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Liste des sujets

Corrigés des Bac de Philo en Série ES

Xboxien2
Xboxien2
Niveau 6
11 juin 2007 à 22:35:56

1) Peut on en finir avec les Préjugés ?

I – PRESENTATION DE LA QUESTION ET DE SES DIFFICULTES

● Il s´agit d´un sujet tout à fait classique relatif au pouvoir de la raison. Les notions du programme qui y sont impliquées sont : la raison, le réel, la vérité, le désir, la conscience et, éventuellement, l´inconscient.
Il faut bien analyser le sens du sujet : un préjugé est une précipitation dans le jugement qui ne conduit pas nécessairement celui qui se précipite ainsi en dehors de la vérité mais qui le rend incapable, dans l´immédiat, de connaître les raisons pour lesquelles ce qu´il a affirmé est nécessairement vrai.

● L´expression "en finir avec" suggère qu´il existerait une solution radicale aux préjugés, qu´on pourrait envisager un monde sans préjugés et des hommes débarrassés de leurs préjugés.

● "Peut-on" met un bémol à cette tentation. Les préjugés peuvent-ils disparaître ou au contraire ont-ils une source si profonde en nous que malgré nos efforts ils ont toujours tendance à renaître ?

● Cette question concerne aussi bien le monde théorique (la connaissance) que la sphère de la pratique (l´action).

II - LA PROBLEMATIQUE

En finir avec les préjugés est la tâche de tout philosophe et plus généralement de tout homme.
En effet, les préjugés ce sont ces jugements trop hâtifs, insuffisamment fondés ou fondés dans la simple croyance, qui nous poussent à considérer choses, évènements et êtres sous un jour biaisé et déformant.
La question d´en finir avec les préjugés suppose qu´on s´interroge sur les moyens de lutter contre les préjugés.
On peut se demander si cette lutte a vraiment une fin et si les préjugés n´ont pas tendance à renaître toujours sur le sol de l´ignorance ?

III - LES PISTES DE REFLEXION

Vous deviez vous interroger non seulement sur la définition de "préjugé" mais plus fondamentalement sur leurs sources.
On peut en recenser quelques-unes :
● L´ignorance : on juge péremptoirement ce qu´on ne connaît pas.
● La précipitation : on porte un jugement hâtif sans examiner tous les aspects d´une question ou d´un état de fait.
● La généralisation : on part d´un fait particulier et on en fait une vérité générale.
● La croyance : on substitue la simple conviction subjective à une connaissance objective.

Vous pouviez remarquer que la lutte contre les préjugés est l´un des combats majeurs de la philosophie, de Socrate à Descartes et au delà avec le combat des Lumières contre la superstition.

Généralement vous pouviez dire que la meilleure façon de lutter contre les préjugés c´est :
● De faire usage de son esprit, d´être capable, comme dit Kant de se "servir de son entendement". Il s´agit pour cela de se libérer des "tutelles" et de faire l´effort de penser par soi-même.
● De prendre le temps de la réflexion en évitant de conclure trop rapidement à partir d´observations incomplètes. C´est l´exemple que donne Descartes dans sa philosophie. Il fait l´effort de se retirer du monde pour prendre le temps d´examiner ses connaissances et de les amener au niveau de la raison (doute méthodique).

A l´optimisme philosophique, vous pouviez opposer un pessimisme tempéré. En effet, la lutte contre les préjugés est sans cesse à reprendre car c´est chaque individu qui doit la conduire pour lui-même au moins "une fois dans sa vie" (Descartes). C´est pourquoi les préjugés renaissent. Ils renaissent parce qu´à une génération d´hommes en succède une autre et que cette nouvelle génération doit être éduquée et doit faire, pour elle-même et à nouveaux frais, l´effort de penser.

IV - LES PISTES DE DEVELOPPEMENT

Il convenait de partir de la connotation négative du terme de "préjugé". C´est un terme qui indique un acte de jugement qui a lieu avant le jugement, c´est-à-dire sans mobiliser réellement les facultés de l´esprit.
Le préjugé est une connaissance qui n´en est pas vraiment une mais qui empêche l´esprit de s´ouvrir à d´autres connaissances plus fondées.
C´est pour cette raison que dans sa méthode d´interrogation, Socrate mettait à l´épreuve les opinions de ses interlocuteurs pour montrer ce qu´elles avaient d´insuffisant ou de faux de façon à leur permettre de s´ouvrir à un nouveau désir de savoir.

Vous pouviez remarquer qu´en finir avec les préjugés est l´idéal de la raison et peut être le moyen le plus sûr de la paix. Des hommes sans préjugés pourraient toujours se mettre d´accord et on éviterait ainsi les guerres qui trouvent leur origine dans les préjugés et l´ignorance.
Mais cet idéal de la raison se heurte à la matérialité des esprits qui naissent, génération après génération, et qui, à chacune d´entre elles, ont besoin d´être éduqués.
Mais l´éducation elle-même, si elle est nécessaire, ne suffit pas, car la lutte contre les préjugés est la tâche de chaque individu en particulier et demande donc un effort personnel.

En finir avec les préjugés est donc l´idéal d´une humanité rationnelle, mais un idéal d´autant plus difficile à atteindre que chaque individu doit y apporter sa part, sans exception d´aucun.

La suite des corrigés dans un autre message pour que ce soit bien clair !

Xboxien2
Xboxien2
Niveau 6
11 juin 2007 à 22:36:59

2) Que gagnons nous à travailler ?

I – PRESENTATION DE LA QUESTION ET DE SES DIFFICULTES

En associant d´emblée travail et gain pour mettre en question ce rapport, le sujet, sous une forme provocatrice, vous invite à vous interroger sur la valeur du travail.
La notion centrale est le travail, questionnée dans une perspective morale.
Vous ne devez donc pas en rester au sens purement matériel de la notion de gain, mais la comprendre aussi dans un sens psychologique, moral, et spirituel.
C´est un sujet classique sur le sens du travail dans notre existence, où vos connaissances en sciences économiques et sociales étaient les bienvenues !

II - LA PROBLEMATIQUE

"Il faut travailler pour gagner de l´argent", combien de fois n´avons-nous pas entendu et répété cette phrase ! Mais le travail est-il simplement un moyen pénible en vue d´un gain strictement matériel, ou possède-t-il une valeur en soi ?
Ne faisons-nous que perdre notre vie à la gagner ? Ou ne gagnons-nous pas autre chose que de l´argent en travaillant ?

III - LES PISTES DE REFLEXION

● En interrogeant l´opposition gagner/perdre, on en déduit que gagner implique toujours que quelque chose de positif s´accomplit, et ceci quels que soient les domaines.
Vous auriez pu ainsi penser à la valorisation du travail humain dans la philosophie de Marx : le travail est une activité vitale qui relève de la nécessité : transformer la nature en vue de la satisfaction des besoins. Mais le travail humain a cette spécificité d´être conscient et réfléchi : l´homme se reconnaît dans le produit de son travail, il transforme la nature à son image, il humanise le monde. L´homme gagne donc une reconnaissance de soi et un développement effectif de ses facultés par son travail. Le travail n´est plus seulement une nécessité mais un accomplissement.
● Les recherches du sociologue Max Weber sur la valorisation du travail dans les communautés protestantes (L´Ethique protestante et l´esprit du capitalisme) vont dans le même sens : le travail ne permet pas simplement un gain matériel mais aussi spirituel : en travaillant, nous valorisons le monde créé par Dieu et œuvrons à notre salut.
● Mais vous pouviez aussi montrer que le travail n´est qu´une activité humaine parmi d´autres. La distinction établie par Hannah Arendt dans La condition de l´homme moderne entre travail, œuvre et action pouvait être fructueuse ici pour hiérarchiser la valeur de ces différentes activités. Il n´est pas certain que le travail puisse donner un sens véritablement humain à notre existence. Et une humanité qui ne ferait plus que travailler et consommer les produits de son travail perdrait littéralement son temps, c´est-à-dire sa temporalité spécifiquement humaine, qu´elle conquiert dans la création artistique et l´action politique.

IV - LES PISTES DE DEVELOPPEMENT

● Ne gagnons-nous que de l´argent ?
Le métier n´est-t-il qu´un simple moyen de gagner sa vie, ou -en termes plus philosophiques- le travail n´est-il qu´une pénible nécessité vitale ?
Il ne s´agit pas d´éluder cet aspect, car il est important. Dans une perspective sociologique, vous pouviez vous interroger sur l´impact psychologique du chômage, et les inégalités sociales que le travail engendre.
● En travaillant, ne gagnons-nous pas aussi une reconnaissance et un accomplissement ?
Vous pouviez envisager cette question sous un aspect purement philosophique (voir par exemple le travail comme une objectivation de la conscience de soi) ou/et psychologique et sociale (reconnaissance des autres, affirmation d´une position sociale dont l´importance déborde largement la simple sphère du métier).
● Perdre sa vie à la gagner ?
Sans mésestimer l´importance du travail dans notre existence (ne serait-ce qu´en temps passé...), il faut s´interroger sur le danger d´une trop grande valorisation du travail (dans nos sociétés en particulier).
Le travail reste une activité ancrée dans la nécessité et les multiples exigences et contraintes sociales. Nous n´y gagnons ni la créativité, ni la liberté, ni l´authentique épanouissement de notre personne.

Xboxien2
Xboxien2
Niveau 6
11 juin 2007 à 22:37:35

3) Explication de texte

I – PRESENTATION DU TEXTE ET DE SES DIFFICULTES

Ce texte porte principalement sur la morale, et secondairement, à travers les exemples choisis, sur la politique (la société, l´Etat, la justice et le droit).
C´est un texte polémique, qui remet en question la philosophie morale classique. Il présente une double difficulté : cerner la thèse adverse, et repérer les différents niveaux de réfutation de cette thèse dans l´argumentation.
Un texte à choisir et à expliquer avec précaution !

II - L´IDEE PRINCIPALE DU TEXTE

La question qui traverse le texte peut se formuler ainsi : la condamnation morale d´une action humaine a-t-elle un sens ?
De quel droit juge-t-on une personne en lui disant : "Ce que tu as fait là, c´est mal, et tu es coupable de ce mal." ?
La réponse de l´auteur, et donc la thèse du texte, est que cette condamnation morale n´a aucun sens. "Quoique l´homme fasse, il fait toujours le bien", pourvu que l´on comprenne "son bien à soi", comme "sa propre conservation".

L´enjeu du texte est d´invalider le principe même d´une morale universelle : il n´y a pas de bien en soi, ni de mal en soi. Chacun cherche nécessairement ce qui est bon pour lui ou, en termes nietzschéens, ce qui développe sa volonté de puissance. La condamnation morale ne peut donc provenir que de la confiscation des valeurs de bien et de mal par un pouvoir, en vue d´imposer une morale collective, peut-être pour le plus grand "bien" de la société, mais au détriment des meilleurs.

III - LES NOTIONS-CLES DU TEXTE

● Le registre lexical du texte est celui de la morale ("immoralité" l.1,"immoral" l.2 et 5, "scrupule" l.7, "morale" l.11, "mauvaises, bien, bon" l.14, 17, 18).
Au sens strict, la morale est l´ensemble des principes de conduite visant à faire le bien et à éviter le mal.

● La morale présuppose donc un libre-arbitre : une volonté qui peut choisir librement de faire le bien et d´éviter le mal, par intention bonne. D´où les expressions récurrentes du texte qui sont autant de références implicites à la théorie du libre-arbitre : "volonté libre aux décrets arbitraires" (l.3), "intentionnellement" (l.6, 8, 11, 12), "délibérément" (l.6).

● A ce registre, l´auteur oppose implicitement celui de la "nécessité" (l.4), en particulier à la fin du texte. En effet, cette opposition entre "volonté libre" et "nécessité" est au fondement de toute l´argumentation de l´auteur.
La morale condamne les hommes parce qu´elle les juge libres, et donc responsables de leurs actes. Elle est donc fondée sur le principe du libre-arbitre, qui est selon l´auteur une "erreur" (l.4).

En effet, "quoique l´homme fasse" (l.17), il cherche nécessairement "son plaisir", "sa propre conservation". Il n´est pas plus libre et responsable de faire le mal que l´orage ne l´est de nous tremper. Les hommes ne font rien d´autre que d´obéir à la nécessité de leur nature propre.

IV - LA STRUCTURE DU TEXTE

● De la ligne 1 à 4, l´auteur dégage le présupposé au fondement de toute condamnation morale : nous condamnons les hommes parce que nous "supposons" qu´ils font volontairement le mal, dans une intention mauvaise.

● De la ligne 4 à 13, il montre à travers deux exemples que cette morale admet pourtant des exceptions : il y a des actions "intentionnellement nuisibles" qui paradoxalement ne font pas l´objet d´une condamnation. Lorsque l´on tue une mouche parce que son "bourdonnement nous déplaît", lorsque l´on châtie un criminel parce qu´il gêne la société. Il y aurait d´ailleurs beaucoup à dire sur le choix de ces deux exemples. Relevez au moins la dimension ironique du rapprochement, voire de l´analogie implicite.

● De la ligne 13 à la ligne 16, nous sommes dans le passage le plus important du texte. Ces deux exemples révèlent en négatif le vrai principe de toute conduite humaine. Les hommes, ou les États, ne veulent que leur propre conservation, même si c´est parfois au détriment des autres.

● La ligne 16 à la fin est une référence très ironique à Socrate et Platon, figures éminentes de la philosophie classique. C´est une réinterprétation irrévérencieuse du fameux "Nul ne fait le mal volontairement". Non pas parce qu´il ignore le bien (comme le pensaient Socrate et Platon) mais parce qu´il ne peut faire que son bien.

V – LE PROBLEME SOULEVE PAR LE TEXTE ET SES PISTES DE DEVELOPPEMENT

L´enjeu du texte est, pour reprendre un titre célèbre du même auteur, de se situer "par delà le bien et le mal".
La morale classique affirme la possibilité de déterminer universellement le bien et le mal, et la faculté chez l´homme de choisir librement. Voir par exemple la morale de Kant, morale de la liberté, de la responsabilité, et de l´intention bonne.

Nietzsche voit dans cette morale classique un effet de pouvoir et une illusion. Les hommes ne font qu´agir selon la nécessité de leur nature, et il n´y a pas de bien ou de mal universels. Il n´y a que des volontés faibles ou des volontés fortes, ces dernières étant pour ainsi dire entravées par les morales collectives.

progamerxbox
progamerxbox
Niveau 10
11 juin 2007 à 22:39:40

Merci. ^^

T-Bag-62
T-Bag-62
Niveau 4
11 juin 2007 à 22:40:44

T´as pas celui de STG ? Merci.

DJLeXLeX94
DJLeXLeX94
Niveau 9
11 juin 2007 à 22:44:35

merci

Sirieix
Sirieix
Niveau 23
11 juin 2007 à 22:47:09

J´ai ceux de S mais j´hésite à les poster car :d)

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Xboxien2
Xboxien2
Niveau 6
11 juin 2007 à 22:52:25

erf oué c vrai j´ai ptete fait une connerie attends
j´avais pas vu ce truc je vais demander au modo d´éffacer ce message

TOASTauOLIVES
TOASTauOLIVES
Niveau 10
11 novembre 2013 à 21:51:15

Pavay César :rire:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 11 novembre 2013 à 21:52:51

Ce up useless. :rire:

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