I - QUELLE ANALYSE POUR CE SUJET
Sujet
Contraintes
● Montrez que les textes du corpus ont une visée commune
● Mais qu´ils atteignent ce but par des voies différentes.
}identification des intentions d´un auteur ("visée") ; dégager des points communs.
}.spécificité de chaque texte : dégager des différences.
La question notée sur 4 points exige un développement bref. Il ne s’agit donc pas d’y consacrer trop de temps, mais de développer très rapidement quelques idées en s´appuyant sur des exemples précis. Nous faisons figurer en rouge les idées essentielles.
II - UN TRAITEMENT POSSIBLE DU SUJET
TYPE DE PLAN : (à adapter en fonction de la question)
Le plan est contenu dans le sujet. Inutile de compliquer la réponse, de chercher une problématique particulière. Il s´agit :
● De montrer quelle est l´intention commune aux 3 textes : le mot "visée" utilisé dans le sujet suppose qu´il faut atteindre le lecteur.
● De dégager les différentes voies prises par chacun d´eux : c´est-à-dire dégager leur spécificité formelle, et clairement définir leur genre et leur registre.
PREMIERE PARTIE
Les 3 textes ont une intention commune : dénoncer les inégalités sociales.
Nous sommes ainsi en présence de trois portraits :
● Deux d´entre eux sont très proches : dans le texte de Hugo, un vagabond (les vêtements qu´il porte indiquent "qu´il couchait habituellement sur le pavé") obligé pour se nourrir de voler ("il avait volé ce pain") ; dans celui de Prévert, un "homme qui a faim" et se contente comme seule nourriture depuis "trois jours" d´un œuf dur pris au comptoir d´un café. Lui ne vole pas, mais la fin du texte évoque un autre personnage, un "vagabond" devenu "assassin" pour voler "zéro franc soixante-dix". Dans les deux textes donc, deux hommes sont contraints, poussés par la faim, au pire : le vol et le meurtre.
● Le troisième portrait est une sorte de négatif des deux premiers : La Bruyère dresse le portrait d´un homme riche qui, lui, ne manque de rien : 10 lignes du texte sont ainsi consacrées à la nourriture qu´il dévore à table.
On peut ajouter (mais ce n´est pas indispensable) que les trois textes montrent que la société comprend deux univers bien séparés et qui se côtoient sans se mêler.
● Le monde des pauvres (déjà évoqué).
● Le monde des riches : dans le texte 1, il est présent derrière la vitre de la "berline" (l. 10-16), très luxueuse, avec une femme "éblouissante" jouant avec son enfant. Dans le texte 2, il est présent derrière la vitrine d´un magasin (vers 33-38). Dans le texte 3, on voit que Gnathon ne voit pas les autres (l. 20) et qu´il n´est tourné que vers lui-même.
DEUXIEME PARTIE
Les trois textes prennent des "voies" différentes, c´est-à-dire des moyens variés : ils ´agit donc pour vous de vous pencher davantage sur la forme choisie par chacun.
● Les trois textes appartiennent à des genres différents :
● Un récit pour le texte 1 : le titre "Choses vues" signale que ce récit s´inspire de la réalité, qu´il est un témoignage (l. 1-2 : "hier, 22 février, (…) je vis venir").
● Un poème pour le texte 2.
● Un portrait : le genre du "caractère" existe depuis l´Antiquité, mais vous n´êtes pas censés le savoir. En revanche, il faut savoir identifier le genre du portrait.
● Les trois textes utilisent des registres différents :
● Hugo cherche à apitoyer le lecteur par le registre pathétique. Par exemple, détails caractéristiques de la misère par des détails caractéristiques : "lignes sanglants", "blouse (…) souillée de boue". Ou encore : décalage entre ce qu´il a fait (voler un pain) et son arrestation, entouré de deux soldats. A la fin, Hugo recourt aussi au registre polémique : il cherche à susciter notre indignation en insistant sur l´indifférence des riches (l. 23 : "cette femme ne s´aperçoit pas que cet homme existe"). Il finit d´ailleurs son texte en imaginant une révolte à venir : "la catastrophe est inévitable". Le lecteur avisé peut penser à la Commune en 1871 (mais on n´en attendait pas tant de vous).
● Prévert utilise aussi le pathétique. Mais il ajoute quelques notes d´humour grinçant : par exemple aux vers 34-39, "que de barricades pour six malheureuses sardines". Prévert dénonce donc la misère par la dérision.
● Enfin, La Bruyère utilise clairement le registre satirique : il utilise des exagérations (l. 8 : "malpropretés dégoûtantes, capables d´ôter l´appétit aux plus affamés. Le portrait est caricatural.
CONCLUSION :
N´oubliez pas de faire une petite phrase de conclusion.
Ainsi, pour résumer, on pourrait dire que le texte 1 nous fait pleurer, le 2 nous fait "rire jaune", le 3 nous fait franchement rire. Mais au fond, les trois nous révoltent.
III - LES FAUSSES PISTES
Il ne fallait surtout pas :
● Oublier la question de genre.
● Oublier les registres et les effets produits sur le lecteur.
● Etudier chaque texte d´un après l´autre sans étudier au préalable les points communs.