caractère.

III - LES PISTES DE REPONSES

PREMIeRE PARTIE : LA TECHNIQUE DU PORTRAIT

1. Un portrait vivant et en mouvement :

La Bruyère dresse le portrait d´un homme en action, nous le voyons vivre sous nos yeux (noter dès la première phrase l´utilisation du verbe "vivre" : "Gnathon ne vit que pour soi"). On pourrait parler de portrait saisi au vif, c´est-à-dire en action, en mouvement. Plusieurs indices le montrent :

– l´utilisation du présent tout au long du texte : présent à la fois de narration et de description (dans les deux cas, le présent nous donne à voir, sous nos yeux mêmes, le personnage).

– l´accumulation des verbes, et notamment des verbes d´action : "il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire" (l.6), "il écure ses dents, il continue à manger" (l. 12).

– on l´observe dans plusieurs situations de la vie quotidienne : à table (l.2 à 12) ; ensuite "quelque part où il se trouve" : "au sermon" (c´est-à-dire à l´église), "au théâtre","dans sa chambre", "dans un carrosse", en "voyage avec plusieurs", "dans les hôtelleries". C´est comme si on suivait son emploi du temps.

– si la plupart du temps, le portraitiste est extérieur au personnage, il lui arrive parfois de restituer ses pensées en focalisation interne : "il voudrait pouvoir les savourer tous" (l. 5), "il oublie " (l. 3), "et ne souffre pas" (l. 13 au sens : il ne supporte pas). Non contents de le voir agir, nous savons donc ce qu´il pense.

– l´écriture sert ce portrait en mouvement. Les phrases sont courtes pour la plupart. La Bruyère ne les relie presque jamais entre elles (on peut parler d´effet de parataxe). L´impression produite est celle de la rapidité : comme si l´écrivain croquait le personnage en quelques traits rapides et sûrs.

L´effet sur le lecteur est évidemment de rendre ce portrait plus réel. Le texte en devient plus accessible, plus lisible.

2. Un portrait caricatural

Ce portrait a une autre caractéristique : il est exagéré et tend à la caricature. Comme un dessinateur, La Bruyère trace des traits insistants, appuyés. Là encore, on peut relever plusieurs indices :

– les hyperboles : à table, Gnathon "occupe lui seul" la place "de deux autres". Il se comporte comme un glouton répugnant et sans gêne : "s´il enlève un ragoût de dessus un plat, il le répand en chemin dans un autre plat et sur la nappe" (l. 9-10) ; "il mange haut est avec grand bruit" (l. 11) ; "le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe" (l. 9).

– les oppositions servent aussi la caricature. Gnathon dévore tout, pendant que "les conviés, s´ils veulent manger, mangent ses restes" (l. 7). Son comportement est tellement répugnant qu´il est capable "d´ôter l´appétit aux plus affamés" (l. 8). Enfin, "il ne pleure point la mort des autres, n´appréhende que la sienne".

– certaines répétitions : "il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit", "ne se contraint pour personne, ne craint personne".

– les images : "la table est pour lui un ratelier" métaphorise Gnathon en un animal de ferme qui mange son fourrage (cf. note) !

– le nom même de Gnathon désigne en grec la mâchoire (mais vous n´êtes pas censé le savoir…).

L´effet sur le lecteur est évidemment comique.

Conclusion de cette première partie : La Bruyère est particulièrement habile, il séduit le lecteur par sa vivacité et son humour. Sans doute est-ce une façon de mieux nous préparer à la réflexion…

Transition

On devine que cette technique du portrait a une intention précise. La caricature tend en général à dénoncer. Il faut donc se demander quelles cibles vise La Bruyère.

DEUXIeME PARTIE : LA FONCTION DE CE PORTRAIT

1. La critique d´un caractère

Il ne faut pas oublier le titre de l´œuvre, Les Caractères. La Bruyère ne cite jamais explicitement le trait de caractère qu´il veut ici critiquer. Mais il nous donne plusieurs indices pour le déduire nous-mêmes de son portrait. Le trait dominant est ainsi suggéré dès le début :

- la première phrase est une périphrase pour définir l´égoïsme : "Gnathon ne vit que pour soi". On retrouve cet égoïsme dans les situations évoquées ensuite : "il tourne tout à son usage" (l. 17) ; ou encore "tout ce qu´il trouve sous la main lui est propre, hardes, équipages"(l. 17). "Soi", "à son égard", "lui seul", "manière d´établissement", "pour lui", "fait son propre", "son usage, "propre" sont des termes qui expriment tous l´égoïsme.

Mais ce qui est intéressant est que La Bruyère approfondit la peinture de ce caractère en en montrant les conséquences et les dangers :

– l´absence de savoir vivre. Gnathon ne respecte ni les autres, ni les règles élémentaires de la vie en société : "malpropretés dégoûtantes capables d´ôter l´appétit aux plus affamés" (l. 8), "il ne se sert à table que de ses mains" (l. 6).

–le mépris des autres : "tous les hommes ensemble sont à son égard comme s´ils n´étaient point" ; il "rachèterait volontiers" sa propre mort "de l´extinction du genre humain". Ainsi, à deux endroits stratégiques du texte, l´incipit et la conclusion, l´auteur insiste sur le même trait : pour Gnathon, les autres n´existent pas.

– l´absence de compassion, voire la cruauté : il "ne plaint personne", "ne pleure point la mort des autres" montre un personnage sans cœur.

– enfin, on devine une forme d´hypocrisie, lorsque, pour conserver dans un carrosse la place du fond, il fait croire que sinon "il pâlit et tombe en faiblesse". Image très éloignée du glouton qu´on a vu précédemment ! Tout comme l´est celle, d´ailleurs, de l´hypocondriaque (un malade imaginaire) qui ne connaît que "sa réplétion et sa bile" De même, il agit en sournois pour avoir la meilleure chambre : "s´il fait un voyage à plusieurs, il les prévient dans les hôtelleries".

2. Faire réfléchir le lecteur

Plusieurs autres perspectives sont proposées au lecteur, mais de façon implicite :

– A travers Gnathon, La Bruyère dénonce peut-être aussi le comportement sans gêne de ceux qui ont de l´argent. Les "mets" que le personnage dévore à table pourraient être la métaphore des richesses non partagées. Les autres doivent se contenter de "restes". Le texte contiendrait donc une part de satire sociale et nous inviterait à réfléchir sur les inégalités sociales (c´est ainsi, aussi qu´il se rattacherait au corpus). Mais cette satire est plus manifeste dans d´autres livres des Caractères, comme "De la cour et des grands" par exemple.

– l´essentiel est de percevoir la marge de liberté qui nous est laissée. La Bruyère ne donne pas les clés d´interprétation. Il se contente d´observer et d´orienter notre regard. Ainsi, il semble se manifester dans certaines remarques : "on le suit à la trace" (l. 10), "si on veut l´en croire" (l. 15). Mais le "on" peut désigner tout autant le "je" que n´importe quelle personne côtoyant le personnage, et même le lecteur. Nous sommes ainsi invités à participer à l´élaboration du portrait.

Conclusion

Le texte est intéressant pour plusieurs raisons :

– la peinture approfondie d´un caractère qu´on devine aisément lié à une certaine classe sociale : la richesse s´accompagne d´égoïsme, l´égoïsme de mépris et de cruauté.

– la capacité de l´écrivain à croquer en quelques lignes un portrait à la fois drôle, incisif, réaliste, vivant, et riche de significations. Il est normal que La Bruyère ait inspiré les autres écrivains. Parmi eux, citons Molière qui aurait pu s´inspirer de la haine du genre humain manifestée par Gnathon pour créer son personnage d´Alceste dans le Misanthrope.

– enfin, il nous montre que le portrait est un genre qui peut servir une visée argumentative. Il rejoint ainsi toutes les autres formes littéraires susceptibles d´emporter l´adhésion du lecteur.

IV - LES FAUSSES PISTES

Il ne fallait surtout pas :

● dissocier l´étude du fond et de la forme.
● se limiter à l´étude du caractère sans dégager la technique du portraitiste.

Tos][Tos
Tos][Tos
Niveau 9
12 juin 2007 à 16:42:56

et la pour les gros masos de l´écriture d´invention :

I - QUELLE ANALYSE POUR CE SUJET ?

Sujet

Contraintes

● A la Chambre des Pairs le narrateur,

● sous le coup de l´émotion, prend la parole à la tribune

● pour faire part de son indignation et plaider pour plus de justice sociale.

● Vous rédigerez ce discours.

► un contexte, un locuteur

► une d´argumentation directe

► deux moments obligés : dénoncer puis plaider

► une forme

Caractéristiques générales du texte attendu :

● Genre littéraire : Argumentation
● Type de texte : Discours
● Enonciation : Première personne du singulier
● Niveau de langue : Soutenu (discours à la Chambre des Pairs)

Important ! Le travail d’écriture n’est pas un sujet à part déconnecté de la première question. Les procédés repérés dans les textes du corpus au service d´une visée commune peuvent nourrir le discours.

II - UN TRAITEMENT POSSIBLE DU SUJET

TYPE DE PLAN : Aucun plan précis ne s´imposait mais il y avait deux moments à respecter dans le discours : le locuteur doit d´une part exprimer son indignation, d´autre part plaider pour une justice sociale.

Tout travail d’invention peut donner lieu à des textes extrêmement variés. Il n’existe donc pas de plan-type, plus valable qu’un autre. Plutôt que des parties qui se suivent, nous ne pouvons que proposer des éléments de nature à traiter le sujet et qui peuvent éventuellement s’entremêler tout au long du discours. Pourtant, pour toucher l´auditoire, le discours devra être construit et progressif. L’ordre que nous choisissons peut éventuellement structurer un tel discours et s´appuie sur un déroulement logique :

1. D´abord le narrateur prend la parole à la tribune et rapporte rapidement ce qu´il a vu.

2. Il exprime son indignation face à la misère de l´homme emmené par les soldats et insiste sur le contraste choquant entre la situation de l´homme et celle de la femme.

3. Il en tire alors une réflexion sur les inégalités sociales : à la fois le scandale de la misère et la tension inévitable qui en résulte. Il réclame donc davantage de justice.

PREMIER ELEMENT : Le locuteur prend la parole à la Chambre et rapporte la scène qui l´a ému.

● On considère que le sujet, qui évoque expressément la "Chambre des Pairs", demande d´extraire le "narrateur" du texte de V. Hugo. Cependant, dans l´argumentation sur l´injustice sociale, on pensera à s´appuyer sur l´ensemble du corpus ainsi que sur les lectures de l´année ou la culture personnelle.

● Bien veiller à la qualité de la "prise de parole" : le locuteur est membre de la Chambre des Pairs et s´adresse aux autres membres. Il faut employer un ton et un style adaptés à la situation de communication. Un style, donc, très soutenu et un discours qui débute par une adresse aux interlocuteurs respectant la politesse de rigueur en un tel lieu.

● On doit ici faire le lien avec le récit de V.Hugo dans Choses vues : on tente donc d´inscrire le discours dans une tonalité cohérente avec celle de la scène racontée dans l´extrait B. Le narrateur est encore sous le coup de l´émotion. Par exemple, on peut transcrire l´étonnement face à une scène désarmante, qui se déroule de façon imprévue, alors qu´il fait "beau et très froid".

● Faire alors un récit rapide et efficace de la scène mentionnée dans Choses vues. Bien choisir le registre -introduire un moment pathétique- et manifester l´émotion suscitée par la vue de cet homme miséreux. Insister sur les signes de la misère. Tenter de rendre le récit poignant (on met en oeuvre une rhétorique destinée à émouvoir). Bien mettre en valeur, par exemple, la jeunesse de cet homme, déjà abîmé physiquement ; le caractère pitoyable de ses habits ; l´évidence de sa souffrance -quelque chose d´inhumain dans la présence de la "boue", dans le terme "hérissée"- ; de sa solitude...

DEUXIEME ELEMENT : Il exprime son émotion et son indignation face à la misère de l´homme emmené par les soldats et insiste sur le contraste choquant entre l´homme et la femme.

● Le locuteur peut étayer son exposé de la misère humaine par une référence à d´autres textes -de Hugo par exemple : on peut penser aux personnages des Misérables, mais surtout sans citer précisément le texte ou l´auteur. Le narrateur de Choses vues n´est pas censé, en effet, avoir lu l´oeuvre de Hugo. Ici on insiste sur le caractère symbolique du personnage, sur la "figure" de la misère.

● Intervient alors la question du traitement infligé à ce pauvre homme, emmené par deux soldats. On met en évidence la nature du grief : l´homme tient un pain et on l´accuse de l´avoir volé. Montrer le caractère dérisoire du reproche, si l´on voit avant tout un homme qui doit subvenir à ses besoins. On peut donc faire référence aux images du poème de Prévert (on reprend l´image mais on ne cite pas le texte, on ne l´évoque pas précisément !) : un homme affamé qui observe derrière la vitre d´un magasin une abondance de mets.

● C´est à ce moment-là, par exemple, que le discours peut devenir plus polémique. L´idée du grief démesuré, puisque l´homme ne souhaitait que survivre, peut conduire à une réflexion indignée sur une "justice injuste" : c´est le plus défavorisé que l´on punit. On peut évoquer par exemple la fable de La Fontaine, "Les Animaux malades de la peste", dans laquelle l´âne devient bouc émissaire pour avoir mangé de l´herbe. On rappelle la morale : "selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". Avec une concession ici : l´homme est en faute. Mais sa faute peut être, vu le contexte, assimilée à la "peccadille" de l´âne.

Cela permet de désigner plus précisément le caractère choquant de la scène de Chose vues : le scandale issu du contraste entre l´homme et la femme, entre la "caserne" et la "berline armoriée", entre la stricte nécessité et l´apparat, etc. Finalement, ce sont ces deux figures qui créent la tension, ce que Hugo appelle la "catastrophe inévitable". On repense au poème de Prévert et à l´impuissance assortie d´indignation du pauvre : "le monde se paie sa tête" alors il "grince des dents".

TROISIEME ELEMENT : Il en tire alors une réflexion sur les inégalités sociales : à la fois le scandale de la misère et la tension inévitable qui en résulte. Il réclame donc davantage de justice.

● Ainsi, par le choc issu de ce contraste, de ces deux vies presque opposées, surgit la question de la catastrophe : la souffrance produira la révolte. On peut évoquer un exemple, assez général, de l´histoire, du XVIIIe siècle par exemple...On peut aussi s´appuyer sur le texte de La Bruyère et sur le personnage de Gnathon, qui tient pour "propre" "tout ce qu´il trouve sous sa main" : celui qui a tout, par opposition à la foule qui ne possède rien.

Face à une telle tension, on doit réfléchir à la possibilité d´un monde plus juste.

● On peut passer ici de la polémique au plaidoyer : après avoir dénoncé cette injustice criante et dangereuse, le locuteur réclame que l´on réduise les inégalités. Pour cela, il tente de mettre en valeur ce qui constitue l´humain : la première injustice consiste à le priver de l´essentiel. Répartir davantage les richesses pour permettre à chacun de se nourrir apparaît donc comme une urgence.

● On élargit la réflexion et on pense à la liberté élémentaire : à la question des besoins s´ajoute celle de la dignité. Peut-être peut-on penser alors à des questions sur l´esclavage, sur le travail des enfants -on pense à l´engagement politique de V.Hugo-, sur l´instruction. Ici, le locuteur pourrait employer un ton véhément, en usant par exemple de questions oratoires, puis plus suppliant, pour emporter l´adhésion. Finalement, l´idée serait que, si l´on évitait au miséreux cette double injustice -la première étant qu´il ne subvient pas à ses besoins ; la seconde qu´il est encore puni- il n´aurait plus de raison d´être l´homme conduit entre deux gendarmes. Et que, surtout, si, telle Gnathon, la femme continue de ne pas voir l´existence du pauvre, si les membres de la Chambre des Pairs ne sont pas plus attentifs à l´inégalité, la tension extrême perdurera.

Après le ton suppliant de la fin, le locuteur pourrait, sûr de l´impression qu´il a produite, terminer fermement son discours en remerciant les membres de la Chambre. A nouveau, pour clore ce moment, il aurait recours aux formules de rigueur.

III - LES FAUSSES PISTES

Il ne fallait surtout pas :

● Employer un style trop peu soutenu, alors que la situation à la Chambre des Pairs exige une rigueur formelle.
● Se laisser aller à des anachronismes, alors que le locuteur doit être le narrateur du texte de V. Hugo : il ne peut ni évoquer l´oeuvre de cet auteur, ni employer des arguments postérieurs à la date de 1846.
● Se contenter de raconter la scène, sans véritablement l´analyser et sans en tirer des arguments pour dénoncer l´injustice sociale. Le discours doit chercher à emporter l´adhésion de l´auditoire.

nrjenforce
nrjenforce
Niveau 10
12 juin 2007 à 16:52:07

Chaud le corrigé du commentaire...

J´ai pas du tout ce plan mais les idées majeures en vrac dans mon plan, j´espère que le correcteur sera clément. :-p

Tos][Tos
Tos][Tos
Niveau 9
12 juin 2007 à 16:53:56

D´ailleurs, vous avez une idée de comment les correcteurs corrigent ? Est ce qu´ils ont un corrigé sous les yeux, et ils comparent ta copie ou il comparent à ce qu´ils auraient répondu eux même. Ou alors, le mieux, ils ne comparent à rien du tout mais juste "dans l´ensemble" ce que tu as fait.

--Bourreau_
--Bourreau_
Niveau 7
12 juin 2007 à 16:54:10

Sérieux merci pour tes corrigés, à chaque fois je crois m´être loupé et à chaque fois encore, en lisant ces corrigés, je me rends compte que j´ai pas tant dire de conneries finalement. :)

nrjenforce
nrjenforce
Niveau 10
12 juin 2007 à 16:59:11

A mon avis ils ont pas de corrigés, l´épreuve de français c´est pas scientifique, pour l´écriture d´invention, le commentaire ou la disserte, y a pas de copie parfaite quoi...
Même sur le commentaire c´est une impression personnelle (mais littéraire) que l´on doit dégager du texte (même si en général tous les grands thèmes reviennent)...
A mon avis ils notent plus au feeling, voir si on a compris les textes, le sujet, etc...
Si ils se basent sur UN corrigé alors que y a plein de plans possibles ca va vite sacquer... :-p

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 juin 2007 à 17:01:24

Gloups...est-ce que "maudites sangsues" c´est pas assez soutenu? :o))

Y m´fait peur leur corrigé^^ Encore une fois je crois que je suis parti en live... :/
J´aurais dû prendre la dissert´. :pendu:

__________________________________________________

Vive la bombe à neutrons. :-)

[Mimi-Kirby]
[Mimi-Kirby]
Niveau 7
12 juin 2007 à 17:07:13

J´ai exactement le même plan que le corrigé du sujet d´invention mis à part que je n´ai pas trop insisté sur "sur le contraste choquant entre la situation de l´homme et celle de la femme."

GigiMilaN
GigiMilaN
Niveau 4
12 juin 2007 à 17:15:46

Merci mec ;) trop sympa

Je pense être dans le bon avec mon invention

Sinon, t´aurais pas le corrigé de la question ? =D Ce serait encore + sympa :p

Legroros
Legroros
Niveau 10
12 juin 2007 à 17:22:04

J´ai super bien réussi l´invention, je suis fier de moi.

Ouais le corrigé de la question ce serait cool xD

[Mimi-Kirby]
[Mimi-Kirby]
Niveau 7
12 juin 2007 à 18:32:16

:up:

warzak77
warzak77
Niveau 8
12 juin 2007 à 18:58:18

Jvais me faire pwned! j´ai tout fouaré :p

Major_T
Major_T
Niveau 10
12 juin 2007 à 19:52:15

Vous avez pris quoi comme arguments dans le sujet d´invention ? J´ai peur là lol.

Major_T
Major_T
Niveau 10
12 juin 2007 à 19:53:26

Je crois avoir confondu "justice sociale" et "justice plus sociale". Arf j´espère que mes arguments tiennent la route...

rapatapouf
rapatapouf
Niveau 4
12 juin 2007 à 20:08:32

J´ai le bon plan pour le commentaire moi être content :)

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