Bonjour.
Voila le commentaire composé que j´ai du faire pour un texte de les gommes D´Alain Robbe-Grillet.
J´aimerais des avis constructifs et des conseils, qu´ils soient bon ou mauvais.
merci.
Comment parodier un roman policier tout en soutenant une vraie enquête ?
Les gommes est le second roman d´Alain Robbe-Grillet écrit en 1953, c´est avec ce livre qu´il s´illustre dans le monde littéraire et devient l´un des théoriciens et représentants du Nouveau Roman (crée en 1885, ce style ce veut nouveau à chaque roman, un art conscient de lui-même)
Ce roman narre une enquête menée par un enquêteur fraîchement promu. Il cherche a savoir qui a essayer d´assassiner Daniel Dupond. Malgré l´absence d´un cadavre...
Ce texte ce place peu après les recherches menées au domicile de Dupond, un commissaire expose le résultat des examens et en tire des conclusions. Le passage présente les caractéristiques du genre policier, cependant tout en respectant les normes du genre il en fait la parodie.
Nous verrons en premier lieu en quoi il appartient a ce genre et par la suite comment il en fait la parodie.
Plusieurs indices nous permettent d´affirmer que ce texte d´Alain Robbe-Grillet se veut appartenir au genre policier.
Tout d´abords nous retrouvons les principaux champs lexicaux de ce genre, et ce tout au long du texte. Comme celui des recherches policières : "recherches, empreintes, éléments recueillis, piste a suivre, examen..." Plaçant le lecteur dans le cadre d´une enquête policière. S´ajoute a celui-ci le champ lexical du crime et du meurtre : "assassin, malfaiteur, fou, meurtre, crime, cadavre" typique d´une intrigue de roman policier traditionnel. Ou encore celui de l´univers de la police : "commissaire, affaire, fichier de la police, indicateur, services centraux". La richesse du vocabulaire et des expressions du policier ("son travail semble un peu trop bien exécuté") placent indiscutablement ce texte dans le cadre d´une enquête policière.
En plus de ce champs lexical explicite nous voyons un plan typique de résolution d´enquête. En effet le texte suit la même logique que les solutions d´enquêtes présentes a la fin de la majorité des roman policiers. Ainsi le passage est divisé en six paragraphes : L´introduction qui dit qu´il s´agit d´une affaire classée (on comprend que la solution a été trouver) puis nous avons un diagnostic des recherches ("des empreintes abondantes et nettes, laissées comme à plaisir un peu partout, ont été relevés") s´en suit la conclusion des recherches décrites précédemment ("Une solution, évidement, serait qu´on ait affaire à un individu venu de loin"). Ensuite, comme dans beaucoup de résolutions d´enquêtes classiques, vient un élément supplémentaire inattendu (qui peut être un indice dont seul l´enquêteur est au courant lui permettant de résoudre l´enquête) ici, il s´agit de la disparition du cadavre. Après le présentation de cet élément additionnel il y a une seconde conclusion prenant en compte le résultat des recherches et cette donnée supplémentaire ("il ne c´est rien passé !" ). Pour enfin finir sur une phrase de résumé global ("Personne n´a rien vus, ni rien entendu")
Ces deux éléments placent le lecteur dans une situation de recherches policières, plus précisément dans un plan classique de solution logique d´enquête.
Mais tout en appartenant au genre policier il en fait aussi la parodie.
On peut justement le voir au niveau une fois de plus du plan du texte, nous avons vu qu´il reprenais l´enchaînement logique d´une résolution, cependant rien n´est résout. On ne sais pas qui a commit l´acte, ni comment, pourquoi, quand et ou. (les cinq principales questions auxquelles on répond durant une solution d´enquête) De plus le commissaire est le double du romancier : tout ce qui est écrit est au point de vue interne indirect : ce sont les pensées du commissaire que nous lisons, il n´y a aucune autre description externe aux pensées de Laurent (sauf au premier paragraphe "Le commissaire Laurent referme le dossier et le pose avec satisfaction sur la pile de gauche") On comprend par la que l´attitude du personnage est absurde; sous la forme d´une résolution il conclue qu´il n´a rien résout et s´en satisfait ("Qu´on ne s´imagine pas qu´il va s´en plaindre")
Cette attitude absurde est profondément parodique : Un commissaire "normal" d´un roman policier classique utiliserait ce genre de résonnement pour trouver quelque chose alors qu´ici il s´en sert pour ne rien trouver du tout et ne semble pas ce rendre compte de l´incohérence de sa pensée.
Car en effet le texte est très incohérent. Il joue sur ce a quoi s´attend le lecteur pour mieux le brouiller, quand une piste ou un indice est introduit, il est immédiatement contre-dit de manière naturelle, comme si c´était logique.
Par exemple dans le premier paragraphe il est écrit "Affaire classée" Ainsi le lecteur s´attend a ce que l´enquête a été résolue, pourtant dés le début du second paragraphe on peut lire "Les recherches qu´il a déjà fait entreprendre n´ont pas donné le moindre résultat" on comprend alors par la que l´affaire n´est pas réglée. Les deux donnés se contredisent, et c´est le cas pour toutes les informations du texte (empreintes laissés en masse sur le lieu du crime mais qui ne correspondent a rien, pas de cadavre sur lequel faire des analyses ce qui réjouit le commissaire) C´est encore un fois paradoxal : un texte construit sur un plan logique n´est fait que de non sens. Ceci est fait dans le but de perdre de le lecteur dans le raisonnement, ce qui est une fois de plus une parodie car le but initiale de ce genre de passage dans un roman policier est que le lecteur comprenne parfaitement la solution, et non pas qu´il soit de plus en plus confus.
L´attitude du commissaire, le plan du texte, les informations donnés et la compréhension du texte par le lecteur ne sont donc que des parodies d´un roman policier, notamment d´un passage de solution d´enquête.
Ce texte de Les gommes se place indéniablement dans le genre du roman policier de par ses expressions, son vocabulaire et ses champs lexicaux. Le plan du texte nous indique qu´il s´agit d´un passage de résolution logique que l´on trouve généralement à la fin de chaque roman policier. Cependant il en fait la parodie car ce plan de solution ne résout rien, le personnage est absurde face a la situation, les informations censés être logique se contredisent et le lecteur ne comprend pas ce qui est justement fait pour qu´il comprenne l´enquête, grâce a un jeu sur ses attentes. Alain Robbe-Grillet a donc écrit dans ce passage une parodie d´un passage typique, indispensable et presque représentatif du genre policier tout en respectant les règles, les "normes" du genre.
On peut se demander si le fait que le roman s´appelle "les gommes" a un lien avec le fait que des qu´un indice ou une piste est lancée elle est directement "effacée", grâce a des contradictions ou de l´absurde...
PS : 2x^2-4x-6 = 2 ??