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Bon, voilà un premier petit jet :
L’Etat a-t-il tous les droits ?
Il s’agit de savoir si l’Etat doit sa suprématie au simple fait qu’il soit Etat ou s’il la doit au fait d’avoir été choisi par la population. Dans le premier cas, cela fait de ses pouvoirs des pouvoirs naturels et donc incontestables, dans le deuxième cas ses pouvoirs seraient issus d’un certain arrangement qui les limiterait. Dans un premier temps nous allons étudier la légitimité de l’Etat, à savoir si son essence lui donne une autorité absolue. Dans un second temps nous étudierons la nature du pouvoir de cet Etat selon deux cas : dictature et démocratie.
I) Légitimité de l’Etat :
Dans une configuration classique se situe à la tête du gouvernement un homme élu directement ou indirectement par le peuple qu’il administre. Néanmoins, le fait que cet homme ait été choisi à la majorité fait-il de lui quelqu’un de si particulier qu’il puisse jouir de toutes les autorisations ? En vérité, le désir de la majorité ne correspond pas toujours au désir de la réalité (différence entre intérêts particuliers et intérêt général). Dans le cas idéal où chaque citoyen aurait voté, on ne peut émettre avec certitude le caractère raisonnable de ce choix, car il a été maintes fois prouvé que la majorité a plus souvent tort qu’elle n’a raison. On sait donc qu’on ne peut établir le caractère juste de l’Etat par le simple fait qu’il ait été choisi. Sur ce point on ne saurait donc dire si cela lui attribue tous les droits.
Mais pourquoi l’Etat ?
Il est un moment de son histoire où l’homme, par une population trop nombreuse et une grande acquisition des connaissances, a du s’organiser en société. Ces sociétés s’agrandissant, il a fallu faire un choix parmi ses membres pour diriger chacun d’eux afin que chacun puisse s’employer à ce qu’il savait faire de mieux (chasse, pêche…). L’Etat permet à chacune de ces tâches d’être reconnue et réglementée, il est donc le moteur de l’organisation sociale. En instaurant la justice, il instaure l’ordre et permet ainsi à une société au départ fragile d’évoluer.
De plus l’Etat permet de protéger les hommes contre eux-mêmes en évitant au travers de ses lois les actes répréhensibles (meurtres, vols…) et contre les autres (évite les guerres…). Si l’Etat n’est pas légitime, il est néanmoins nécessaire à la survie de l’homme qui, sans lui, vivrait livré à la nature pour mourir en peu de temps.
II) La nature du pouvoir :
Il existe deux natures de l’autorité d’où nous tirons deux formes de régime. La première, la force, respecte une loi universelle mais néanmoins animale et donne naissance à la dictature. La deuxième, le compromis, est un choix humain qui donne naissance à la démocratie.
La dictature trouve son existence dans la négation ou encore l’abstraction de l’intérêt général et n’est là que pour assouvir l’intérêt d’une seule personne ou d’un groupe réduit de personnes. Par ce fait elle n’est même pas légitime et n’assure plus le rôle de l’Etat défini plus haut. Si elle a tous les droits, c’est uniquement parce qu’elle se les ait octroyés et non par son essence même de dictature.
La démocratie est au service de l’intérêt général. Néanmoins elle n’existe que parce qu’elle a été choisi, au sens où ceux qui en sont à la tête sont élus. Il y a un arrangement entre le peuple qui accepte d’être dirigé puisque cela lui est nécessaire pour assurer sa survie et l’Etat lui-même qui se trouve au service du peuple (dans l’idéal…).